208 – Il faut toujours insister sur la biographie, sur les mouvements de la pensée elle-même, autrement dit « sur cet entrelacement de signes volontaires et involontaires, absolument singuliers, qui isole de plus en plus ce qu’on appelle un vivant dans ses rêves et ses cauchemars, dans ses commencements de réveil et ses éclipses, dans ses choix d’espace et d’emploi du temps, dans sa façon de passer ou de ne pas passer à travers l’écran »
Picasso avait raison, qui affirmait peindre comme d’autres écrivent leur autobiographie. C’est à travers ses tragédies et ses comédies, ses naissances et ses méconnaissances, ses réfutations, ses images et ses contre-images, ses visions, ses ruminations, ses passions, ses rencontres, ses encombrements, ses hasards et ses non-hasards, ses accélérations et ses déménagements, ses vies privées quotidiennes, ses enfances qu’un artiste « a une chance non pas seulement de créer mais de triompher de sa création » (THÈORIE DES EXCEPTIONS)
207 – « Non, un écrivain n’a rien à redouter d’une enquête minutieuse sur sa vie et du récit de cette vie, au contraire. Une existence d’écrivain est, par définition, pleine de bombes à retardement. Ses ruses, ses dissimulations, ses mensonges, ses bonnes actions cachées, ses vices, ses lâchetés, ses abandons, son héroïsme, bref sa tactique et sa stratégie font partie intégrante de ses livres. » La plupart du temps on s’acharne à affubler l’écrivain d’une identité qu’il n’a pas. Le moi social est une construction des autres. Donc, en s’intéressant à la biographie d’un écrivain, on trouve quantité de choses qui n’ont jamais été dites, tout simplement.
206 – Chaque épisode est décisif. Chaque rêverie. Chaque façade édifiée. Chaque marginalité. Chaque exil. Chaque prison. Chaque chagrin. Chaque silence. Chaque déplacement. Chaque jeu. Chaque échec. Chaque réhabilitation. Chaque tractation. Chaque ahurissement. Chaque atermoiement. La vie de l’écrivain à venir est une œuvre pour l’œuvre, et, parallèlement, son œuvre. « D’où vient cette émotion étrange en lisant un écrivain, ou en apprenant tel ou tel détail significatif de son parcours ? Quelqu’un a donc éprouvé l’espace et la durée de cette manière qu’on n’apprend jamais que de soi seul ? » (LA GUERRE DU GOÛT)
207 – « Non, un écrivain n’a rien à redouter d’une enquête minutieuse sur sa vie et du récit de cette vie, au contraire. Une existence d’écrivain est, par définition, pleine de bombes à retardement. Ses ruses, ses dissimulations, ses mensonges, ses bonnes actions cachées, ses vices, ses lâchetés, ses abandons, son héroïsme, bref sa tactique et sa stratégie font partie intégrante de ses livres. » La plupart du temps on s’acharne à affubler l’écrivain d’une identité qu’il n’a pas. Le moi social est une construction des autres. Donc, en s’intéressant à la biographie d’un écrivain, on trouve quantité de choses qui n’ont jamais été dites, tout simplement.
206 – Chaque épisode est décisif. Chaque rêverie. Chaque façade édifiée. Chaque marginalité. Chaque exil. Chaque prison. Chaque chagrin. Chaque silence. Chaque déplacement. Chaque jeu. Chaque échec. Chaque réhabilitation. Chaque tractation. Chaque ahurissement. Chaque atermoiement. La vie de l’écrivain à venir est une œuvre pour l’œuvre, et, parallèlement, son œuvre. « D’où vient cette émotion étrange en lisant un écrivain, ou en apprenant tel ou tel détail significatif de son parcours ? Quelqu’un a donc éprouvé l’espace et la durée de cette manière qu’on n’apprend jamais que de soi seul ? » (LA GUERRE DU GOÛT)
(Gérard de Cortanze, SOLLERS, Vérités et légendes. Folio n° 4576, 2007)








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