Le Sable d'étoile
Le long chemin lézarde entre les rochers ocres; son pavage d'un blanc limpide jure étrangement avec les indéfinissables convulsion du ciel électrique qui grésille au dessus de nos têtes. Bien que j'y soit né cet endroit respire pour moi un mystère inquiétant, et ni les discours des prêtres, ni l'omniprésence féroce des Archanges ne parviennent à museler mes interrogations. C'est pour cela qu'aujourd'hui j'ai décidé de m'engager.
Dans quelques jours je ferai mes adieux à mon père et à mes frères. Les Escadrons extérieurs ont un office juste à l'entrée des manufactures. Tous les jours après avoir fini le travail je restais de longues minute à contempler les miniatures volumiques représentant les d'escadrons dans leur sainte missions de sauvegarde de nos cités.
Mon casque est cassé; s'il est hermétique j'aurais encore assez d'oxygène pour quelques heures mais les dispositifs de communications sont hors service. Ma jambe me fait mal je crois qu'elle est brisée, qu'importe je doit rejoindre le dernier véhicule avant d'être broyé par la pesanteur. Je n'entend rien depuis les premiers instant de la bataille, pourtant ma tête résonne encore des fracas furieux des assauts de l'ennemi sur nos boucliers, j'entends encore les cris des mes compagnons tombés, perforés, écrasés, déchiquetés, leur agonie silencieuse dans ce tournoiement de poussière consume ce qui reste de courage dans mon coeur fait couler les dernières larmes,; mon corps est aussi sec que mon âme.
Le ciel est noir; pas un noir rougeoyant comme au dessus des cités-dômes, non, d'un beau noir profond parsemé de petits point lumineux certains vacillant comme des bougies dans le vent. Le thermomètre extérieur indique des températures effrayante, sur le sol les dépouilles de mes camarades se sont affaissé et sont désormais couvertes d'une couche de glace. Malgré toute l'horreur de cette scène, malgré la douleur qui me perfore la jambe, malgré le mince espoir qu'il me reste de voir le prochain lever de soleils, je ne peux m'empêcher de goûter au bonheur de voir, ce je pense aucun de mes congénères n'a pu déjà voir: le ciel extérieur de nuit. Mon regard se perd dans la profondeur de cet à plat d'obscurité et en se dispersant au gré des petites lumières mon esprit est englouti par la fatigue.
L'archange est au dessus de moi, la mine sévère il croit que je ne le voit pas mes yeux sont fermés mais pourtant je sens sa colère sa haine et sa fureur, il tourne un peu semble hésiter s'approche se rétracte revient puis finalement disparaît dan un sifflement furieux. Par une ouverture dans le mur j'entends monter la rumeur de la rue, les clameurs des marchands le roulement des charrettes la multitude de pépiement qui s'amasse dans mes oreilles jusqu'à former une bouillie complètement indigeste. Alors je me rendors.
Notre monde est un mystère. Non! Pire que ça un mensonge une accumulation d'aberration auxquelles nul ne peut se soustraire. Des hommes qui vivent confinés dans des jardins au ciel incolore. Pas transparent mais bel et bien d'aucune couleur qu'il me soit donné de définir.
