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Publié le Dimanche 18 février 2007 à 12:00:00
Par S.

171 - Il est temps que vous pensiez vos propres sens, c’est-à-dire que le corps devienne une habitation poétique. Et non pas une ritournelle abstraite soi-disant plaintive ou engagée. Le corps n’est pas encore pensé. Par la science, oui. Je peux vous analyser, vous radiographier. Ce n’est pas seulement du corps biologique dont je suis en train de parler mais du corps parlant en tant qu’il ramasse, d’une façon ou d’une autre, tous les sens. Ce corps-là aura des difficultés avec son époque.
(L'ÉVANGILE DE NIETZSCHE.Éd.le cherche midi, 2006)

170 - Le problème aujourd’hui c’est que ça ne pense pas fort… ça pense morale évidemment, mais ce n’est pas ça penser. Penser est dangereux pour la santé physiologique de l’être humain. 

169 - Le poète est toujours en danger. La poésie, c’est la guerre. C’est la guerre physique. Relisez le Flagrant Délit de Breton qui est un texte admirable.
 

168 - Aujourd’hui, tout est organisé pour ne pas penser. L’objectif ? Désir de servitude volontaire. Le combat spirituel pour la poésie est plus violent que jamais. Je ne crois pas à la poésie inculte. Si vous êtes poète, vous êtes responsable du surgissement. Ce qui implique l’idée du saut.


Publié le Dimanche 11 février 2007 à 11:11:11
Par S.

167 - Rimbaud n’écrit pas dans le même temps que Char. Car qu’est-ce qui marque le temps « où ça arrive » de telle façon que tout le reste sera sans l’avenir ? C’est un temps qui produit cette poésie-là, chez ce poète-là, qui a tout l’avenir pour lui. Tout le devenir pour lui. On ne vas pas cesser de trouver cela extraordinairement actuel. Il s’agit d’un temps qui a tout le temps pour lui. Pas hors du temps, sinon il s’agirait d’une affaire religieuse qui aurait à voir avec l’éternité. 
( L’ÉVANGILE DE NIETZSCHE. Éditions Le cherche midi, 2006)

166 - Il faut comprendre la vérité du temps lui-même. Le saisonnement du temps… Comme Une saison en enfer parle d’au-dessus du temps mais vers tous les temps.
                                « Arrivée de toujours qui t’en iras partout. »
À une raison, de Rimbaud… ça arrive de toujours : le temps. Et ça s’en va partout : l’espace. Et ça n’arrête pas d’arriver de toujours. Donc le passé, le présent et l’avenir… Il suffit de supposer un quatrième temps, ce que fait Heidegger, qui englobe les trois autres. On commence par le quatrième qui englobe présent, passé et avenir. C’est de ce temps-là que les humanoïdes ne veulent pas. Et la poésie se veut dans ce temps-là de façon plus ou moins fulgurante.
 

165 - À mon avis, Rimbaud se rapproche de plus en plus de nous. C’est comme cela qu’il faut entendre le titre de Heidegger sur Hölderlin : Approche de Hölderlin. On s’approche de lui mais il s’approche de nous. Il ne cesse pas de nous parler de façon nouvelle. Je peux démontrer qu’Une saison en enfer ou Les Illuminations n’ont pas encore été vraiment lues. J’ai acheté une dizaine d’exemplaires des Illuminations dans des typographies différentes. Je ne me lasse pas de les relire chaque fois à neuf. Quelque chose m’apparaît. Il ne faut pas dire que le temps passe mais qu’il surgit.

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Publié le Jeudi 01 février 2007 à 15:15:15
Par S.

164 - Il y a deux idées : d’abord que la planète est en cours de mondialisation donc qu’elle est invivable pratiquement partout mais que, malgré cela, par plaques – il s’agit de déterminer les endroits, les sites -, ça va être brusquement vivable, c’est-à-dire susceptible d’avoir une éclosion, un fleurissement… Vous avez ça dans tous mes livres : on se met dans un lieu, on forme une société plus ou moins discrète et on laisse fleurir la situation. Immédiatement, vous êtes dans un angle philosophique… « Cette petite planète, par plaques, a son intérêt. » Cela veut dire que va arriver la philosophie du Jardin…
( L’ÉVANGILE DE NIETZSCHE. Éd. Le cherche midi, 2006.) 

163 - Finalement, il y a deux choses dont on ne me parle jamais ; un, l’insistance que je mets depuis fort longtemps sur la Chine, pas le maoïsme (rires), et deux, les femmes. Il n’en est rigoureusement jamais question. C’est curieux. Là, je donne au laboratoire un condensé du refoulement occidental. Si on dresse le catalogue des femmes de mes romans, on obtient une liste assez nombreuse… Quand je vous dis « par plaques »… les femmes aussi sont des intervalles… qui ne demandent qu’à éclore. Je ne me promène pas à l’ombre des jeunes filles en fleurs, je vis au soleil des femmes qui sont des fleurs. Le curieux, c’est que si on a un embarras sur la question femme, la poésie s’en ressent de façon sinistre.

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