Percée.
Ta parole d'eau s'use au lisse des galets. Je respire ses vapeurs de sel et d'iode qui m'éveillent et me font comme un son long et fixe dans la poitrine. Tes yeux d'îles seules percent mes cieux. Je te découvre presqu'aussi nue que ton âge. Tes regards lointains tressent du bleu autour des
nuages.
Ta mémoire te harcèle. Tu m'en livres que des parcelles crues. Je les mange mot à mot et mon temps change d'axe. Dans le lit du champs ouvert, je vois tes lèvres par à l'envers. Je meurs à tout vouloir savoir plus. Tu te joues du mystère qui devient ton évidence-là entre mes bras, fugitive et souffrante. Et moi je reste là, plein et pourtant troué comme ce
rocher.
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