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Publié le Dimanche 23 mars 2008
Par S.

215 – L’amour se révèle en italien. Aimant Dieu, aimée de Dieu, aimantée par Dieu, choisissant les amants de Dieu, la musique est une réalité magnétique. L’âme de Dieu est mathématique, contrapuntique, harmonique et mélodique. Le diable, envieux et furieux, fait beaucoup de bruit autour pour empêcher qu’on l’entende. Dieu est amour (et humour), mais nous passons notre temps à l’alourdir, à le déformer et à l’oublier. Conséquence : peu de vraie musique. Ne dites pas que vous aimez Mozart, le « divin Mozart », si vous n’aimez pas l’âme de Dieu, son amour subtil, variable, complexe, joyeux, terrible ou doux, c’est-à-dire, simplement, la musique.

 
214 – « Je suis plus heureux lorsque j’ai à composer. C’est mon unique joie et ma Passion. »
 « Passion » est écrit en français.

213 – Baudelaire : « La musique vous parle de vous-même et vous raconte le poème de votre vie : elle s’incorpore à vous, et vous vous fondez en elle. Elle parle de votre passion, non pas de manière vague et indéfinie, mais d’une manière circonstanciée, positive, chaque mouvement du rythme marquant un mouvement connu de votre âme, chaque note se transformant en mot, et le poème entier entrant dans votre cerceau comme un dictionnaire doué de vie. »
 


212 – Il écrit en marchant, en observant, en écoutant, en chantonnant, en mangeant, en dormant, en se réveillant. Il rêve, il plane, il se pose, il lève la tête. Son énergie tranchante n’est jamais lourde, elle fouette, elle délie, elle relie. Les récitatifs de Mozart sont des merveilles. Il s’est transformé très tôt en clavier, il lui en faut un, de temps en temps, sous les doigts. Clavier tempéré ou brûlant, selon les minutes, les enchaînements. La musique n’est pas seulement par excellence l’art du temps, mais du temps dans le temps. Temps et Être. On a envie d’inventer ici le verbe temper, le contraire de temporiser (à moins d’entendre ce mot comme vaporiser). Si j’écoute au petit matin, à l’instant même, le quatuor pour piano en sol mineur K. 478 ou celui en mi bémol majeur K. 493, c’est-à-dire ces quasi quintettes fabuleux (un violon, deux altos, un violoncelle, un piano), c’est tout de suite l’allégresse ouverte, l’alerte, l’acuité aux quatre coins du paysage, plus la conscience impérative du sujet qui sait comment se jouer de lui-même et de l’autre. Impossible de ne pas penser ici aux lettres de Rimbaud de mai 1871, celles dites « du voyant » : « C’est faux de dire : Je pense : on devrait dire : On me pense. – Pardon du jeu de mots.

( MYSTÉRIEUX MOZART. Éditions Plon, 2001.)
 


Benoît XVI 11/07/2007

filippino :
Maligajang pagkabuhay ni Kristo.


Les commentaires
Publié le Lundi 31 mars 2008
Par Moshé
Rencontre d'un pape, d'un piano et d'un radiateur.
Publié le Jeudi 03 avril 2008
Par antonysinek
Chaque époque a ses bovaries, ses prêtres et ses tartuffes. Son satyre.

La chrétienneté criminelle de Dostoievski contre celle de Casanova....

Je suis un rat rmiste, précaire, et joyeux, un rat de cité, un rat nourri de livres, dont les votres que j'ai en parti tous lu. Nos cités aux sexualités barbelées et intrusives, médicalisées et aux enjeux territorialisants ont hélas dressés leurs propres murs rejetant les Casanova d'aujourd'hui et autres Diogènes humeurs...Le slam gagnerait en goût et en texture si quelques uns de vos textes ou de vos pensées filaient dans nos brèches et fissures...car mai 68 c'est arrêté au pied de nos Hlm...la culture a ses imperméables!
Pour autant, rat consommateur que je suis, issu d'un milieu ouvrier et gavé à la télé perfusante, connaissant mal ma géographie, imaginant que la terre était bien plate, ce sont par les lectures de vos livres, que des nouvelles Amériques m'ont paru possibles...les murs avaient des horizons...Rimbaud...Proust...Pound...Cé line et Picasso...m'ont offert un nouveau corps...et mes canailleries ont depuis bien voyagé. J'aimerai réaliser avec mon collectif une performance dont l'idée serait d'introduire Casanova dans nos cités!!!

Amicalement.
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