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Publié le Dimanche 11 février 2007 à 11:11:11
Par S.

167 - Rimbaud n’écrit pas dans le même temps que Char. Car qu’est-ce qui marque le temps « où ça arrive » de telle façon que tout le reste sera sans l’avenir ? C’est un temps qui produit cette poésie-là, chez ce poète-là, qui a tout l’avenir pour lui. Tout le devenir pour lui. On ne vas pas cesser de trouver cela extraordinairement actuel. Il s’agit d’un temps qui a tout le temps pour lui. Pas hors du temps, sinon il s’agirait d’une affaire religieuse qui aurait à voir avec l’éternité. 
( L’ÉVANGILE DE NIETZSCHE. Éditions Le cherche midi, 2006)

166 - Il faut comprendre la vérité du temps lui-même. Le saisonnement du temps… Comme Une saison en enfer parle d’au-dessus du temps mais vers tous les temps.
                                « Arrivée de toujours qui t’en iras partout. »
À une raison, de Rimbaud… ça arrive de toujours : le temps. Et ça s’en va partout : l’espace. Et ça n’arrête pas d’arriver de toujours. Donc le passé, le présent et l’avenir… Il suffit de supposer un quatrième temps, ce que fait Heidegger, qui englobe les trois autres. On commence par le quatrième qui englobe présent, passé et avenir. C’est de ce temps-là que les humanoïdes ne veulent pas. Et la poésie se veut dans ce temps-là de façon plus ou moins fulgurante.
 

165 - À mon avis, Rimbaud se rapproche de plus en plus de nous. C’est comme cela qu’il faut entendre le titre de Heidegger sur Hölderlin : Approche de Hölderlin. On s’approche de lui mais il s’approche de nous. Il ne cesse pas de nous parler de façon nouvelle. Je peux démontrer qu’Une saison en enfer ou Les Illuminations n’ont pas encore été vraiment lues. J’ai acheté une dizaine d’exemplaires des Illuminations dans des typographies différentes. Je ne me lasse pas de les relire chaque fois à neuf. Quelque chose m’apparaît. Il ne faut pas dire que le temps passe mais qu’il surgit.

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