Sous le ciel d’un soir de mai je fais danser la plume au rythme d’une valse orchestrée par une flamme espiègle. Tandis que la rivière déverse son flot de légende dans un bruissement indolent, les grillons dispensent aux étoiles naissantes leurs suppliques singulières.
Tout n’est que quiétude que vient à peine troubler les dernières notes semées par un oiseau tardif.
Les grillons appellent la lune. Ils veulent lui chanter leur tristesse d’être condamnés à vivre si près du sol, eux qui aspiraient aux libertés aériennes les plus enfiévrées. Pourquoi ne pas leur avoir donné d’ailes ? Qu’il aurait été bon de s’engouffrer dans les vents de sauter de nuages en nuages d’explorer le ciel comme on le ferait d’un interminable jardin avec ses massifs de cumulo-nimbus ses parterres de stratus en dansant dans les bourrasques. Que le grillon aurait aimer chanter, si haut que même les étoiles auraient pu goûter ces mélodies là.
Mais il reste malheureux en sautillant pitoyablement dans les prés au milieu des touffes d’herbes sous les trèfles, parmi les limaces et les fourmis.
Avec leur belle musique, ils auraient mérité de jouer en assemblée sur un promontoire d’où il leur aurait été possible de saluer un public à l’apogée de son plaisir.
Quels fols espoirs nourrissent les grillons.C’est leur élytre distinguées qu’ils veulent troquer contre quelques paires d’ailes fragiles et encombrante. Ainsi équipés, ils auraient pu filer au dessus des prairies odorantes, jouer le long des ruisseaux ou s’égarer en bourdonnant dans les dédales forestiers. Mais qu’en aurait il été de votre champs mélancolique mes chers grillons. Penser vous que tout cela vaille le risque de se faire happer en plein vol, en guise de déjeuner, par une hirondelle ou un merle alors qu’a l’abri dans vos palais de fougères où de pâquerette personne ne vous pendra pour son déjeuner.
Ne jalousez, ni l’abeille docile ni le scarabée indolent. Contentez vous au crépuscule de leur offrir la douceur d’un concert comme un baume sur les douleur de leur quotidien.
