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Publié le Mardi 02 janvier 2007
Par S.

127 - Attention, la joie n'est ni la dérision ni la rigolade de notre actualité illettrée et violente. Matisse le savait, qui parle avec une émotion étrange de Renoir "noble" et "héroïque", "agonisant, et cependant déterminé à fixer toute la grâce du désir et toute la beauté de la nature, toute la joie du vivant en une scène où la mort n'aurait pas de place - possession des hommes pour toujours - bénédiction sans mélange".

(LES DIEUX DE RENOIR, Le Monde des Livres, 12 juillet 2002) 

126 - Un faux noir a vécu, un vrai noir surgit dans le débordement des couleurs. Quel nom, d'ailleurs, pour un peintre d'âge d'or de s'appeler Renoir. En lisant aujourd'hui ses lettres, ses propos, ses écrits, on est frappé par leur vivacité, leur intelligence, leur engagement radical. Les bourgeois de l'époque ne s'y sont pas trompés en criant au terrorisme, avant de céder devant l'offensive. Mais les petits-bourgeois actuels leur ressemblent par plus d'un côté. De l'académisme croûteux au modernisme décomposé, du puritanisme conventionnel à l'étalage de laideur pornographique, il n'y a qu'un pas, ou un siècle. Comme quoi le mauvais goût a la vie dure, ce qui est normal, puisque l'éternel désir de mort le produit.
(LES DIEUX DE RENOIR)   


125 - Les juifs étaient pourchassés; et dans les bombardements incessants observés par un enfant de sept ans depuis un jardin, dans un ciel en feu, un aviateur allemand partant en vrille sous le tir d'un Spitfire pouvait très bien avoir dans sa poche ce poème de Hölderlin. D'où ma décision, bien plus tard, de me faire enterrer dans l'île de Ré, comme j'en ai le droit familial, près du carré où reposent des aviateurs de la Royal Air Force, tombés là pour ma liberté.

(ILLUMINATIONS, éd. Robert Laffont, 2003) 


124 - Personnellement, je ne me lasse jamais de Vivaldi. J'ai même écrit qu'à mon enterrement j'aimerais qu'on en diffuse.

(Entretien avec Cecilia Bartoli, 27 février 2003, 16h, L’INFINI n°84, Automne 2003)


Renoir, la dormeuse, 1897.gif


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