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Publié le Dimanche 17 février 2008 à 17:17:17
Par S.

211 - Julia Kristeva dit : «  Nous, nous sommes un couple formé de deux étrangers. »  


210 - Mais tour d’abord la liste des insultes, celles qui fabriquent la légende : « Sollers ou la comédie du yo-yo. Il se trompe toujours, se désavoue sans cesse, il pirouette avec le vent ; une seule fidélité : le reniement. Sollers : le Mickael Jackson des intellos. Sollers : insupportable esthète, haïssable misogyne, paradoxal sans objet, fou du roi sans souverain, agent quadruple, taupe entre deux âges… Méduse amorphe… Girouette permanente… Instable parmi les instables… Désinvolte… Peu crédible… Corps chimique désagréablement oscillatoire… Sans poids, sans sérieux, sans consistance… Sollers : la girouette de la rue Jacob, le gros orteil de Joyce, le sponsor de Bernard-Henri Lévy, le Sacha Distel de Modiano… Le semi-remorque de la théorie… L’ ORL de la littérature… Sollers ? Un fumiste, un histrion, un expert en palinodies intellectuelles… Sollers : une pauvre noix, un Céline de boulevard… Un malin qui se prend pour un délicat… Un monsieur qui écrit comme parle un patron impatient à sa secrétaire un peu godiche… Un danseur de la littérature… Un doctrinaire narcissique, un mandarin provocateur… Un bouffon, un plagiaire, un faussaire, un gamin attardé, un clown, un irresponsable… Sollers : un fabricant de volumes gluants, de pavés mous, de flasques fatras, de méduses amorphes… Mais encore… Raspoutine des lettres. Pierrot lunaire. Marquis essoufflé. Saint terroriste. Pape sans évangiles. Voyeur de la comédie intellectuelle et mondaine. Abbé de cour. Curé philosophant dans le boudoir. Retourneur de vestes. Fumiste doué. Trissotin. Grand bouffon devant l’Éternel. Mafioso fatigué. Charognard. Chien de garde du grand capital. Filleul de San Antonio. Fasciste. Antisémite. Ersatz. Plaisantin. Farceur. Ludion. Chien savant. Sauteur. Jongleur. Cascadeur. Vipère lubrique. Hyène dactylographe. Libidineux de service. Lovelace. Casanova des lettres. Moine paillard. Faux cul. Noceur. Pervers. Élitiste illisible. Fumiste doué pour l’esbroufe. Écrivain de grands livres un peu baveux. Déconnétable des lettres. Stakhanoviste du stylo. Bavard impénitent. Lucky Luke de la littérature écrivant sur tout ce qui bouge. Doctrinaire narcissique. Fausse valeur. Diva du show-biz littéraire ; « Monsieur connaît tout. » Copieur absolu. Précieux ridicule. Astre bien pâle. Snob comme un pot de chambre. Lobule du pape. Pauvre écrivain passé de l’avant-garde à l’arrière-train. Sollers, l’assoiffé des grands tirages, le vendu aux médias, le nouveau parrain des lettres. Sollers : un génie exhibitionniste, un bavard machiavélique, un scoubidou. Sollers : compliqué et omniprésent. Sollers : monnaie de singe. »
(Gérard de Cortanze, SOLLERS, Vérités et légendes. Folio n° 4576, 2007)  


209 - Laissons la parole à Dominique Rolin : « Sollers est si facile à vivre. C’est miraculeux de facilité. Jamais un cri. Jamais une colère. Une sorte de cristal, lui qui déchaîne une telle haine… Si je devais le définir en un mot, ce serait : équilibre. En somme, il veut qu’on lui foute la paix ! Il veut écrire ! Et surtout, il sait se préférer en toutes circonstances. »



Julia Kristeva