Mardi 24 octobre 2006
J’ai toujours eu du mal avec les transports en commun. En fait, plus avec le « commun » qu’avec les transports… Ce n’est pas ma petite aventure de cet après-midi qui va m’aider à vaincre cette appréhension !
J’étais dans le train, pour rentrer dans ma cambrousse. Fermement calé dans ce train bondé entre une grosse dame qui parlait toute seule, un jeune rebelle qui avait décidé de faire profiter tout le monde de sa musique en mettant son lecteur mp3 à fond, et, enfin et surtout, avec un charmant vieux monsieur.
Ce personnage n’arrêtait pas de sourire et de baver (oui, vous avez bien lu, de baver !). Et puis l’odeur… L’odeur des vieux, je m’y suis fait, mais là c’était plus une odeur de vieux caca… Bref, il y a des gens qui mangent, je vais donc passer sur les détails scabreux ! Et il semblait avoir besoin d’attention. Face à cet entourage un peu « particulier », j’ai décidé d’utiliser une méthode qui a toujours marché : règle 1 : faire comme si rien n’arrive vraiment. C’est le problème de quelqu’un d’autre, et si tu gardes la tête baissée suffisamment longtemps, ça finira par passer. En gros, je décidais de vivre ça comme une expérience extracorporelle, parce que sinon je n’aurais pas tenu trente secondes dans ce train.
Je jure qu’encore un peu et je me mettais à prier, c’est dire ! Et voilà le vieux bavant qui commence à vouloir me parler (je n’ai pas compris, je ne parle pas le vieux…). Mais j’ai tenu bon, et je n’ai rien répondu du tout. Il a enfin compris, et là il a fait un truc horrible : il a sorti son dentier tout cracra (en plus il y avait un filet de salive qui dégoulinait…) et il l’a regardé fixement. J’avais à la fois envie de vomir et pitié pour lui… Mais je me suis rappelé à moi-même que ce n’était pas en train d’arriver, que c’était juste une expérience extracorporelle.
« Et pourquoi n’ai-je pas pris le taxi ? » criai-je intérieurement ? « Parce que tu es fauché, que tu as un découvert de la taille d’une hypothèque, et que tu essayes d’apaiser ta culpabilité » me répondis-je…
Donc en rentrant à la maison, j’étais content, mais je me demande encore si je vais sortir demain ou si je suis en train de devenir agoraphobe…
Bonne soirée les enfants !
