157 - La vie libre est ensoleillée, bénie et joyeuse. M.N. marche, le moindre caillou le touche, les feuilles, les troncs, les ruisseaux. Il se rêve en oiseau, car « celui qui veut se faire oiseau doit s’aimer lui-même ». Aimez-vous comme je m’aime, et vous deviendrez aussitôt « ennemi de l’esprit de lourdeur, ennemi juré, ennemi originel ». La Terre vous paraît lourde à porter ? Mais non, elle est légère. Si vous ne la ressentez pas ainsi, c’est que vous n’aimez pas « le jaune profond et le rouge ardent ». Et pas non plus « le sommeil qui console comme une pluie fraîche et bruissante ».
( UNE VIE DIVINE, Éd. Gallimard, 2006 / 118)
156 - Eh oui, pars pour le Sud, imbécile. Laisse le Nord et ses brouillards morts, emporte avec toi ton cœur, tes poumons, ta petite Ludi chaleureuse. Cache-toi, tais-toi, promène-toi, dors. Cherche un endroit très simple, dans un quartier aussi silencieux que possible. Ferme les volets, les rideaux. Sens maintenant ta joue gauche bien calée contre un coussin. Ferme les yeux, et ouvre-les de temps en temps pour sentir le Sud de l’après-midi vide. Oublie, efface les voix qui ne sont pas de toi. Rentre dans ce bleu dormant, souviens-t’en.
155 - Ce soir, le ciel saumoné, par exemple.







