154 – croyez-moi si vous le voulez, mais parfois un baiser m’a amplement suffi.
( Antipodes, L’INFINI n°94, Printemps 2006)
153 – Avec Houellebecq, la baise moisie a son poète. L’époque l’attendait. Le marché le lui a donné. Voilà le point, toujours oblitéré par la prédication physiologiste : dire, c’est faire. Si ça ne dit pas, ça ne fait pas. Déjà que ça n’embrassait pas non plus… La langue reste verrouillée, hélas ! « La contrée de la parole est la seule à répondre d’elle-même », dit Heidegger. L’amour, c’est d’entrer dans cette contrée. Et là, parfois, rencontre.
(ANTIPODES. Ligne de risque, 13 mai 2005)
152 – La sexualité n’est pas soumise à l’organe. La physiologie ne la limite pas. On peut très bien en avoir une, et convenable, sans effectuation. Pas obligé de se déshabiller. La sexualité est partout et nulle part. Vous l’attrapez par un bout, elle fuit par l’autre. Personne n’est contraint d’acheter des pommades pour aller bourrer une fille. Et si elles s’en foutaient, les filles, qu’on les bourre ? C’est une hypothèse, après tout. La névrose masculine gagnerait à la prendre au sérieux. Le sexe peut prendre la forme d’une conversation.
(ANTIPODES)








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