175 - Nietzsche est venu là pour dire quelque chose de très précis, à savoir que ce que l’on décrit comme un phénomène dépressif, nihiliste (n’employons pas trop ce mot, qui est mis à toutes les sauces), c’est tout simple : c’est le ressentiment, l’esprit de vengeance, y compris exercés contre soi. Il n’y a que ça : l’esprit de vengeance, « le ressentiment de la volonté, dit Nietzsche, contre le temps et son il était », formule que Heidegger, dans son Qu’appelle-t-on penser ?, au début des années cinquante, médite profondément – Heidegger qui signe la fin de la philosophie…
176 - Là est la maladie. Est-il possible d’en guérir ? Ah, ça ! La question se pose. Pour en guérir, il faudrait être en dehors de l’esprit de vengeance, par-delà le bien et le mal, question cruciale, et en quelque sorte par-delà la mort ; et en plus, si j’ose dire, par-delà la folie. Il n’y a plus ni bien ni mal ni mort ni folie. Mais la mort et la folie sont comme les colonnes du temple, la mort pour faire peur et la folie pour faire tenir tranquille dans l’espace servile d’une fausse raison, alors là, évidemment, la crise est majeure. Il faut d’ailleurs mettre ça en parallèle avec la question du calendrier, à savoir celui du Crucifié…, le calendrier grégorien, qui est aussi le calendrier économico-politique (celui que vous utilisez pour signer vos chèques). Nietzsche, lui, est révolutionnaire d’une façon beaucoup plus ample et à mon avis définitive, même si cela n’est pas compris, mais aucune importance, nous sortons de l’économico-politique. Pour quelle région ? Eh bien, le temps.







