Je te regarde cela fait bien dix minutes maintenant.
Auteur : Arto Joe
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Je te regarde cela fait bien dix minutes maintenant. Je me dis au fond de moi que cela fait assez longtemps que je ne t'avais regardé de la sorte. Inéluctablement ce serait ce soir. Tu m'effrais un peu je dois te l'avouer. Tu es si jolie encore. Ta beauté est de celle qui terrifie. D'ailleurs mes souvenirs font fondre le bloc de glace qu'était devenu ma mémoire et je revis la crainte que j'ai ressenti lors de notre rencontre. J'ai de nouveau peur. Tes yeux ouverts ne fixent rien de particulier, peut-être regardes-tu au-delà de la vie ? Tu sembles paisible. Ton visage est froid lorsque je lui offre un baiser. Tu ressembles à une statue de marbre avec tout le romantique que le tailleur aurait sculpté dans ta chair, j'aurais aimé être celui-là. Je m'étais réveillé car j'avais froid, tu n'étais plus à mes côtés voilà pourquoi. Je t'ai cherché de la main, du pied, du regard... désormais des souvenirs. Tes longs cheveux caressent ton corps et dansent autour de lui. Tes bras m'appellent mais ton coeur a renoncé à ces cris douloureux depuis longtemps déjà. Ouvert et même si l'on devine l'abandon dans le geste, c'est bien moi que tes bras réclament. Je reconnais à présent que je le scrute - tes contours, tes formes, ta peau, ta chair... - ton corps tout entier m'est fort désirable abandonné de la sorte. Une victime de l'amour et du désir. Il était délaissé encore hier et depuis combien de temps ? Tes jambes ne t'ont plus supportées, non par ton poids tu es si frêle et encore plus aujourd'hui mais le poids de ton âme qui était bien trop lourd pour ton enveloppe charnelle. Je le sais, je le savais... Mais avais-je un moyen quelconque de deviner que ce serait cette nuit que tu quitterais ces vêtements de cuir trop courts qui n'ont pu loger ton âme et ton amour... que ce serait cette nuit que tu quitterais cette vie si courte... Mon amour qui n'a cessé de voler dans tous les sens au gré des souffles d'Eros sans savoir exactement où se poser est épuisé. Désormais il se posera quelque part, un endroit où l'on ne cours plus où la stagnation est signe de toutes les fins... des désirs et des joies... sur ta tombe car il t'y a sans le vouloir précipité. Auteur : Arto Joe
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Publié le 17 mai 2006 à 10:36
Mais ce fut en été, de cela j’en suis persuadé.
L'Homme a même réussit à un mettre un nom sur cette notion qui n'est ni plus ni moins que l'avancé vers sa propre fin. Il compte le temps des damnés d'avant lui et envisage même celui des pauvres gens à naître. L'Homme se confond tellement dans une recherche effrénée.
Et absence de temps est éternité, un éternel présent. Rien de plus important que les courtes minutes d’illuminations que je savoure comme autant de perles éphémères. Il m'a fallut fuir. J'observe ces deux versants montagneux qui un jour se rejoindrons peut-être. Et les images qui me viennent ne sont ni plus ni moins que l'extrapolation de ma condition mentale. Je les imagines se refermer comme une énorme bouche m'avalant dans ce qui sera ma dernière demeure, les tréfonds de la terre. L'éternel nuit de l'enfer. Car le crime est un pêché.
Comme celle du bien contre le mal, de la lumière contre l’obscurité, de la vie contre la mort, de l’amour contre …… la mort, aussi.
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