|
<
|
Jui. 2008 |
|
| L |
M |
M |
J |
V |
S |
D |
| | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | | 28 | 29 | 30 | 31 | | | |
Noter ce blog :
2 connectés
24918 visiteurs
Ce blog est classé 1403ème
Score de ce blog : 4,02
Cadiou : Hegel : "ce qui est familier n'est pas pour autant connu."
marc : durant
un lecteur : cher sollers, j'aimerais que vous puissiez alimenter ce blog - le seul que je consulte - plus souvent. Bien à vous
|
Publié le Dimanche 23 mars 2008
Par S.
215 – L’amour se révèle en italien. Aimant Dieu, aimée de Dieu, aimantée par Dieu, choisissant les amants de Dieu, la musique est une réalité magnétique. L’âme de Dieu est mathématique, contrapuntique, harmonique et mélodique. Le diable, envieux et furieux, fait beaucoup de bruit autour pour empêcher qu’on l’entende. Dieu est amour (et humour), mais nous passons notre temps à l’alourdir, à le déformer et à l’oublier. Conséquence : peu de vraie musique. Ne dites pas que vous aimez Mozart, le « divin Mozart », si vous n’aimez pas l’âme de Dieu, son amour subtil, variable, complexe, joyeux, terrible ou doux, c’est-à-dire, simplement, la musique. 214 – « Je suis plus heureux lorsque j’ai à composer. C’est mon unique joie et ma Passion. » « Passion » est écrit en français.
213 – Baudelaire : « La musique vous parle de vous-même et vous raconte le poème de votre vie : elle s’incorpore à vous, et vous vous fondez en elle. Elle parle de votre passion, non pas de manière vague et indéfinie, mais d’une manière circonstanciée, positive, chaque mouvement du rythme marquant un mouvement connu de votre âme, chaque note se transformant en mot, et le poème entier entrant dans votre cerceau comme un dictionnaire doué de vie. »
212 – Il écrit en marchant, en observant, en écoutant, en chantonnant, en mangeant, en dormant, en se réveillant. Il rêve, il plane, il se pose, il lève la tête. Son énergie tranchante n’est jamais lourde, elle fouette, elle délie, elle relie. Les récitatifs de Mozart sont des merveilles. Il s’est transformé très tôt en clavier, il lui en faut un, de temps en temps, sous les doigts. Clavier tempéré ou brûlant, selon les minutes, les enchaînements. La musique n’est pas seulement par excellence l’art du temps, mais du temps dans le temps. Temps et Être. On a envie d’inventer ici le verbe temper, le contraire de temporiser (à moins d’entendre ce mot comme vaporiser). Si j’écoute au petit matin, à l’instant même, le quatuor pour piano en sol mineur K. 478 ou celui en mi bémol majeur K. 493, c’est-à-dire ces quasi quintettes fabuleux (un violon, deux altos, un violoncelle, un piano), c’est tout de suite l’allégresse ouverte, l’alerte, l’acuité aux quatre coins du paysage, plus la conscience impérative du sujet qui sait comment se jouer de lui-même et de l’autre. Impossible de ne pas penser ici aux lettres de Rimbaud de mai 1871, celles dites « du voyant » : « C’est faux de dire : Je pense : on devrait dire : On me pense. – Pardon du jeu de mots. ( MYSTÉRIEUX MOZART. Éditions Plon, 2001.)
|