(Nietzsche, encore. L’INFINI n°84, Automne 2003 )
119 - " Nous sommes entrés dans la détresse de l'absence de détresse " dit Heidegger. Cela est très remarquable. Dans l'absence de détresse, il ne s'agit pas de misère, de violence ou de brutalité; c'est l'impossibilité de toucher à la question de l'être. L'absence de détresse, c'est l'extrême détresse. Il n'y a pas de détresse pire que celle que vous pouvez constater à l'époque de la marchandise planétarisée. Heidegger l'appelle " La détermination ontologico-historiale du nihilisme."
(Nietzsche, miracle français. Vidéo de Jean-Hugues Larché)
118 - L'humanité est en effet devenue matériel humain dans l'absence de sens de " la subjectivité dans son achèvement ". Nous vivons désormais dans cette absence de sens, dans cet insensé qui trouvent dans la publicité sa forme vérifiable. On n'est pas là pour être capté autrement que par cette mise en scène du faux présent par lui-même. Cela s'appelle le nihilisme à son point d'accomplissement. Et ce n'est qu'un début. Le nihilisme n'est rien d'autre que l'essentiel non penser à l'essence du néant. Mais c'est quoi ça, le néant ?
117 - Ce Temps, je vais renoncer à le penser, puisque je n'ai pas le temps de me rendre compte de ce qu'est ma corporation même. De plus, comme je suis poussé par le nombre et absolument remplaçable, je vais me contenter de ce que m'aura dit ma petite mythologie personnelle, mes parents ou mes grands-parents, sans jamais remonter plus loin. Dans les temps où nous sommes, parfaitement adaptés à la dévastation et si peu favorables à l'humanoïde, il est intéressant de voir qu'en laissant parler quelqu'un, immédiatement le roman familial ressort. Mais il ressort très bref avec une mémoire très restreinte. Tout le passé devient en danger. Nous sommes depuis fort longtemps entrés dans l'ignorance historique déferlante, dans le méli-mélo des dates, dans ce présent vide qu'accomplit en quelque sorte la publicité.
(Nietzsche, encore.)







