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Philippe Sollers
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Publié le Dimanche 31 décembre 2006 à 22:22:22
Par S.
120 - Dans tous les romans que j'écris, vous trouvez la description de la misère de la pensée, de la littérature, avec une contre-proposition immédiate, à savoir qu'une incroyable richesse est à la disposition de qui ne se l'interdirait pas. Je pense qu'il y a en effet une responsabilité à accepter l'invivable. Mais on me dira que si ça devient plus vivable là où ça ne l'est pas encore, ce sera alors grâce aux fleurs du bien qui ne surgissent que du fond social, seule façon d'atteindre la liberté. On nous chante ce refrain depuis longtemps. Je veux bien laisser tourner ce disque, mais je préfère demander à la personne qui se trouve en face de moi comment elle s'arrange avec le Temps.
(Nietzsche, encore. L’INFINI n°84, Automne 2003 ) 

119 - " Nous sommes entrés dans la détresse de l'absence de détresse " dit Heidegger. Cela est très remarquable. Dans l'absence de détresse, il ne s'agit pas de misère, de violence ou de brutalité; c'est l'impossibilité de toucher à la question de l'être. L'absence de détresse, c'est l'extrême détresse. Il n'y a pas de détresse pire que celle que vous pouvez constater à l'époque de la marchandise planétarisée. Heidegger l'appelle " La détermination ontologico-historiale du nihilisme."
(Nietzsche, miracle français. Vidéo de Jean-Hugues Larché) 


118 - L'humanité est en effet devenue matériel humain dans l'absence de sens de " la subjectivité dans son achèvement ". Nous vivons désormais dans cette absence de sens, dans cet insensé qui trouvent dans la publicité sa forme vérifiable. On n'est pas là pour être capté autrement que par cette mise en scène du faux présent par lui-même. Cela s'appelle le nihilisme à son point d'accomplissement. Et ce n'est qu'un début. Le nihilisme n'est rien d'autre que l'essentiel non penser à l'essence du néant. Mais c'est quoi ça, le néant ?

(Nietzsche, miracle français. Les Films-du-lieu-dit, 4 novembre 2002) 

117 - Ce Temps, je vais renoncer à le penser, puisque je n'ai pas le temps de me rendre compte de ce qu'est ma corporation même. De plus, comme je suis poussé par le nombre et absolument remplaçable, je vais me contenter de ce que m'aura dit ma petite mythologie personnelle, mes parents ou mes grands-parents, sans jamais remonter plus loin. Dans les temps où nous sommes, parfaitement adaptés à la dévastation et si peu favorables à l'humanoïde, il est intéressant de voir qu'en laissant parler quelqu'un, immédiatement le roman familial ressort. Mais il ressort très bref avec une mémoire très restreinte. Tout le passé devient en danger. Nous sommes depuis fort longtemps entrés dans l'ignorance historique déferlante, dans le méli-mélo des dates, dans ce présent vide qu'accomplit en quelque sorte la publicité.
(Nietzsche, encore.)






Publié le Vendredi 29 décembre 2006 à 13:13:13
Par S.
116 - Ce que je peux dire de l'éternel Retour sera toujours aussi peu entendu que si je le redisais à nouveau, et même si j'ai déjà été là pour le dire... Ce moment qui a lui-même déjà existé (que je sois visible ou pas) pour dire que je me saisis dans l'instant, dans l'éternel retour de quelque chose qui sera peut-être entendu un jour... le même... donc pas.
(Nietzsche, encore. L'INFINI n° 84, Automne 2003) 

115 - En ce qui concerne l'éternel Retour, la question est celle du Temps lui-même. Dans Zarathoustra, les chapitres sur "Le portique" ou sur "L'instant" traitent de la collision de l'avenir et du passé et de la révélation de ce "fameux" Eternel Retour. Secret effroyable... D'autant plus extatique qu'il est effroyable, et que Nietzsche ne le confiait qu'à voix basse : c'est effrayant, parce que si c'est l'éternel Retour du Même, de la bêtise, du côté criminel ou sinistre de l'étant, alors c'est aussi le retour de l'inintelligence et de la surdité.
(Nietzsche, miracle français. Vidéo de Jean-Hugues Larché. ) 

114 - Lors de cette confidence de Nietzsche faite à Lou à Saint-Pierre de Rome - " Est-ce qu'une fois que toutes les possibilités ont été saturées, ne devrait-on pas, peut-être, en revenir à la religion catholique ? " - qui est une sorte de séduction toute féminine vis-à-vis de Lou, Nietzsche signifie peut-être que la corporification est envisagée de façon plus intense du côté catholique. Ce que d'ailleurs tout prouve : musique, peinture, sculpture. Ce qui veut dire, c'est qu'en passant à travers ce latin-là, ou ce romain-là on peut mieux toucher au grec.
(Nietzsche, encore. 4 fév 2003) 

113 - Qu'est-ce qu'être - et non avoir - un corps ? Qu'est ce que corporer ? En quoi ça corpore ? Pourquoi, le refus ou la gêne de s'interroger intimement, profondément, sur cette corporation qui implique de ne pas rentrer dans différentes corporations, dans des corps constitués, dans des partis, des églises, des associations, des syndicats, des familles ? Refus de s'y faire décorporer, pour calmer, pour anesthésier la question du corporer ? Qu'est-ce qui se pense dans le corporer lui-même ?
(Nietzsche, encore)

Nietzsche, miracle français.gif


Publié le Jeudi 28 décembre 2006 à 13:00:00
Par S.

112 - L'Histoire est-elle une pièce pleine de bruit et de fureur, dite par un idiot et ne signifiant rien ? Peut-être, mais ce n'est pas l'avis de Breton. Le bruit, nous en sommes responsables dans la mesure où nous nous éloignons de la source poétique, toujours présente. La fureur, quand nous limitons notre désir de liberté.
  (André Breton, L’INFINI  n° 84, Automne 2003) 

111 - Je ne me suis pas tué, la lame de parquet est toujours aussi belle, et, comme l'a écrit Breton contre la médiocrité définitive du roman réaliste, " je ne fais pas état des moments nuls de ma vie."
(André Breton)

Breton.gif



Publié le Mercredi 27 décembre 2006 à 18:00:00
Par S.

110 - Il a passé son temps à s'entendre dire ou insinuer qu'il commettait une erreur. Une erreur, Joyce ? " Un homme de génie ne commet pas d'erreurs. Ses erreurs sont volontaires et sont les portails de la découverte."
(Portrait de l’artiste en voyageur humain, 1982) 


109 - Il ne fallait pas aller aussi loin ! Il est interdit de fausser compagnie à la compagnie qui sait comment on s'exprime ! Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement ! Ce qui se conçoit de façon fulgurante s'énonce autrement ! Il a accompli un crime. Voyez comme Joyce est innocent. Léger. Ailleurs. Elégant.

 
108 - Le sacré n'est pas le fétichisme. En ne reconstruisant pas les Twin Towers, on imagine sacraliser le bâtiment, on sacralise les victimes par la même occasion. Moi, je ne crois pas... je referais les choses à l'identique... C'est le seul respect des victimes qui soit... Si les Twins ne sont pas reconstruites à l'identique, c'est la pulsion de mort qui triomphe, par conséquent c'est un gage donné à la folie islamique.
(VOIR ÉCRIRE, éd. Calmann-Lévy, 2003) 

107 - Le grand changement (j'arrive là en 1976), c'est que j'ai connu une ville "apaisée", enfin victorieuse de la planète, en train de s'arrêter pour se contempler. L'élégant World Trade Center est maintenant là pour longtemps, en pointe.

(Préface à NEW YORK de Paul Morand, éd GF-Flammarion, 1988)



Publié le Samedi 23 décembre 2006 à 15:00:15
Par S.

106 - Je suis volontaire pour être dormeur de musée, dormeur de tableaux, de cathédrales, de basiliques, de salles de concert, de théâtres, de jardins, de villes. etc.
( VOIR ÉCRIRE, éd Calmann-lévy, 2003) 

105 - Moi, maintenant, sans transition, je voudrais faire l'apologie du sommeil. Je trouve que les tableaux de Cézanne dorment d'une façon admirable. Les grandes oeuvres d'art dorment avec puissance, et moi je m'inventerais bien une sorte de métier dans cette société de plus en plus folle de subjectivité absolue : dormeur.     
  (VOIR ÉCRIRE, éd Calmann-lévy, 2003)
  

104 - Après l'arrivée des Allemands, l'Assistance publique ayant supprimé toutes les subventions pour la nourriture, on vit les malades manger l'écorce des arbres, l'herbe des pelouses, voire leurs excréments. La mère d'Artaud venait quand même le voir deux fois par semaine et lui apportait des colis et des cigarettes.

 (LA FÊTE À VENISE, éd Gallimard, 1991)  

103 - Le type en question est , à l'origine, un body-builder, et représente une masse de muscles prodigieusement apparente dans le moindre détail, le tout huilé comme si sa peau était une vitre. On prédit à ce champion la carrière de sénateur au moins, et peut-être de Président. Et, comme pour l'innocenter, mes intellectuels découvrent que son jeu est en fait distant, ironique, au second degré, etc.
(LE CŒUR ABSOLU, éd Gallimard, 1987)


Le goût du noir, 25 fév 2001.gif

Publié le Vendredi 22 décembre 2006 à 14:00:00
Par S.

102 - L'homme déploie son être en tant que mortel. Il est ainsi appelé parce qu'il peut mourir. Pouvoir mourir veut dire être capable de la mort en tant que la mort. Seul l'homme meurt. Il meurt continuellement aussi longtemps qu'il séjourne sur cette terre, aussi longtemps qu'il l'habite, mais son habitation réside dans la poésie. C'est tout simplement cela qui n'est pas entendu ou plus exactement qu'on ne veut pas laisser entendre. Mais alors dans quel but ? Pour servir quels intérêts ? Ils peuvent être très divers. Et parfois, ceux qui se considèrent comme adversaires s'entendent là sur une passion commune. C'est pourquoi il est beau de former un parti à soi seul. Il faut aller vers cette pensée si l'on veut aborder ce qui sera d'autant plus nécessaire dans un monde " écranisé ", de plus en plus réduit à des chocs d'images, sans qu'on puisse jamais avoir accès au fait que ce qui compte, c'est cette donation de l'image par le son, par la voix, par la parole. Ce que nous ne pouvons pas accepter - pourtant, quelle évidence ! -, c'est que tout ce qu'on voit, c'est de la voix. 
( LA DIVINE COMÉDIE, éd Desclée de Brouwer, 2000)
 
 

101 - Meilleurez-vous en vous emparadisant (rires) ... Il y a élargissement de la jouissance, par le dire, du nœud de la forme universelle.
 
 

100 - Qu'est-ce que le vrai ? Le vrai se vit comme étoile au ciel... C'est comme si Dante voulait nous faire comprendre que pour aboutir à ce point " où aboutissent tout ubi et tout quando ", l'amour est absolument nécessaire. Sans quoi vous ne transformez pas, dans la transhumanation, l'espace et le temps. C'est l'amour qui transforme la perception même de l'espace et du temps. Et c'est d'ailleurs très vérifiable.
 

99 - Les racines sont au ciel, elles ne sont pas sur terre, lorsque nous entrons dans le vrai temps.
 

98 - Comme nous sommes à une époque extraordinairement misérable, où tout ce qui est de cette nature est immédiatement senti comme une pornographie possible, je crois qu'il faut bien comprendre que l'impossibilité de lire la jouissance de Dieu sur le visage féminin est pratiquement notre lot. C'est très interdit. Non pas, comme dans les époques précédentes, par des pudeurs et des aveuglements dans la pudeur, mais par le projecteur publicitaire écrasant de la simulation pornographique. Il faut donc rendre à ce vers toute sa vérité inaccessible : " Dieu semblait jouir sur son visage ", " Dio parea nel suo volto giore ".

Jean-Paul II,Val d'Aoste, juillet 2004.gif

Publié le Jeudi 21 décembre 2006 à 14:14:14
Par S.

97 - Encore... le rire de l'univers ! Qu'est-ce que cet extraordinaire embrasement de rire, produisant une ivresse qui entre à la fois par l'ouïe et la vue ?
( LA DIVINE COMÉDIE, éd Desclée de Brouwer, 2000)

 
96 - Avez-vous la foi ? Êtes-vous croyant ? - Oui... non... etc. Voici ma réponse : ma foi, c'est la substance des choses espérées et l'argument des invisibles (rires). Il s'agit bien d'un " joyau précieux "... Bonne réponse, n'est-ce pas ... Large pluie de l'Esprit Saint qui est diffuse sur les parchemins anciens et nouveaux ... C'est un conseil que l'on peut donner à tout le monde : feuilleter des parchemins en attendant que ça pleuve ... J'attends des lecteurs sur qui ça pleut.
  

95 - Essayez de comprendre que vous êtes là devant quelque chose d'inouï. Ô lecteur, Ô lectrice, " ô animaux terriens ! ô esprits grossiers " qui songez maintenant à fabriquer le vivant lui-même ... Savez-vous chanter ce qu'il en est, comprendre ce qu'il en est dans le chant du Verbe qui s'est fait chair ? ... Hélas, le Verbe, je ne sais plus très bien de quoi il s'agit ... et puis la chair est triste, hélas, je n'ai lu aucun livre (rires) ... mais il paraît que ça se fabrique...
 
 

94 - Heureux trans-homme ! L'homme est mort, nous dit-on. Dieu est mort, l'homme est mort. Soit. Mais le " dieuser " du trans-homme n'a rien à faire de la mort. Par conséquent, nous sommes ici très au-delà de tout ce qui a pu être formulé après Dante. Et c'est pourquoi il nous faut si longtemps pour aborder son paradis.
  

93 - Comme nous sommes loin des espaces infinis qui nous effraieraient ! Ce n'est pas si courant que l'on parle - et moi, j'aime que l'on en parle - des " fruits que moissonne le tournoiement des sphères ". Parce que, étant donné ce qu'est devenu le cosmos depuis qu'on nous le " big-bangue ", et que l'hypothèse d'un univers plat se profile, où vous auriez seulement 7% d'observable, 70% d'énergie du vide et 22% de matière noire, tout cela est devenu problématique. Suis-je dans le 7% d'observable, dites-moi ? C'est curieux, la situation se dégrade de jour en jour. Lecteur, lectrice, sache que ta petite vie, sur ce petit grain, perdu dans les galaxies, est quelque chose dont on ne perçoit que 7% ... Je laisse cela à votre imagination, lecteur et lectrice effrayés, perdus dans votre divertissement désormais dépressif ... où l'amusement n'est plus à l'ordre du jour. Il y a beaucoup de gesticulations, de pornographie et de pseudo-fêtes, ... mais plus un programme d'amusements vrais qui aurait la grandeur des " fruits que moissonne le tournoiement des sphères ".
( LA DIVINE COMÉDIE)


Dante.gif

Publié le Mercredi 20 décembre 2006 à 12:12:12
Par S.

92 - Un désir, donc, qui serait à la mesure de l'Être lui-même. De même nous convoquons les lecteurs et les lectrices pour savoir si leurs désirs en général sont à la hauteur de ce qui est, du devenir de ce qui est. Ou bien si cette foule errante n'est pas sans cesse piégée dans ses désirs, et cela à l'encontre de là où ses désirs devraient se porter, c'est-à-dire dans l'imitation de ce désir pour qui " toute chose devient ce qu'elle est " ... " C'est le grand amour et la vive espérance "... Mais les tièdes, les complices de la haine infernale, la tenace nécrophilie tenant l'espèce en elle-même nous interdit ... l'épreuve du paradis.

( LA DIVINE COMÉDIE) 

 91 - ... La justice consiste à rappeler qu'on est loin de la fleur. Evidemment, il y a toujours une connotation monétaire...Qu'est-ce que cela signifie ? Si vous acceptez de me suivre, la violence, l'inattention portées au floral amènent forcément à la falsification des monnaies. Vous passez à côté des fleurs. Vous n'écoutez pas les oiseaux. Vous êtes même incapable de laisser un arbre là où il est. Cela doit être rappelé au lecteur qui, au lieu de passer son temps à calculer des combines et des inutilités, devrait se demander si, au moins une fois par jour, il a laissé un arbre où il est et une fleur dans son " sans pourquoi ". Vous ne me direz pas que ce rappel n'est pas d'une troublante actualité, compte tenu de la pollution ambiante. Qui dit pollution dit, en réalité, corruption.

( LA DIVINE COMÉDIE) 
 

90 - Voyez comme nous sommes loin de " Ô fleurs perpétuelles de l'éternel bonheur ". Mais en même temps, tout près, si nous le voulions, ou plutôt si nous le désirions suffisamment, et cela serait que justice rendue à nous-mêmes, pourquoi ne pas considérer les fleurs perpétuelles d'un éternel bonheur ?... Il faudrait que nous ayons admis, avec Angelus Silesius, que " la rose est sans pourquoi ", qu'elle n'a aucun souci d'être vue...

( LA DIVINE COMÉDIE) 
 

 89 - Nous sommes à une époque où l'amour est dans le caniveau et la justice de même. Ca va ensemble. Or vous ne pouvez pas rendre la vraie justice en dehors de l'amour. Et vous ne pouvez pas non plus aimer vraiment en dehors de la justice.

( LA DIVINE COMÉDIE)

manet, roses et tulipes dans un vase_1882.gif

Publié le Samedi 16 décembre 2006 à 16:16:16
Par S.

88 - Si l'on est exilé, c'est parce qu'on est trop désiré.
( LA DIVINE COMÉDIE)

 
87 - La grande question n'est pas l'Autre, comme on nous en rabat les oreilles, mais le Même. C'est sur le même qu'il faut penser. Le même n'est pas le pareil. C'est aussi la fameuse métaphore proustienne ou borgésienne, selon laquelle il n'y aurait qu'un seul écrivain. Le même. Différent ...  Sommes-nous capables de penser le même ? C'est là que Dante se fait recevoir en paternité séminale.  Parce que ce n'est qu'un épisode. Les géniteurs ne sont pas les pères.
( LA DIVINE COMÉDIE) 

86 - la poésie fondamentale implique qu'on maintienne l'enfer, je crois. Pas d'enfer, pas de connaissance dans la jouissance.
( LA DIVINE COMÉDIE) 

85 - l'homme ne vit pas seulement que de pain, mais de toute parole qui lui est vraiment dite.
( LA DIVINE COMÉDIE) 

84 - Dante vous convoque en tant que lecteur, pour que vous entendiez ce qu'il vous dit et pour que vous vous nourrissiez de cette substance étrange qui vous permettrait de dire ce que vous entendez.
( LA DIVINE COMÉDIE)

Picasso et Jacqueline.gif



Publié le Jeudi 14 décembre 2006 à 17:17:17
Par S.
83 - Si je vous dis que l'univers est un rire, vous allez commencer à trouver que je déraisonne, puisque aucune représentation ne m'en est jamais donnée. Je ne vois pas que l'univers rit. De même, je ne vois pas que le monde dans lequel je transite est essentiellement risible... Bref, le paradis est un grand fou rire.
( LA DIVINE COMÉDIE)
 

82 - " Transhumaner ", " s'encièler ", " toujouriser ". L'être du fini, ici, dit non. On n'est pas là pour ça... Il y a toujours mille motifs, mille reproches, mille devoirs supposés... Le non-lecteur se rebelle : il est révulsé... Il ne veut pas, dans cette dimension, d'une résurrection et que la mort soit vaincue... La mort, c'est le Maître absolu, elle est obsédante, on la perpétue, on croit ne pas pouvoir la tuer. Mais tuez-la donc, esclaves !


81 - Ce feu qui va désormais vous conduire, ce feu qui fait que soudain le jour semble s'être ajouté au jour se présente déjà comme une roue. La joie, ça tourne, ça tourne de plus en plus vite. Et plus vous êtes joyeux, plus vous tournez. Le je doit advenir en tant que roue.

80 - De quelle expérience s'agit-il ? Dante a l'intention de vous prouver, par son expérience, que l'intellect - qui n'est pas le mens, le mental, qui n'est pas non plus le psychisme, ni le n'importe quoi du visionnariat, car tout sera d'une grande précision étagée -, s'approfondissant par son désir, est la même chose que l'amour " qui meut le soleil et les autres étoiles ". C'est l'intellect en tant qu'amour.


79 - Si nous insistions tout le temps sur la ruine - ce qui n'est que trop fait -, nous oublierions le lever de l'indemne dans la grâce. Je reviens toujours à cette apparente contradiction, qui n'en est pas une en réalité, puisque nous n'avons pas à la penser en termes symétriques. Ce n'est pas dans la symétrie que nous sommes. Nous sommes ici, sur terre, en ce moment, dans une proportion spatio-temporelle de 90% de ruine, et de - mais là, je suis peut-être optimiste - 10% de grâce... à faire d'Eros et de Thanatos des jumeaux en lutte éternelle - ce qui n'est déjà pas si mal -, lorsque vous en avez une vision symétrique, c'est trompeur. Il y a très peu d'Eros pour énormément de Thanatos.

( LA DIVINE COMÉDIE)



Île de Ré_1968..gif

Publié le Mercredi 13 décembre 2006 à 16:00:00
Par S.

78 - L'existence sociale des hommes ne détermine pas leur pensée, mais leurs préjugés, leurs censures.
(L’ANNÉE DU TIGRE, éd du seuil, 1999) 

77- Chaque mot perdu est une sensation perdue. Or comment parler des tableaux de Cézanne si on ne dispose plus de cet adjectif : « mordoré » ?
( TÉLÉRAMA n°2647, oct. 2000) 


76 - Sans musique, pas de dessin, de tableau, de volume révélé à lui-même. Pas de mots non plus, sinon morts.


75 - Qui a dit que la Terre pouvait chanter ? C'est une vallée de larmes ou d'animation culturelle. Des installations, des décorations, des forçages, des préciosités bâclées, peu d’œuvres, c'est-à-dire peu de répétitions maîtrisées, c'est-à-dire le moins possible de musique. Or la sculpture est faite pour être entendue avec le corps tout entier devenu rythmique.

La guerre du goût_ 1994.gif

Publié le Mardi 12 décembre 2006 à 17:17:17
Par S.

 74 - La nature se présente, et pourtant elle était là depuis la nuit des temps. Une hypothèse me vient donc : et si la substance féminine en tant que telle était du même ordre que la nature, que les fleurs, les arbres, l'eau...
( L’amour du royaume, ArtPress n°283, octobre 2002) 

73 - Récusation du social, ça veut dire invention d'un lieu et d'une formule où viendrait, en même temps que la nature et la substance féminine qui est du même ordre, se présenter tout ce qui a pu se formuler comme propos dits poétiques. Mythiques ou poétiques.
(L’amour du royaume, L’INFINI n°81, 2002) 

72 - Nous changeons d'ère, qui n'a rien à voir avec une fin de l'histoire, où l'individu voué au collectif est privé le plus possible de toutes ses ressources intimes. Il y a deux opérateurs pour que ça aille vraiment jusqu'au bout. 1 : le priver de son corps autant que possible, empêcher que chaque sens puisse provoquer une interrogation. 2 : appauvrir, sous forme de publicité ou de pornographie, le langage. On peut voir là le nœud nouveau où la servitude volontaire, comme d'habitude s'engouffre.
(L’amour du royaume) 

71 - Le roman d'aujourd'hui doit être le réveil, par tous les côtés à la fois, de la poésie.
(L’amour du royaume) 

70 - Les obsédés du sexuel me paraissent aujourd'hui de plus en plus pathétiques. La sexualité comme telle a perdu son importance. Il lui est dévolu désormais une fonction de recouvrement : la sexualité masque, elle ne révèle plus.
( POKER, éd. Gallimard, collection L’Infini, 2005) 

69 - La diabolisation de la sexualité vient de loin. Elle vient en fait de toujours. Mais nous n'en sommes plus là, aujourd'hui. La diabolisation du sexe a fait place à son instrumentalisation. Au fond, cela revient au même. Il s'agit d'une mutation du refoulement. Dans ce nouveau régime, il n'y a plus à se prémunir d'une effraction par la volupté, qui ferait apparaître la force du chaos. Ce qui arrive, c'est un pacte entre Eros et Thanatos. Si le sexe et la mort ont toujours eu partie liée dans la métaphysique, ce lien s'avère maintenant l'élément même de la sexualité.( POKER ) 

68 - La sexinite se remarque par l'entrave du rapport au langage. Dans la sexinite, le sexuel croit en lui-même, jusqu’à la nausée. Dans ces conditions, comment faire sortir Éros de son assignation anthropologique ? Ce serait pourtant recommandable.
(POKER) 

 
67- Et pourtant la nature est très belle.
(LE PARADIS DE CÉZANNE, éd. Gallimard, 1994)   


Picasso, le phallus_1903.gif

Publié le Lundi 11 décembre 2006 à 11:28:36
Par S.

66 - Approuver son corps n'est pas à la portée de " l'insecte manqué "... L'humain n'aime pas son corps. Il l'adore éventuellement, mais il ne l'aime pas... Nous voyons ici apparaître le mal souhaité au prochain. Ou comme j'aime dire : on fait de son proche un reproche. L'évangile moderne est : tu détesteras ton prochain comme toi-même.
( LA DIVINE COMÉDIE, éd. Desclée de Brouwer, 2000)

65 - Il faut, dans ces histoires de poésie, être absolument implacable. Dante nous le demande, syllabe par syllabe, ternaire par ternaire. Et Rimbaud nous y oblige... Ce qui, évidemment, va à l'encontre de la " légende douloureuse ", comme dit Isidore Ducasse : " l'erreur est la légende douloureuse. "
( LA DIVINE COMÉDIE ) 

64 - ... Pour la société de notre temps, subjectivité absolue, que tout ce qui la remue dans l'ordre dit du sexuel n'est pas autre chose qu'un accrochage au subjectif... Le sexe n'est rien d'autre que de la subjectivité... On ne va pas laisser sortir Rimbaud comme ça de cette affaire, du coup de revolver, de la légende...
( LA DIVINE COMÉDIE ) 

 
63 - L'instant qui nous renvoie à la détresse. Autrement, c'est la détresse de l'absence de détresse. C'est une question d'épiphanie.
( LA DIVINE COMÉDIE ) 

 
62 - Si Dieu n'est pas gratuit, qui l'est ? Mais dans la société où nous sommes, qui n'est autre que la subjectivité absolue, évaluant sans cesse, l'instant de la donation s'ouvre-t-il ?... Je pense que cet instant n'est pas dans le repli par rapport à la souveraineté de la technique... mais au contraire en plein poison de cette souveraineté, en plein négatif. Cela change beaucoup par rapport à la représentation de la métaphysique ancienne : le salut est au cœur du péril.
( LA DIVINE COMÉDIE ) 

61 - Mais enfin, planétairement, l'abri du poétique fondamental est là, à Rome. C'est la papauté. Je dis bien : l'abri du poétique fondamental.
( LA DIVINE COMÉDIE )


60 - On peut dire que la mort se montre chaque fois que vous commencez à vous voir comme les autres vous voient. 
( L'ANNÉE DU TIGRE, éd du Seuil, 1999)

Le Martray_2000.gif
   
Publié le Dimanche 10 décembre 2006 à 17:17:17
Par S.

59 - presque rien côtoiement d'illusion couverture du cœur d'illusion aujourd'hui j'écris
( PARADIS II, éd. Gallimard, 1986) 

58 - voilà vous l'avez dit rien ne me manque je n'ai besoin de rien de personne le malheur humain me fait rire la mort me fait rire j'attends une petite salope tout simplement maintenant sa bouche sa peau son cul son parfum ses doigts sensibles savants voilà c'est écrit là lisiblement il me semble qu'un jet de foutre vaut pour toute l'aventure et tout l'univers de l'aventure est-ce qu'on l'a déjà dit à votre avis aussi lisiblement fermement est-ce qu'on l'a déjà déclaré comme ça aussi carrément je répète un jet de foutre vaut pour toute l'aventure et tout l'univers pourri de la prétendue aventure il ne faut pas avoir peur de se répéter
( PARADIS II )



Rodin - Avant la création.gif

Publié le Samedi 09 décembre 2006 à 20:00:00
Par S.

57 - La connerie, c'est l'auto-intoxication sur la prétendue possibilité de faire coïncider l'image et le son.
( CAHIERS DU CINÉMA, 1989)
 

56 - Un roman
sans luxure est illisible. La luxure c'est le roman, c'est à la fois l'action, la contemplation, la méditation, la multiplicité, la variété, la relativité, l'école pratique de l'espace et du temps, le don des langues, la mathématique vibrante des nerfs et de l'invention ; la victoire toujours renouvelée sur la mort et ses légions pleureuses.
(LA GUERRE DU GOÛT, Éloge de la luxure. Ed. Gallimard, 1994) 

55 - On ne brûle plus les livres, les tableaux, les disques, les partitions. Non, on les met entre parenthèses, et le blanc se pose directement dans les cerveaux. Tout est disponible, presque rien n'est accessible. Le désir, c'est du langage chargé, potentiel, qui reçoit, ou non, sa réponse.
( LA GUERRE DU GOÛT, Le désir, 1991) 

54 - L'ennui ? Je dirais que c'est tout simplement le psychisme. Isoler la sphère du psychisme, connaître son cercle, sa répétition, en tracer la circonscription. Se situer par conséquent en dehors de lui, c'est ça la question.
( LE RIRE DE ROME, La perversion, l’ennui, 1983.  Éd. Gallimard, 1992)  


Les Folies Françaises, 1988.gif


Publié le Vendredi 08 décembre 2006 à 18:18:18
Par S.

53 - Un peintre qui n'est pas sous la dépendance imaginaire de ses modèles cela fait très mauvais effet. L'artiste doit avoir une vie amoureuse compliquée, active. On n'imagine pas qu'il pourrait poursuivre des orgies réelles en pensée.
( Les femmes de Cézanne) 

52 - La sexualité est en train de devenir une tarte à la crème. Contrairement au XIXe siècle, pour faire scandale, il faut dire aujourd'hui que le sexe n'est nullement obligatoire. La disjonction de l'acte sexuel et de la reproduction est un des évènements les plus importants des siècles.
( LA PORTE n°4, 1993. Le corps )
 

51 - Une désacralisation totale ne peut être envisageable qu'à l'intérieur d'une décision radicalement esthétique.
( LE RIRE DE ROME, éd.Gallimard, 1992)
 

50 - L'art est une vaste histoire de chaque instant. La prétendue histoire de l'art est faite, le plus souvent, pour oblitérer cette science possible des moments. Elle parle du spectateur, pas du créateur, elle travaille à la mise-en-spectacle de l'acte, à sa consommation passive. Elle évacue l'histoire hors de l'art, elle fait de celui-ci une activité prévisible rejoignant sans fin le ciel des idées, c'est à dire sa mise-à-prix.
(
 PICASSO, LE HÉROS, éd Cercle d’art, 1996)


Cinq Baigneuses, 18851887..gif


Publié le Mercredi 06 décembre 2006 à 19:00:00
Par S.

49 - Picasso : regarde son sujet - ou sa mort, si on veut - en face. La mort peut se regarder en face : mais il faut du soleil, en soi, pour y parvenir.
( PICASSO, LE HÉROS, éd Cercle d’art, 1996 )
 

48 - Jour après jour, Picasso date pour éclairer ses fugues et ses variations certes, mais aussi pour montrer son identité dans ses différences.

47 - Les dates chez Picasso, c'est très important. Les femmes, les dates ! Les femmes sont des dates. Et toute date est peut-être d'une substance féminine.

46 - La stupéfaction que vous pouvez vous donner facilement en lisant n'importe quelle page de Sade correspond à la stupéfaction que vous n'avez pas et que vous devriez avoir, à chaque, instant, dans les nouvelles que l'on vous diffuse de ce à quoi vous êtes promis ou promise en tant que corps.
( ÉLOGE DE L’INFINI, Le style en corps )   

La pisseuse, 1965.gif


Publié le Mardi 05 décembre 2006 à 17:17:17
Par S.

45 - L'écriture de Sade est une prodigieuse invention romanesque dont les mots qu'il emploie anticipent sur la façon dont la technique va arraisonner les corps humains dans l'époque qui va suivre jusqu'à nous ... jusqu'aux hormones de croissance, aux greffes, aux fécondations in-vitro, tout ce que vous voulez. Ça devrait sauter aux yeux de quelqu'un d'un peu réveillé, qui ne serait pas dans l'hypnose ou le farfouillage de plus en plus vain et cloné du corps humain.
( ÉLOGE DE l'INFINI, Le style en corps)


 
44 - Qu'est-ce que c'est que d'avoir un corps et un langage ? Un corps de langue, un corps qui passe directement dans le dit, dans le dire ? La société nous présente un programme de plus en plus aphasique de destruction systématique du langage et du retour au corps purement animal. Je n'en veux pour preuve que les nouvelles procédures techniques de marchandisation des organes et des substances, notamment des substances reproductives.
 
( ÉLOGE DE L'INFINI, Sur Artaud, 1994 ) 

43 - Il faut voir que l'histoire se passe à travers le corps, qu'elle ne passe pas par les idées, mais à travers le corps. C'est pour cette raison que la littérature, l'écriture, est une chose si importante et en apprend si long sur l'histoire.
 
( Sur Artaud )

42 - On trouve inquiétant qu'un artiste ait pu dire : " si je vais chez le boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place de l'animal ".
 
( LES PASSIONS DE FRANCIS BACON, éd. Gallimard, 1996 )

41- Qui a peur de Sade et de Picasso ? En réalité, tout le monde. Pourquoi, au fond ? Parce-qu'ils dérèglent profondément et avec vigueur la représentation métaphysique.
 

( ÉLOGE DE L'INFINI, Le temps où nous sommes, 1996)

40 - J'insiste systématiquement sur le fait, que le corps humain n'a
rien à voir avec un corps animal. Ce qui est déjà, une chose qui n'est presque plus comprise par personnes.

( Sur Artaud )

 
  
Étude pour un corps humain, 1986.gif

Publié le Lundi 04 décembre 2006 à 15:00:00
Par S.

39 - Optimiste à propos de rien. Il insiste sur rien, il semble sûr de son corps pour rien. Pas de but, ce qui compte, là, tout de suite, c'est la volupté.
( LES PASSIONS DE FRANCIS BACON, éd.Gallimard, 1996)

38- Le vice principal de toute société égalisatrice est l'envie. Cette permanente comparaison est vraiment la quintessence de la vulgarité.
 
( LES PASSIONS DE FRANCIS BACON )


37 - Tant qu'on se fait du corps une représentation d'où " sortirait " du langage, on reste dans cette prise de la volonté et on se coupe de ce qui pourrait s'appeler les jouissances des corps.

( ÉLOGE DE L'INFINI, Le style en corps)

 
36 - Quelqu'un qui a tout son temps est un scandale permanent. Cachez-vous, détournez-vous, déconnectez-vous. Laissez-leur le virtuel, l'illusion de la communication générale qui est le contraire de l'infini langage charnel. Soyez impossible : demandez le réel.
( ÉLOGE DE L'INFINI, Le corps amoureux, 1997)


Le Martray_02.gif

Publié le Dimanche 03 décembre 2006 à 15:15:00
Par S.

35 - A peine êtes-vous un corps, que la danse autour de vous s'organise : famille, société, rien ne vous sera épargné pour vous empêcher de jouir, c'est-à-dire d'être plusieurs en ce monde comme si vous y étiez, enfin, magnifiquement seul. 
( ÉLOGE DE L'INFINI, Le corps amoureux, 1997)

34 - Le charlatanisme universel s'appelle au-delà, demain, plus tard, autrefois, on verra, révolution, restauration, progrès ou apocalypse.
(Le corps amoureux) 

33 - Être ou ne pas être, c'est à dire se représenter ou ne pas se représenter, telle est la question.
( LES PASSIONS DE FRANCIS BACON, éd. Gallimard, 1996)


Le Déjeuner sur l'herbe.JPG
Publié le Samedi 02 décembre 2006 à 19:19:19
Par S.
32 - Le sujet a du mal, à s'imaginer qu'il jouit, il en éprouve un violent vertige, c'est trop pour lui ! Sa représentation le lui interdit, et il tient à sa représentation. Il pense ne pas y avoir droit. C'est ainsi que le sujet humain va rester tristement, préférant de beaucoup l'estime que lui donne son empêchement à la perte des repères subjectifs que lui procurerait sa jouissance. Admettons qu'il ait lu tout ça, il préférera quand même son esclavage : la représentation qui le définit ne peut pas supporter cette jouissance incalculable. 
(POKER, De nouveau le néant, de nouveau l'être ou Heidegger en passant)

31 - La peinture dit quelque chose que personne ne semble voir et c'est une très bonne façon de savoir comment quelqu'un se situe dans le temps que de lui poser la question de sa vision de la peinture. Vous pouvez vérifier cela à chaque instant avec n'importe qui : les réponses sont extrêmement misérables.
 
(Le style en corps)

30 - La peinture n'est pas une image, c'est une chose qui est essentiellement verbale. ( ÉLOGE DE L'INFINI, Le style en corps, éd. Gallimard, 2001)


B.XVI.PNoël.gif




Publié le Vendredi 01 décembre 2006 à 22:23:24
Par S.

29 - La
perversion n'est rien d'autre que la pression continuelle, sui generis, consistant à obliger à l'
adhésion.
( LE RIRE DE ROME, éd.Gallimard, 1992)


28 - Combien peu nombreux sont ceux qui misent sur la souveraine légèreté du néant.
 
(POKER, éd.Gallimard, 2005)

27 - L'être personnel, dans sa liberté exprime ce qu'il veut : l'angoisse, l'ennui; la répulsion, la joie la plus extrême, peu importe, ce qui compte c'est le négatif en lui même et non pas l'évaluation rabaissante qu'en fait un clergé nihiliste.
 
( POKER. De nouveau le néant, de nouveau l'être)

26 - Apprenons à parler très bas, ou pas du tout, des trucs de ce genre, le contraire de la société, en somme.
 
( UU AMOUR AMÉRICAIN, éd.Mille et une nuits, 1999)

25 - Parlez-nous de misère, de massacres, de viols, mais pas de plaisir, ce bourreau sans merci, ce pourvoyeur de mort spirituelle
(ÉLOGE DE L'INFINI. Les petites femmes de Paris, éd.Arléa, 1999)
 

24 - Tristesse ambitieuse - se méfier des gens tristes : leur hypocrisie ne cache que l'ambition.
 
( JDD, nov 1999 )

23 - Son vice aura bien été de revivre ses aventures à coup de plume.
 
( LE COEUR ABSOLU, éd.Gallimard, 1987)

22 - On est jamais deux, on est quatre, les passions amoureuses sont décrites négativement parce que précisément on croit être toujours deux qui devraient faire un et chacun se retrouve le bec dans l'eau, dans son unicité supposée, avec l'autre qui a une autre idée de l'unicité.
(ÉLOGE DE L'INFINI, Roman d'amour, 2000)

21 -La sexualité a toujours été, contrairement à ce qu'on croit, une question spirituelle, et non organique.
(ÉLOGE DE L'INFINI, Journal de guerre, 1998)


B.XVI et Ali Bardakiglu.gif