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Publié le Vendredi 28 novembre 2008
Par S.

233 – Il ouvre un livre, s’arrête devant cette phrase : «  il vient un temps où le point de détour  principal est atteint ». (Seul, de nouveau. La ville après la pluie. Chantiers, martèlements, cris. Arbres des jardins, voix, moteurs. Matin oublié dans la série des jours, on dirait. Fenêtre ouverte, reflets. Vies dissimulées. Accentuation, Silence.) Et en effet le jeu s’est déplacé, a tourné. La brève lueur d’une vitre lui rend son rêve : une tempête claire, le vent et la vague de fond (bleue, irrésistible) qui emportait la maison, le calme revenu à l’horizon – mais il n’a pas sauvé ce qu’il aurait voulu : comment s’être trompé à ce point ? Il a perdu ce qu’il a écrit, sans recours. Ce qu’il a écrit est resté dans la mer. Au moment où il se décide à aller le rechercher, il s’éveille. C’est ici. Rien n’a commencé, à vrai dire. En face, le mur blanc est éclairé, comme chaque jour de soleil… Il ouvre un autre livre.
(DRAME. Éditions du Seuil, 1965)


SOLLERS,G.Nencioli, 1986



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