Je suis gros, je suis moche, il faut ABSOLUMENT que cette situation cesse, me suis-je dit ce matin en tombant devant ma glace...
La chirurgie esthetique, pourquoi pas, mais je n'ai même pas de quoi m'acheter un costume Thierry Mugler, alors me faire une abdoplastie, bof bof, je ne suis pas absolument certain que ma banquière accepte...
La solution semblait s'imoser d'elle même : il faut que tu ailles chez le coiffeur, c'est une nécessité absolue. Oui, mais voilà, mon expérience personnelle m'amène à apporter un bémol. Comme, en plus, ça m permet de meubler un peu (pas de malheur aujourd'hui, à 17h...) je vais vous raconter mon histoire.
C'était un samedi,en 2004, il était environ quinze heures, et j'avais une soirée de gala extrèmement importante pour la survie de ma vie sociale en devenir. Je m'étais dit "bon, mon petit, il va falloir faire quelque chose avec cette coiffure". Et je ne voulai pas me rendre chez mon coiffeur habituel, je voulais quelque chose de "spécial". Donc je me suis rendu chez le Coiffirst près de la place des Tripiers. Vous êtes déjà venu chez nous, me demande le coiffeur ? Non, Monsieur, d'habitude je vais rue des juifs... Noooooooon ! Gémirent le coiffeur (qui s'appellait Stéph) et les trois folles à ses côtés, avec des yeux exhorbités, comme si ils n'allaient jamais s'en remettre.

En plus il fallait voir le look du salon, d'un kitsch absolu ! En plus je déteste me faire couper les cheveux, me faire toucher, d'ailleurs... Quand ça arrive, d'habitude, je préfère que ce soit vite fait, et pas trop cher. Au moins, si la coupe est ratée, on n'est pas trop déçu.
Et puis là, il a touché mes cheveux... Un peu comme si c'était un déchet nucléaire, du bout des doigts, en faisant "mmmm, mmmmm, oui, mmm, je vois, on pourrait couper un peu les côtés, déstructurer la masse, et puis couper ces trucs" (eh, ducon, ces "trucs", comme tu dis, c'est mes cheveux ! "Allez, go ! go go ! les filles" a-t-il ajouté aux garçons qui allaient m'exécuter. Ils avaient l'air content, puisqu'ils se sont mis à faire "glouglouglou" comme un troupeau de dindes...
Avant de me laisser au shampoing, une dame m'a certifié "les produits sont 100% naturels, pas de tests sur les animaux". Bon point, me suis-je dit. Et puis le shampoing ! Le jeune aui y était préposé ne devait pas avoir été payé, ou alors il me détesté, mais il m'a cogné la nuque contre la vasque, et il m'a littéralement ébouillanté. Et il m'a frotté et gratté le crâne à vif et à sang, avec ce shampoing qu'on avait même pas jugé digne de tester sur un rat de labo. Et ça puait COMME du rat en bouteille. Alors j'ai deviné : il ne l'avaient pas testé sur les rats, parce qu'ils les avaient directement transformés en shampoing !
Bref, je me suis dit un instant que j'étais tombé dans un club pour adulte où les gros messieurs payent pour se faire fouetter et pisser dessus. Je n'avais qu'une envie : qu'on en finisse !
Et le coiffeur m'a annoncé le verdict : j'ai peur du changement, et il faut que je renaisse (rebirth). Fini les cheveux ternes et plats, FI-NI ! On va vous faire un nouveau vous. L'ancien vous est mort, m'a-t-il dit (ou un truc dans le genre). Et dans ma tête, mon cerveau disait : Non ! non ! non ! Et puis les autres sont arrivés (non mais, y'a pas d'autres personnes à torturer ?), comme des jurés citoyens qui vont rendre leur verdict.
Et là, pendant la demi-heure qui a suivi, je suis passé de la conscience au coma, avec mon téléphone qui n'arrêtait pqs de sonner (c'était Alex qui m'attendait depuis une heure). Et le résultat fu au rendez-vous. L'ancien moi était en pièce. Mais le nouveau moi ressemblait à un vieux truc crevé, ou à un résultat de vingt ans de Tchernobyl. Ce n'était pas coupé à la même longueur partout ! Non, mais il aurait fallu que je me pince pour y croire !
J'adooooore ça, qu'il m'a dit, le boy qui était à côté. Oui, exactement, "ça", c'était le mot qui convenait ! Et moi je pensais "mon Dieu, pourquoi tant de haine ???" et "on se reverra au tribunal".
"C'est tellement... c'est..." je n'arrivais pas à aligner mes mots, tellement j'avais envie de pleurer. Et là, le coup de grâce : "c'est grunge" qu'il m'a dit. Grunge ? Mais le grunge est mort et enterré depuis bien dix ans !!!! Putain, l'enfoiré, il m'a transformé en survivant d'une espèce en voie d'extinction !
Au moment de payer (pratiquement 120 euros, quand même...), il m'a demandé comment je me sentais avec cette coupe ! Il avait osé ! Je lui ai lancé mon regard glacial n°1. et je lui ai dit que les mots ne pourraient pas dignement exprimer ce que je ressentais...
Quand Alex m'a vu, il n'a même pas ri, il m'a juste dit "oh mon Dieu, qu'est-ce que t'as fait" ? Et on est allés chez Terre de Mienne, le coiffeur d'à côté, qui m'a presque rasé les cheveux !
Du coup, j'hésite beaucoup à aller faire une chose que je pourrais regretter amèrement, alors que je dois voir Julie et passer, normalement, une bonne soirée.
A demain !
La chirurgie esthetique, pourquoi pas, mais je n'ai même pas de quoi m'acheter un costume Thierry Mugler, alors me faire une abdoplastie, bof bof, je ne suis pas absolument certain que ma banquière accepte...
La solution semblait s'imoser d'elle même : il faut que tu ailles chez le coiffeur, c'est une nécessité absolue. Oui, mais voilà, mon expérience personnelle m'amène à apporter un bémol. Comme, en plus, ça m permet de meubler un peu (pas de malheur aujourd'hui, à 17h...) je vais vous raconter mon histoire.
C'était un samedi,en 2004, il était environ quinze heures, et j'avais une soirée de gala extrèmement importante pour la survie de ma vie sociale en devenir. Je m'étais dit "bon, mon petit, il va falloir faire quelque chose avec cette coiffure". Et je ne voulai pas me rendre chez mon coiffeur habituel, je voulais quelque chose de "spécial". Donc je me suis rendu chez le Coiffirst près de la place des Tripiers. Vous êtes déjà venu chez nous, me demande le coiffeur ? Non, Monsieur, d'habitude je vais rue des juifs... Noooooooon ! Gémirent le coiffeur (qui s'appellait Stéph) et les trois folles à ses côtés, avec des yeux exhorbités, comme si ils n'allaient jamais s'en remettre.

En plus il fallait voir le look du salon, d'un kitsch absolu ! En plus je déteste me faire couper les cheveux, me faire toucher, d'ailleurs... Quand ça arrive, d'habitude, je préfère que ce soit vite fait, et pas trop cher. Au moins, si la coupe est ratée, on n'est pas trop déçu.
Et puis là, il a touché mes cheveux... Un peu comme si c'était un déchet nucléaire, du bout des doigts, en faisant "mmmm, mmmmm, oui, mmm, je vois, on pourrait couper un peu les côtés, déstructurer la masse, et puis couper ces trucs" (eh, ducon, ces "trucs", comme tu dis, c'est mes cheveux ! "Allez, go ! go go ! les filles" a-t-il ajouté aux garçons qui allaient m'exécuter. Ils avaient l'air content, puisqu'ils se sont mis à faire "glouglouglou" comme un troupeau de dindes...
Avant de me laisser au shampoing, une dame m'a certifié "les produits sont 100% naturels, pas de tests sur les animaux". Bon point, me suis-je dit. Et puis le shampoing ! Le jeune aui y était préposé ne devait pas avoir été payé, ou alors il me détesté, mais il m'a cogné la nuque contre la vasque, et il m'a littéralement ébouillanté. Et il m'a frotté et gratté le crâne à vif et à sang, avec ce shampoing qu'on avait même pas jugé digne de tester sur un rat de labo. Et ça puait COMME du rat en bouteille. Alors j'ai deviné : il ne l'avaient pas testé sur les rats, parce qu'ils les avaient directement transformés en shampoing !
Bref, je me suis dit un instant que j'étais tombé dans un club pour adulte où les gros messieurs payent pour se faire fouetter et pisser dessus. Je n'avais qu'une envie : qu'on en finisse !
Et le coiffeur m'a annoncé le verdict : j'ai peur du changement, et il faut que je renaisse (rebirth). Fini les cheveux ternes et plats, FI-NI ! On va vous faire un nouveau vous. L'ancien vous est mort, m'a-t-il dit (ou un truc dans le genre). Et dans ma tête, mon cerveau disait : Non ! non ! non ! Et puis les autres sont arrivés (non mais, y'a pas d'autres personnes à torturer ?), comme des jurés citoyens qui vont rendre leur verdict.
Et là, pendant la demi-heure qui a suivi, je suis passé de la conscience au coma, avec mon téléphone qui n'arrêtait pqs de sonner (c'était Alex qui m'attendait depuis une heure). Et le résultat fu au rendez-vous. L'ancien moi était en pièce. Mais le nouveau moi ressemblait à un vieux truc crevé, ou à un résultat de vingt ans de Tchernobyl. Ce n'était pas coupé à la même longueur partout ! Non, mais il aurait fallu que je me pince pour y croire !
J'adooooore ça, qu'il m'a dit, le boy qui était à côté. Oui, exactement, "ça", c'était le mot qui convenait ! Et moi je pensais "mon Dieu, pourquoi tant de haine ???" et "on se reverra au tribunal".
"C'est tellement... c'est..." je n'arrivais pas à aligner mes mots, tellement j'avais envie de pleurer. Et là, le coup de grâce : "c'est grunge" qu'il m'a dit. Grunge ? Mais le grunge est mort et enterré depuis bien dix ans !!!! Putain, l'enfoiré, il m'a transformé en survivant d'une espèce en voie d'extinction !
Au moment de payer (pratiquement 120 euros, quand même...), il m'a demandé comment je me sentais avec cette coupe ! Il avait osé ! Je lui ai lancé mon regard glacial n°1. et je lui ai dit que les mots ne pourraient pas dignement exprimer ce que je ressentais...
Quand Alex m'a vu, il n'a même pas ri, il m'a juste dit "oh mon Dieu, qu'est-ce que t'as fait" ? Et on est allés chez Terre de Mienne, le coiffeur d'à côté, qui m'a presque rasé les cheveux !
Du coup, j'hésite beaucoup à aller faire une chose que je pourrais regretter amèrement, alors que je dois voir Julie et passer, normalement, une bonne soirée.
A demain !
