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Marseillaise sifflée : toute une histoire, des histoires
Pas la peine de revenir sur les faits, ils sont connus : mais l’événement mérite que l’on s’y attarde sous l’angle du storytelling (les histoires, expériences vécues que l’on raconte pour comprendre et/ou convaincre : voir http://blog.ifrance.com/storytelling).
D’abord les réactions politiques : indignation et condamnations légitimes au rendez-vous, sous une forme des plus classiques. Et décisions dans la foulée, en urgence. Pas de storytelling. Une histoire aurait pourtant pu être mise en avant : celle du président de
Mais c’est du côté des « siffleurs » que le storytelling fait ici le plus preuve de son utilité. Car, derrière l’acte de siffler, il n’y a pas seulement la bêtise de quelques uns, ou le fait de s’être laissé emporter par l’excitation du match. Il y a surtout des histoires, de mal-être, parfois de jeunes d’origine maghrébine, parfois de spectateurs dénués de tout lien avec le Maghreb, mais frustrés, déçus par l’absence de perspectives d’amélioration de leur vie, frustration dont le coupable tout désigné pourrait bien être cette Nation narquoise avec son hymne. Les sifflements seraient donc une manifestation publique de ces histoires qui ne s’expriment autrement qu’en cercle fermé -familial, amical- lorsqu’elles s’expriment.
Il y a ici une place pour le storytelling. Ces histoires doivent pouvoir s’exprimer au grand jour, non pas pour « libérer » ceux qui les vivent, mais pour les examiner, en identifier les grandes caractéristiques, en tirer du sens, et se servir de ces enseignements pour agir. Des études de toutes sortes ont déjà été faites pour servir à la prise de décision par nos gouvernants, aucun travail n’a par contre été fait sur les histoires, et surtout en associant pleinement ceux qui les vivent à la démarche.
C’est là que le storytelling peut apporter toute son utilité.







