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Publié le Samedi 06 janvier 2007
Par S.

131 - La question de la mort est essentielle : la mort n'est rien, mais pas du tout dans le sens actuel d'un violent déni de la mort. La pensée d'Epicure ne consiste jamais dans ce nihilisme-là : il est bien évident qu'oser dire que la mort n'est rien revient à y penser sans cesse. Ce n'est pas un refus ou une dénégation: au contraire, c'est à partir de là que le plaisir, en tant qu'il est un élément de la pensée elle-même, peut trouver son juste accord. Le plaisir s'enlève ainsi sur fond de précarité extrême de l'existence. C'est pour cela que, la vie étant courte, le Jardin est préférable à tout autre lieu. Je trouve cela sublime, les jardins ...
( ÉPICURE, Magazine littéraire n° 425, novembre 2003) 

130 - Epicure est le contraire de toute pornographie publicitaire, comme de toute emprise destructrice, névrotique, sur les corps. Insister sur le plaisir sans excès, sur le fait que la pensée s'accompagne toujours d'une réalisation physique, est extrêmement nécessaire puisqu'on vit aujourd'hui une évacuation brutale, une expropriation des corps. Il y a quelque chose dans l'humanité qui sécrète un rejet de l'accent mis sur le plaisir: prime à la souffrance, à la dépression, à la mélancolie, à la psychologie, etc.
( ÉPICURE ) 

129 - Cette inscription épicurienne en latin, si étrange, par laquelle le mort prend la parole NF. F. NS. NC. :" Je n'ai pas été, j'ai été, je ne suis pas, je ne m'en soucie pas." C'est une critique de toutes les conceptions religieuses qui font de la mort leur grand levier d'intervention. C'est la raison pour laquelle cette philosophie a toujours été combattue, assimilée à une porcherie, rejetée avec une extrême violence comme créant des individus libres, asociaux ...Le fait de construire des situations de retrait, idylliques, asociales, est considéré comme un blasphème fondamental.
( ÉPICURE, L’INFINI n° 86, Printemps 2004)  

128 - On crie encore, ici et là, à la censure contre la pornographie alors que la pornographie est devenue une industrie prospère coexistant avec le conformisme le plus écœurant. La censure, aujourd'hui, on sait bien sur quoi elle porte : la connaissance de l'histoire, des lettres, de la philosophie, de l'art, du goût. Quant aux religions, presque plus personne ne comprend exactement de quoi elles parlent, sauf quelques clichés qui surnagent sous forme de dévotions claniques coupées, pour l'immense majorité, de toute critique et de toute pensée ...Nous ne vivons pas le choc des civilisations ou des cultures, mais le choc des incultures revendiquées.
( LE VOILE ET LA FORËT, Le Monde, 28 juin 2003)     

Artaud, Rodez 1943-1946.gif

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