266 – L’incarnation concerne la Parole. Au commencement est le Verbe. Ne mettez jamais cette phrase de Jean à l’imparfait, toujours au présent. Lorsqu’un évangile apocryphe note : « Jésus a dit », il faut aussi l’entendre au présent. Cela a lieu dans l’instant. Si ce n’est pas le cas, cet énoncé n’a aucune signification. « Jésus a dit », non ; « Jésus dit ». Si l’on introduit le passé dans cette affaire, on est projeté aussitôt dans un film. En effet, le cinéma précède de très loin l’histoire du cinéma. Mais dès qu’il y a film, nous sortons de l’évangélique. La bonne nouvelle consiste à reconnaître que le Verbe traverse la mort, et la vainc. L’évangélique n’a pas d’autre fond que cette annonce.
265 – Un gnostique conséquent en déduira que le monde lui-même appartient à Satan, lui a toujours appartenu, et lui appartiendra toujours. Le « Royaume » qu’annonce le Messie n’est pas de ce monde, comme les évangiles ne cessent de l’affirmer. Les gnostiques pensent que le cosmos, dans son ensemble, donc aussi la société, s’ordonne au Mauvais. Ils discernent partout une malignité foncière, impossible à éradiquer. Tiens, et si le monde était plutôt la création du Diable que de Dieu ?
264 – Paradis est une œuvre gnostique. Le second tome, encore plus ouvertement que le premier. J’y déploie tout ce que la langue française permet de kabbale juive et catholique. Ma façon de penser est simple : je pars de la singularité, je vais vers l’unité, et tout cela n’est pensable que dans l’universalité. Je prends ici le contre-pied radical de toute « diversité culturelle ». Le divers ne m’intéresse pas, seule compte l’unicité.
263 – Les gnostiques conçoivent l’univers comme une vaste pharmacie. Il s’agit d’assembler les parcelles de lumière et de les soustraire à l’engluement du mélange. Mais la salvation ne suppose aucune communauté. Il n’y a, dans la gnose, que des aventures singulières. Elles ont, en tant que telles, un impact sur l’histoire cachée du monde. Si vous voulez : la Nature est très belle, mais « l’homme » est rarement en accord avec elle (le grand art est gnostique par définition).
265 – Un gnostique conséquent en déduira que le monde lui-même appartient à Satan, lui a toujours appartenu, et lui appartiendra toujours. Le « Royaume » qu’annonce le Messie n’est pas de ce monde, comme les évangiles ne cessent de l’affirmer. Les gnostiques pensent que le cosmos, dans son ensemble, donc aussi la société, s’ordonne au Mauvais. Ils discernent partout une malignité foncière, impossible à éradiquer. Tiens, et si le monde était plutôt la création du Diable que de Dieu ?
264 – Paradis est une œuvre gnostique. Le second tome, encore plus ouvertement que le premier. J’y déploie tout ce que la langue française permet de kabbale juive et catholique. Ma façon de penser est simple : je pars de la singularité, je vais vers l’unité, et tout cela n’est pensable que dans l’universalité. Je prends ici le contre-pied radical de toute « diversité culturelle ». Le divers ne m’intéresse pas, seule compte l’unicité.







