Messieurs et chers amis,
Suite à votre questionnaire, je tiens à vous répondre non pas de façon électoraliste, ce que font la plupart des candidats, mais en vous exposant tout simplement quelles sont mes idées sur le drame que vous avez vécu, et mes positions constantes depuis la fin de ce qui fut appelé « la guerre d’Algérie ».
J’emploie ce terme, car il fut utilisé officiellement par le parlement en 1999, bien qu’à mes yeux ces « évènements » qui se sont déroulés sur le territoire de départements sous souveraineté française, n’ont jamais opposé ni deux peuples, ni deux Etats.
Je tiens en tout premier lieu à vous dire que je n’accepterai jamais la date du 19 mars 1962 pour commémorer la soi disant fin de ce drame.
J’exigerai que vous, les homme de nos troupes supplétives, plus communément dénommés harkis, puissiez bénéficier des avantages prévues par les accords d’Evian, que le FLN n’a jamais respectés, ainsi que du droit de retourner, si vous le désirez, visiter vos villages, vos régions de naissance, et revoir vos familles ou malheureusement, ce qu’il en reste.
Je n’oublierai pas que cet exode vous a été imposé par décision politique personnelle du général De Gaulle, alors que l’armée française n’avait pas perdu la guerre, bien au contraire, et que vous, les musulmans fidèles, présents au combat dans notre armée, étiez dix fois supérieurs à ce qu’alignait le FLN en Algérie, en Tunisie et au Maroc.
Beaucoup d’hommes politiques essaient de faire en sorte que certains faits historiques marquants soient oubliés, tant d’un point de vue moral qu’historique ; la fin honteuse de la guerre d’Algérie fait partie de cette catégorie d’évènements, car il vous a contraint à vous replier sur le sol métropolitain dans des circonstances dramatiques.
Je ferai en sorte que toute la vérité soit dite, écrite et diffusée, afin que les gouvernements responsables et les hommes aux ordres portent toute la charge de leur honte, de leur déshonneur et de leur trahison en ce qui concerne l’abandon des harkis, trompés, désarmés, trahis et parfois livrés à l’ennemi par les services de l’Etat Français.
Je connais ce que fut votre accueil en métropole, dans des conditions difficiles (loger sous des tentes, sans chauffage ni sanitaires). Votre déracinement a entraîné pour vous tous de graves difficultés d’insertion économique et sociale.
Plus de quarante ans après ce repliement, et malgré bon nombre de petites mesures, à la détresse matérielle s’est ajoutée une profonde détresse morale particulièrement mal vécue, même s’il y eut une mini reconnaissance verbale et financière. Rien n’a été totalement réglé et nul n’a empêché les assassins d’hier et leurs complices métropolitains de pavoiser et d’écrire l’histoire de façon mensongère…
Le gouvernement que je nommerai aura par la suite pour principale mission d’adopter une loi circonstancielle qui affirmera la reconnaissance officielle de la responsabilité de l’Etat dans votre drame.
Je ferai mettre en place une fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et ferai mener à bien, une fois pour toutes, les enquêtes nécessaires pour connaître enfin le sort réel de nos malheureux concitoyens, chrétiens, juifs ou musulmans, disparus en 1962.
Malheureusement, les années ayant passé, certains de vos problèmes sont aujourd’hui vieux de près de cinquante ans.
A la différence de Jacques Chirac qui vous a « divisé pour régner », je m’efforcerai de vous aider à vous regrouper pour que la force que vous représentez vous permette enfin de faire entendre votre voix qui est celle de l’honneur, du respect de la parole donnée et de l’attachement à la France.
C’est pourquoi je veillerai tout particulièrement à ce que ce qui n’a pas été fait pour les parents, soit entrepris pour les enfants, voire les petits enfants.
Je ferai revoir les problèmes de bourses scolaires, de formation, d’apprentissage dans le cadre que je défends depuis toujours, à savoir la préférence nationale qui doit être assurée à tous les Français, quelle que soit leur race ou leur religion… mais Français.
Vous, vous l’êtes, par le choix et par le sang versé. Je ne l’oublierai jamais. Je me pencherai donc sur les problèmes de nationalité, afin que cessent les multiples tracasseries administratives dont vous êtes l’objet pour obtenir vos documents d’état civil, ce qui vous oblige aujourd’hui, de multiples fois, à devoir prouver inlassablement votre nationalité, ce qui est honteux !
Je ferai sanctionner :
- Toute injure envers des citoyens ayant respecté la constitution et défendu l’intégrité du territoire national de 1954 à 1968.
- Toute apologie des terroristes, de leurs complices, des crimes et tortures commis contres ceux qui se sont opposés à l’abandon de l’Algérie française et du Sahara.
Je ferai compléter la loi du 23 février 2005, par l’extension des droits moraux à tous les Français qui, dans les formations supplétives ou assimilées, ont défendu l’intégrité du territoire national.
Je favoriserai par tous les moyens le souvenir de l’Armée d’Afrique, et de ses sacrifices, afin de faire connaître à la jeunesse de France sa diversité cimentée par une exemplaire fraternité d’armes.
Pour que cette jeunesse connaisse enfin l’exacte vérité, je ferai mettre en place un centre national où seront rassemblées les archives officielles, documents, ouvrages, tableaux, films, photographies, dans un lieu de recherche et de création, contribuant notamment à sauvegarder la culture algérianiste et à la faire vivre.
J’adhérerai au projet de mémorial dédié à la France dans son expansion outre-mer, accordant une part importante à l’Afrique du Nord, et notamment à l’Algérie ; alors que s’intensifie la campagne de dénigrement systématique contre l’œuvre accomplie outre-mer par notre pays, le rôle de l’enseignement est d’apporter en la matière équilibre et objectivité. Or, l’étude des manuels scolaires actuels fait apparaître des lacunes graves, des contre-vérités flagrantes, des mensonges éhontés, et oublie totalement vos combats au service exclusif de la France, votre abandon et vos dizaines de milliers de morts.
La victoire militaire en Algérie contre l’ensemble de la rébellion, tout comme la victoire dans la bataille d’Alger, sont bien entendu occultées, ainsi que les crimes abominables du FLN. Par contre, les manifestations du 17 octobre 1961 à Paris et de la station de métro Charonne en février 1962 retiennent toute l’attention. Pourtant, nulle part il n’est fait allusion à la directive secrète du Ministre Louis Joxe, interdisant d’embarquer les harkis vers la métropole avec pour terrible conséquence les massacres de masse qui ont suivi et vous ont décimés. Oubliés aussi le 26 mars 1962 à Alger, les massacres du 5 juillet 1962 à Oran, les enlèvements, les disparitions, y compris de ceux des vôtres, tout au long de cette terrible année.
Je donnerai ordre pour que par des méthodes modernes existant aujourd’hui, toutes les archives d’Algérie soient accessibles en métropole. Cela permettrait non seulement que vous puissiez les consulter, mais aussi viserait à l’écriture objective d’une part essentielle de l’histoire de France depuis la conquête de l’Algérie, jusqu’à l’abandon gaulliste.
Amis musulmans, anciens de l’armée française, à vos côtés hier sous nos drapeaux et nos étendards, je reste avec vous aujourd’hui dans le seul respect de la patrie française, de ses héros et de ses morts, qu’ils aient été juifs, chrétiens ou comme vous musulmans.
Je veux rendre à la France son honneur, son prestige et sa foi !
Rejoignez-moi dans ce combat, je ne vous trahirai jamais.
Jean-Marie LE PEN

Jean-Marie Le Pen était l'invité de l'émission "Question ouverte".
Jean-Marie Le Pen était l'invité d'Itélévision
Jean-Marie Le Pen était l'invité de "France Europe Express"
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