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Attention ! Tous les textes de ce blog sont la propriété des membres du Club "Sphère &Toile"
Publié le 03 juin 2006 à 12:05
Par Le Club "Sphère &Toile"



1) Qu'est-ce qui vous a poussé à créer ce blog ? Pourquoi ce pseudo ?


J'ai créé ce blog un peu par hasard, après ma découverte des MSN Spaces. J'ai trouvé intéressant l'idée de pouvoir laisser transparaître de nous uniquement ce que l'on voulait, et pouvoir dépasser ainsi la barrière des apparences en la détournant à notre avantage justement! Pouvoir contrôler l'image que l'on donne de soi (tout en restant sincère évidemment), quelle meilleure aubaine?! Un blog, malgré l'évident principe de confession, permet d'entretenir un peu de mystère autour de soi-même. Bref, on se met en scène, un peu comme au théâtre!
Le pseudo, lui, c'est grâce à ce film, Mulholland Drive. Pour la première fois, j'avais devant moi un film qui nous permettait d'entrer au plus profond de l'esprit d'un personnage, jusqu'à presque nous faire ressentir les conséquences physiques que les sentiments qui le triturent ont sur lui. Je me suis tellement identifiée à cette Diane Selwyn, que moi qui papillonnais de pseudos en pseudos d'ordinaire, je ne peux désormais plus en adopter un autre sans sentiment d'infidélité!

 
2) En parcourant vos lectures je note Ellis et Palahniuk, deux auteurs sombres et dérangeants, vous retrouvez-vous à travers leurs écrits ?


Enormément. Les personnages qui m'ont le plus touchée chez eux sont des personnages féminins. Lauren Hynde, dans "Les Lois de l'Attraction" d'Ellis, et Marla Singer dans "le Fight Club" de Palahniuk. Leur univers ultra-réel, presque même encrassé des produits de la société de consommation qui nous entoure, me paraît paradoxalement complètement détaché du nôtre et emprunts d'une touchante subjectivité.


 
3) Leur écriture est incisive et touchante à la fois, votre trait de caractère se rapproche t-il de ces deux termes ? Lequel plus que l'autre ?


Incisive, oui! J'en suis certaine.
Touchante? Je ne sais pas. Les autres sont plus aptes à répondre à cela, je pense. Incisive, c'est indéniablement moi, lol.

 
4) Le cinéma a une grande place dans votre vie, c'est ce que je ressens lorsque je visite votre blog ? Je note Lynch, Fincher, Van Sant et Dupontel, encore là, on retrouve cet univers hors du cliché commercial. C'est tout à votre honneur, que pensez-vous du cinéma tel que nous le vend les journaux ou la télé ?


J'en pense qu'il est nécessaire, sans doute. Beaucoup de gens ne partagent pas mes goûts et ça n'est sans doute pas pour ça que le leur est mauvais. Du moins, c'est ce que je me répète sans arrêt lorsque je vois paraître la copie de la copie de la copie du dernier film d'action qui ait marché. Je me force souvent à rester indifférente, et ne pas m'énerver devant Fast and Furious et autres films que je qualifie souvent de bêtises. Ca n'est pas mon goût, voilà tout.
  

5) Avez-vous réussi à faire de votre blog l'espace que vous vouliez en faire au départ ?


Oui! J'en suis très contente.

6) Sachant que la perfection n'existe pas ? Que manquerait-il à votre blog pour qu'il soit parfait ?


Beaucoup plus de musique. Toute celle qui me représente disponible sur mon blog pour illustrer mes humeurs!

7) Lorsque vous visitez les blogs qu'est-ce qui fait que vous n'y remettez plus les pieds, les doigts, la souris... les clics ?


Que les gens ne paraissent pas sincères et trop fiers d'eux. Ceux qui, à défaut de faire des listes de la musique qu'ils aiment ou autres films, livres, etc..., en construisent sur "la musique qu'il FAUT absolument écouter quand t'es un djeunz cool, quoi"

8) A l'inverse ce qui vous touche ?


La sincérité, et le mystère derrière une apparente confession. Est-ce vrai? Est-ce de la fiction? A-t-on affaire à un auteur manipulateur ou un timide insurgé?

9) Le manque d'inspiration, passage à vide... des termes qui vous inspirent de l'effroi ? 


Oui. J'ai le sentiment de n'être plus rien quand je n'ai rien à dire et que je me sens vide d'imagination. J'ai tellement l'impression que chaque texte que je produis est vain tant il est l'echo d'œuvres géniales produites bien avant...

10) Lorsque vous abandonnez l'espace de quelques jours, votre blog vous manque t-il et continuez-vous malgré tout d'errer sur vos fameux blog'art que vous aimez tant en guise d'inspiration ?


Il me manque, oui, et je parcours sans cesse mes blog'art. Celui de Manu Larcenet et de Boulet particulièrement. Mais une coupure est parfois nécessaire pour recharger sa verve.

11) Quelle est l'activité artistique dans laquelle vous vous sentez le plus à l'aise ?


L'écriture. Ca sort tout seul. Je ne retouche quasiment jamais rien. Hélas? lol
 Non, je n'arrive pas à changer quoi que ce soit.
 J'ai l'impression que c'est me violer. 

12) Parlez-nous de vos croquis que l'on aime à admirer dans votre album ?


Je les aime et les déteste à la fois. Je les aime parce que dessiner une belle femme que j'admire, c'est m'approprier un peu son physique. Et je les déteste parce qu'ils me rappellent que je n'ai pas le physique que j'aimerais avoir, et que je ne fais rien qui vienne de moi, que je ne fais que jouer les faussaires au lieu de créer. Seulement deux de ces portraits sont réalisés sans modèle.

13) Votre nouvelle "24" est plutôt sombre, il y a une désillusion touchante dans ce personnage, il vous ressemble ou ce n'est que de l'inspiration ?


Il me ressemble.
...
Trop.

14) Allez-vous continuer à nous en proposer d'autres, S.V.P, ne dites pas Non ?


Oui, j'en mets un en ligne juste après avoir répondu à cette interview !

15) La question que vous auriez aimé que je vous pose et sa réponse :
Aimez-vous qu'on vous vouvoie ?

Non ( ;-) )

16) Selon vous qui a dit ceci : "L'écriture a été pour moi un moyen de me faire accepter. Et je ne concevais pas de m'en servir comme d'une arme."


     _ Bret Easton Ellis
     _ Chuk Palahniuk
     _ Hubert Selby Jr

Chuk Palahniuk est le seul que l'on pourrait confondre avec un activiste je pense


Arto Joe :
Bonne réponse bravo ! Vous connaissez vos auteurs, cela fait plaisir.



17) M'accorderez-vous un prochain entretien ? Si non pourquoi ?

Avec joie !


Portrait chinois "si vous étiez" :

un film :
Mulholland Drive
un livre: American Psycho
une chanson: Somewhat Damaged (Nine Inch Nails)
un personnage historique: Jeanne d'Arc
un juron: Sainte merde !
une odeur: le musc blanc
une saison: l'été
un lieu : Los Angeles
un animal: un chat
un vêtement: un corset
un objet: un stylo
une arme: un fouet
une drogue: je ne serais pas


Questionnaire de Pivot :

Votre mot préférré:
chimère
Celui que vous détestez: capital
Votre source d'inspiration: la frustration
Ce qui vous répugne: les moutons de Panurge
Quel est le métier que vous auriez aimé exercer: actrice
Le métier qui vous débecte: commercial
L'arbre, la fleur, l'animal etc... dans lequel vous souhaitez vous réincarner: un percheron
Votre péché préféré: la gourmandise


[Le blog : "Voyage au centre de la tête"]


Propos recueillis par Arto Joe
Publié le 29 mai 2006 à 14:40
Par Le Club "Sphère &Toile"

"Inspiration des noms des personnages de Musset"


Perdican
: Camille, tu es décidément trop fantasque ! Tu ne peux écrire sur tout et n’importe quoi !


Camille
: Et s’il me plaît à moi d’être fantasque ? Tous les jours que notre Seigneur fait, je dois me faire encore plus petite que le précédent ! Bientôt mes genoux s’enfonceront dans le sol à force de me courber ! Toujours baisser la tête, laisser la tempête passer, me fondre dans la tige d’un roseau pour ne pas casser…ce n’est pas une vie lorsque l’on se sent plus qu’arbrisseau, Pascal avait tort !


Alors oui, je suis fantasque ! J’aime l’éphémère, j’abhorre le raisonnable. La vie, pour moi, est une immense aventure à côté de laquelle on passe à force de calculs. Et cette lamentable Raison fait plutôt notre malheur sous le masque qu’elle daigne nous montrer! Ma vie est rythmée de fantaisie et c’est ainsi que je la veux !
Comment peux tu vouloir enfermer l’eau vive sans qu’elle en devienne rance et croupie ? C’est impossible ! Trop de pression fait céder la pauvre digue que tu as vainement tenté de bâtir pour me canaliser selon tes envies et tes désirs ! Mais c’en est assez. Je veux vivre à la façon dont je le conçois et cesser d’amenuiser ma flamme pour te rassurer sans cesse comme une mère avec son enfant !


Perdican
: Je ne comprends pas un traître mot de ce que tu cries ! Allons, Camille, cesse de hurler ! Ce que tu dis ne tient pas debout ! Moi, vouloir te canaliser ? Moi, vouloir te brimer ? Alors que toi tu es la prunelle hardie de mes yeux, toi que je chéris plus que tout au monde ? C’est inimaginable ! Ressaisis-toi et ne me regarde pas de ces yeux assassins ! Allons Camille, te lasserais-tu de moi ? Sens-tu ton amour pour moi défaillir ? Est-ce pour cela que tu réagis comme une furie sur un mot comme fantasque ? J’ai dit cela sans y penser, pour rire…


Camille
: Perdican tu es un sot, si tu ne comprends pas ce que je te dis là !


Perdican
: Mais tu m’insultes en plus ! Camille modère ton langage ! Utilise un autre ton, je te prie ! Parlons en adultes !


Camille
: Et pourquoi utiliserais-je un autre langage ? Il faut bien appeler un chat un chat et un sot un sot ! Je te le dis franchement Perdican, sans colère. Ce ne sont pas des mots jetés en l’air, simplement lancés pour te blesser. Perdican, rassure-toi, je ne me lasse pas de notre amour. Je ne sens pas mon amour pour toi défaillir. Si je réagis ainsi, c’est que je suis à bout. Quand nous nous sommes rencontrés, j’étais un feu follet brûlant au rythme des saisons. Tu m’as apporté stabilité, la douceur d’un foyer humain, tes bras m’ont fait redescendre sur terre, je t’ai parfois ouvert le ciel et montré les étoiles. Aujourd’hui, mon feu est une étincelle, la voûte étoilée est devenue un toit de brique, la stabilité s’est muée en cage aux barreaux trop brillants. Je ne dois plus que me taire et mon chant ne peut plus passer mes lèvres. Sans ce feu intérieur je m’étiole. Perdican, ce que je te dis là est un appel au secours mais tu as si peu confiance en nous que tu t’aveugles et te persuade que c’est parce que je ne t’aime plus. Tu as tort Perdican, c’est bien au contraire parce que je t’aime que je t’ouvre mon cœur sur ces pensées secrètes.


Perdican
: Camille, tu ne me quitteras pas parce que je suis un idiot et toi une égoïste hein ?


Camille
: comment veux-tu que je te quitte, Perdican, alors que sans ton souffle je ne suis plus ? Je te demande simplement de me laisser un peu plus être moi-même. Ne deviens pas le corset de mon âme sous prétexte que ma fantaisie m’éloigne un peu de toi, que toutes mes heures ne te sont plus dévouées ! Perdican, nous sommes certes amants, amis, frère et sœur de cœur, mari et femme, cependant pour être complémentaires et apporter l’un à l’autre ce qui lui manque, il nous faut nécessairement être différents.


Perdican
: Alors, tu m’aimes toujours ?


Camille
: Perdican, ce n’est pas la question.


Perdican
: Mais si Camille, c’est la question, réponds-y !


Camille
: Perdican, si tu avais mieux prêté l’oreille à ce que je viens de te dire tu ne me poserais pas cette question !


Perdican
:
Mais tu ne vas pas me quitter ? Ne prends pas cet air courroucé, cela m’angoisse ! Camille, j’ai besoin que tu me répondes, que tu me rassures !


Camille
: Je crois que mes mots resteront éternellement vains. On ne change pas une pierre en miroir poli. Oui, Perdican, je t’aime et je reste avec toi, toujours. Arrêtons-là pour ce soir. Bonne nuit et fais de beaux rêves
.


Perdican
: Bonne nuit Camille. Je suis heureux que nous nous soyons réconciliés. Je ne supporte pas de dormir fâché.


Camille
: Moi aussi, Perdican, je suis heureuse que nous nous soyons « réconciliés »….



Auteur : Miss Margouillat

Publié le 29 mai 2006 à 14:31
Par Le Club "Sphère &Toile"

Qu’est-ce donc cet amour à jamais prisonnier ?

Et ces mots qui, toujours, m’empêchent de vivre.

A défaut de ton coeur vidé et fermé,

Ne me reste le vin qui, enfin, m’enivre.


Qu’est-ce donc cette vie à jamais prisonnière ?

Et ces bourreaux qui jouent de nos sorts

Comme celui de nos camarades qui jadis tombèrent.

Coule à flot la bière d’où j’en sors plus fort.


Qu’est-ce donc cet ami à jamais prisonnier ?

Et la mort qui à jamais a fait taire ses mots,

Spoliants, tranchants et toujours balancés,

Comme autant de whisky trinqués au bistrot.


Qu’est-ce donc cette idée à jamais prisonnière ?

L’utopie toujours cette folle utopie,

Dresse son drapeau vers toutes les mers,

Et dans mon poing serré m’abreuve l’eau de vie.




Auteur : Noti Léo

Publié le 17 mai 2006 à 16:10
Par Le Club "Sphère &Toile"

1ére Partie


Comparaison assassine. Elle a de grands yeux vert clair qu’on chanterait aisément. Imaginez une chanson rien que sur vos yeux ; de quoi réveiller le Narcisse qui est en vous. Ses sourcils arqués sont parfaitement dessinés, bruns comme ses cheveux. Chaque poil y est à sa place et se range aux côtés des autres pour surligner son regard en lui conférant une force de diablesse. Et puis son nez. Il tombe gracieusement au milieu de sa figure, droit comme le serait le roi des nez. Deux narines remontent vers les joues de façon harmonieuse, creusant deux petites zones d’ombre sur les ailes de ce nez qui t’énerve à force d’être parfait. En dessous vient une petite bouche expressive qui se tord sans jamais grimacer, comme le ferait celle d’un bambin. Les commissures tombent légèrement pour lui donner une petite moue boudeuse d’enfant espiègle. Sa peau a la texture de celle d’une pêche et aucune aspérité ne vient gâcher cette plaine sacrée. Elle est bronzée comme c’est pas permis. Au soleil, sa peau colore immédiatement, et à l’ombre, elle a la teinte ocre des terres vierges sur lesquelles se bâtissent des promesses de sensualité. Elle est mince. Ses épaules tombent gracieusement, et au milieu d’un buste fin se dressent deux seins ronds et fermes assez fiers pour se maintenir seuls sans l’aide des encombrantes pièces de tissus dans lesquelles on les enferme d’ordinaire.

Vous, vous faites de votre mieux. Pour sûr, vos yeux sont verts, mais d’un vert classique, qui n’inspire pas plus d’admiration que de chanson. Votre nez se trouve évidemment au milieu de votre visage, mais comme si il y avait été posé accidentellement, lâché au hasard et avachi sans bien savoir se tenir. Votre bouche est une sorte de support à ce nez trop grand, piédestal à ce monstre de chair qui l’éclipse et cache les soupçons d’expressions qu’elle arrive péniblement à former de ces deux lèvres fines. Quant à votre peau. Votre peau, c’est un tapis rugueux qui couvre les muscles trop saillants de votre visage. Région au relief incertain, jamais vraiment mate, dont les élans productifs de sébum lui permettent en quelque sorte de renvoyer la lumière, de façon exagérée cependant. En digne héritière de la peau de rousse de votre mère, vous arborez un teint d’une pâleur presque maladive parcouru de rougeurs dont les plus importantes s’étendent sur les joues. Là où d’autres ont bonne mine, vous, vous avez l’air d’être perpétuellement consumée par une chaleur étouffante. Cette tête mal assemblée se porte au bout d’un corps taillé dans la guimauve, mince mais portant encore les vestiges d’une adolescence rondelette. Comme votre nez, vos seins ont été posés là au hasard, l’un plus bas que l’autre, le plus gros d’ailleurs. Et vous cherchez à les faire oublier en rentrant les épaules, car si personne ne peut le remarquer, vous savez, vous, que votre mère les a négligés, comme pour se venger du fait que vous ayez déformé son ventre et ses hanches alors que vous attendiez de pouvoir vous extirper d’elle.

Vous êtes assises toutes les deux au comptoir et une bonne vingtaine de paire d’yeux sont tournées dans votre direction. Elle parle beaucoup, pouffe, s’esclaffe, rit, profite de l’instant. Elle ne se rend pas compte qu’on vous observe avec insistance, par ci, par là. Vous le savez, vous, même quand ça n’est pas le cas d’ailleurs. Vous vous sentez en perpétuelle représentation. Les hommes détaillent avec leurs yeux inquisiteurs. Ils déshabillent avec appétit et imaginent avec tant d’envie que le désir transpire sur leurs visages. Elle jette parfois quelques œillades, Elle repère. Vous, vous cherchez une connexion, une exception qui s’attarde sur vous, croiser un regard parce que vous avez besoin de vous rassurer. Pas parce que vous en avez vraiment envie mais que votre orgueil a l’esprit de compétition. La moisson vous en offre un bouquet de deux ou trois, tandis qu’Elle se dépêtre de tous ceux qui viennent d’accrocher à Elle.

Les filles regardent aussi. Des regards de savants fous, docteur es « mode et attitude », critiques et agressifs. Discrets dans l’être vraiment, ça doit les rassurer de vous déstabiliser. La délictueuse sera sévèrement jugée, la lauréate sévèrement enviée. Dans ces cas là, vous préférez vous considérer hors sujet.

Et dans cette toile tissée de multitude de regards, vous recherchez un chemin vierge et sûr pour vous reposer.

Vous êtes toutes les deux assises au comptoir et vous parlez beaucoup. Elle vous explique que vous êtes sa meilleure amie, qu’Elle ne saurait quoi faire sans vous. Elle parle plus que vous car Elle a plus de choses à raconter. Elle a vécu énormément plus de choses, Elle ne trimballe pas une malle entière de complexes qui ralentissent son train de vie. Celui-ci est fou amoureux d’Elle, dit-Elle ; celui-là l’agace à l’appeler sans arrêt ; un troisième est hyper sympa ; le quatrième baise mieux que les autres. Mais malgré eux, sans vous, Elle s’ennuierait. Elle ne pourrait rien partager, Elle adore quand vous la faites rire, Elle trouve votre sens de l’humour exceptionnel. Vous faites semblant de vous sentir bien dans votre peau, vous arrivez même presque à ne plus y penser. Tiens, Elle a un pantalon à vous donner ! A Elle, il ne lui va plus, Elle nage dedans. Malgré a petite, estocade, sans aucun doute involontaire, vous la remerciez de l’intention. Vous savez que dans un de ses vêtements, vous aurez l’impression de voler un peu de son aura.

Vous vous habituez à occuper l’échelon inférieur au sien, vous avez l’impression que, finalement, vous bénéficiez un peu de son charisme. C’est à vous qu’Elle parle, Elle vous associe à ses aventures, lorsqu’on la regarde, on vous regarde forcément un peu aussi. Toutes deux, vous vous amusez beaucoup, vous buvez, vous discutez, et c’est là qu’il entre en scène.
[...]/[...]


Auteur : Mulholland-Diane
Publié le 17 mai 2006 à 10:36
Par Le Club "Sphère &Toile"



A l’horizon le ciel, je l’imagine, s’incline et mon cœur crache dans mes veines le venin de mes souvenirs. Je ne vois qu’une raie de lumière osant s’aventurer dans cette cage, dévoilant la crasse qui entoure ma vie désormais.


Il va faire froid ce soir, comme hier et peut-être comme au premier jour dans cette cage. J’ai l’impression d’avoir toujours eu froid dans ma nouvelle demeure. Pourtant ce fut en plein milieu de l’été, la vie s’accélère toujours en été.


Surtout ne pas y penser, d’ailleurs, j’ai tout oublié.


Impossible de me souvenir, c’est une explosion douloureuse qui détonne dans mon crâne meurtrit.

Mais ce fut en été, de cela j’en suis persuadé.


J’ai perdu la notion du temps.

L'Homme a même réussit à un mettre un nom sur cette notion qui n'est ni plus ni moins que l'avancé vers sa propre fin. Il compte le temps des damnés d'avant lui et envisage même celui des pauvres gens à naître. L'Homme se confond tellement dans une recherche effrénée.
De quoi ? Personne ne le sait vraiment.
Peut-être est-ce l'immortalité ? 


Le temps pour moi n’est plus une référence désormais.

Et absence de temps est éternité, un éternel présent.

Rien de plus important que les courtes minutes d’illuminations que je savoure comme autant de perles éphémères.

Il m'a fallut fuir.
Fuir ma vie, mon passé et même mon futur car désormais je n'aurais plus de lendemains. Je me suis trouvé cette tanière perdu dans les bois entre deux flancs de montagnes. Résidences d'oiseaux pêcheurs, d'arbres résineux, de pierres volcaniques et de bestioles rampantes. 

J'observe ces deux versants montagneux qui un jour se rejoindrons peut-être. Et les images qui me viennent ne sont ni plus ni moins que l'extrapolation de ma condition mentale.  Je les imagines se refermer comme une énorme bouche m'avalant dans ce qui sera ma dernière demeure, les tréfonds de la terre. L'éternel nuit de l'enfer.  

Car le crime est un pêché.


Ma misérable demeure de feuillages et de branchages est exposée vers l’ouest, je ne profite guère des quelques minutes de soleil car il se couche tôt dans ce pays, surtout en cette période. A peine a t-il atteint son point culminant haut dans le ciel que le voilà qui sombre déjà dans un horizon rougeoyant. Ne me reste que quelques rayons rouges sanguins, habillant d’une couleur vive et fugitive le lit languissant de la rivière en contrebas. Extropolation du lit de mon amour ensanglanté.

 Vous comprenez ma fuite à présent. Vous comprenez mon immortalité.
L'extrapolation de mes demains qui jamais ne connaitrons le repos même au-delà de cette vie. Car l'on reçoit en retour d'un amour assassiné un éternel hiver de solitude. Une errance sans fin.

Pourquoi faut-il que les souvenirs soient aussi gris que les murs de nos prisons ?


Ce mélange de noir et blanc, deux extrémités en continuelle lutte.

Comme celle du bien contre le mal, de la lumière contre l’obscurité, de la vie contre la mort, de l’amour contre …… la mort, aussi.



Auteur : Arto Joe

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