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Publié le 24/09/2009 à 10:54
Par valleresentouraine
Désolé, mais le capitalisme n’est toujours pas mort…Charles Wyplosz 21 Septembre 2009Mais que s’est-il passé depuis le sommet de la crise financière ? Rappelez-vous. La faillite d’un des fleurons de Wall Street, Lehman Brothers, suivie d’une panique comme on n’en avait pas vue depuis 1929. Des injections publiques de plusieurs centaines de milliards d’euros dans les plus grandes maisons de la finance aux États-Unis, mais aussi en Europe. Des quasi-nationalisations à New York et Londres ! Tout ceci, bien sûr, a été suivi par une récession mondiale dont on n’a pas fini de mesurer les dégâts. Un événement historique, mais quelles conséquences ?
C’est peut-être cruel, mais inévitable, de commencer par quelques citations qui datent de l’an dernier. À tout seigneur, tout honneur. Le 28 septembre 2008 à Toulon, Nicolas Sarkozy déclarait « la fin d'un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir », annonçant une refondation du capitalisme, axée sur une baisse des rémunérations des cadres dirigeants et la fin des paradis fiscaux. La convergence avec son ex-adversaire, Ségolène Royal, est complète : « Il faut que le pouvoir politique impose des règles aux banques, aux fonds spéculatifs, mette fin aux paradis fiscaux et réglemente les rémunérations des traders ». Comme toujours, c’est l’analyse idéologique qui domine en France alors que dans les pays anglo-saxons, d’où la crise est partie, on s’intéresse plus à traiter les dysfonctionnements des marchés financiers qu’à remuer les sentiments – légitimes – de jalousie et les ressentiments personnels contre « les banquiers », figure traditionnelle de la haine populaire sous tous les cieux.
À l’heure des bilans, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle c’est que la récession est sans doute terminée, même si elle va continuer dans les mois qui viennent à faire encore grimper le chômage. Rien n’est encore absolument certain mais si cette nouvelle se confirme, ce sera un succès éclatant pour la science économique. Que n’a-t-on dit de l’incapacité des économistes à prévoir la crise ! Sans décortiquer cette accusation en partie infondée, il faut reconnaître qu’ils ont su administrer l’antidote. Depuis un an les innovations des banques centrales sont hallucinantes et le résultat est là : il n’y a pas eu d’effondrement financier comme en 1929. Les garanties publiques et les efforts de relance ont permis cette sortie relativement rapide de la crise. Certes, il nous reste la lourde facture de dettes publiques partout gonflées, mais la grande misère des années trente, avec son cortège de troubles politiques, a été évitée. Ce n’était pas gagné d’avance.
La mauvaise nouvelle, c’est la lenteur des réformes nécessaires. Plus le temps passe et plus les grandes banques relèvent la tête et organisent la contre-offensive. Le risque est réel que rien de sérieux ne se fera. Certes, Sarkozy et consorts ont mis les paradis fiscaux à genoux, ce qui est une bonne chose, mais l’évasion fiscale n’a joué aucun rôle dans la crise. La bataille sur les bonus va accoucher de mesures limitées, qui ont de fortes chances d’être contournées. Déjà les prix de l’immobilier de luxe remontent à Londres, un signe que les golden boys ne sont pas très inquiets.
Car la grande leçon de la crise c’est que les grandes banques ont effectivement forcé les gouvernements à voler à leur secours. Même si les aides publiques n’ont pas été gratuites – certaines sont même couteuses pour les banques – la fiction que les autorités peuvent décider de ne pas intervenir pour sauver une banque a volé en éclat. Désormais, même si le doute était faible auparavant, tout le monde sait que les grandes banques peuvent prendre des risques insensés, ramasser les profits quand tout va bien, et se défausser sur les contribuables quand les paris sont perdus. Elles n’auront aucune raison de ne pas recommencer ce qui leur a si bien réussi, un jour, en plus grand. C’est ça qu’il faut empêcher. Trois grands types de solutions sont envisagées. Elles ne sont pas mutuellement exclusives.
La première solution consiste à réduire la taille des banques. C’était le cas aux États-Unis jusqu’à l’abolition en 1999 du Glass-Steagall Act de 1933, abolition qui est à l’origine directe de la crise. Interdire les grandes banques n’est pas possible de manière simpliste, mais il est tout à fait possible d’imposer des conditions prudentielles qui deviennent de plus en plus lourdes en fonction de la taille des banques. Cela, les banques n’en veulent pas, et pourtant ce serait la meilleure réponse.
La deuxième solution consiste à relever les exigences en matière de capital. C’est sur cette mesure que se concentrent les discussions internationales et il est probable que des changements seront décidés. Mais c’est un domaine où les détails comptent, et les détails sont très techniques. Les grandes banques vont s’employer à diluer les mesures par des quantités de spécifications techniques qui ennuient les politiciens et le public, au point de les décourager de ferrailler.
La troisième solution est de prévoir à l’avance ce qui se passera lorsqu’une banque est sur le point de succomber. Le débat n’est pas arrivé en France, mais il est vif en Angleterre sous l’aimable vocable de « testament de vivant ». L’idée est d’exiger de chaque grande banque qu’elle dépose de son vivant un plan qui stipule comment elle serait découpée en petites unités en cas de faillite. La perspective d’un démantèlement automatique devrait amener les banques à ne plus parier sur l’argent du contribuable. Ce projet est unanimement rejeté par les banques, évidemment.
Les débats en Angleterre et aux États-Unis sont intenses. Suivant ce qui sera finalement décidé, le paysage financier sera radicalement transformé, ou inchangé si les banques arrivent à limiter les dégâts. C’est moins glorieux que de refonder le capitalisme, mais ça c’est du réel. Il ne nous reste plus à nous Français (et Allemands) qu’à souhaiter bonne chance à Barack Obama et à Gordon Brown dans leur combat de titans, car c’est de ces bataille qu’émergera le « capitalisme financier » de demain qui, de toute façon, a de beaux jours devant lui. Et tant pis pour ceux qui n’attendent que sa disparition…
@+ pour "Vallèresentouraine" - un regard sur l'actualité !
Publié le 08/05/2009 à 22:46
Par valleresentouraine
Sarkozy a-t-il échoué ?
Par Zaki Laïdi - Fondation Jean Jaures (Telos, 4 mai 2009)
Il y a maintenant deux ans Nicolas Sarkozy arrivait au pouvoir avec un préjugé favorable extraordinairement fort non seulement en France mais également à l’étranger. Il se faisait élire pour s’attaquer aux blocages traditionnels de la société française.
La rupture annoncée a-t-elle véritablement eu lieu ? Rien n’est moins sûr.
S’il y a un domaine où Nicolas Sarkozy n’a pas déçu c’est incontestablement dans sa capacité à être présent partout et à s’attaquer à tous les problèmes à la fois. De fait, il n’y a pas un
domaine de la vie économique sociale culturelle européenne ou internationale qui ait échappé à son activisme. Il a réformé la carte judiciaire française qui n’avait pas été modifiée depuis 1958. Et l’université française dispose aujourd’hui d’un cadre juridique qui lui permet d’être plus autonome et de ce fait plus compétitive. Sur le plan social il s’est attaqué à la question délicate de la désincitation au travail. Sa présidence à la tête de l’Union Européenne a été un indéniable succès de même que l’a été sa mobilisation au niveau international pour faire face à la crise. Mais cet activisme indiscutable qui tranche avec la léthargie de son prédécesseur n’est pas malheureusement sans présenter de sérieux inconvénients. En voulant agir tout le temps et partout le président de la République en vient à privilégier le mouvement et sa perception par l’opinion sur le résultat, le résultat apparent et immédiat au
détriment de la réforme en profondeur. Ses ministres vivent dans la peur d’être mal jugés et leur influence est considérablement réduite par le rôle démesuré des conseillers du président. Dans le domaine institutionnel par exemple, Nicolas Sarkozy a mis en oeuvre une réforme du Parlement qui donne à celui-ci plus de pouvoirs face à l’exécutif. Cette réforme que la gauche a eu tort de rejeter ne règle pourtant pas le problème fondamental de la vie politique française : celui des cumuls des mandats qui fait que des députés sont aussi maires et n’ont de ce fait pas suffisamment de temps à consacrer à l’activité parlementaire. Cette situation exceptionnelle en Europe et dans le monde explique très largement le fonctionnement peu satisfaisant du Parlement français. Seul un référendum pourrait permettre de contourner l’obstacle. Mais Nicolas Sarkozy se garde bien d’y recourir. L’autre grand axe du réformisme de Nicolas Sarkozy a été l’accroissement du pouvoir d’achat. Son slogan de campagne a été « travailler plus pour gagner plus ». Cet objectif, le
gouvernement a cherché à l’atteindre en défiscalisant les heures supplémentaires. L’idée étant que par une incitation fiscale les employeurs offriraient plus de possibilités de travail à leurs employés. Malheureusement le coût de cette opération est non seulement extraordinairement lourd pour l’État mais il a pour effet d’accroître les déséquilibres du marché du travail en favorisant les insiders au détriment des outsiders. Nicolas Sarkozy a toujours pensé qu’un des problèmes de la France venait du fait que les Français ne travaillaient pas assez. Malheureusement le coeur du problème ne se situe pas là. Il se trouve dans le fait que le chômage des jeunes est très élevé et que les seniors quittent trop tôt le marché du travail. Or, là encore les réformes engagées risquent d’aggraver ce problème plutôt que de l’alléger. Car en permettant désormais aux entreprises de licencier plus facilement en contrepartie d’un soutien financier accru sans modifier le code du travail, le gouvernement favorise la sortie rapide du marché du travail des personnes proches de la retraite…
Dans sa lutte pour l’emploi, le gouvernement a cherché à lutter contre les entraves au développement des grandes surfaces, pourvoyeuses d’emplois. Mais là encore le résultat s’est révélé décevant. Soumis à la pression des lobbys économiques et politiques locaux, il a fini par reculer de sorte que la loi de modernisation de l’économie qui voulait rompre avec la précédente législation va continuer à protéger les secteurs non concurrentiels.
Ce réformisme qui privilégie systématiquement le résultat apparent aux conséquences réelles s’est aggravé avec la crise. D’une part parce que celle-ci réduit les marges de manoeuvre de l’État qui peut donc moins distribuer de ressources mais également parce que les choix du gouvernement sont à tort ou à raison perçus comme socialement injustes. C’est tout l’enjeu du fameux bouclier fiscal qui vise à limiter à 50 % de l’ensemble des revenus des prélèvements fiscaux mais qui dans un contexte de crise apparaît comme inacceptable surtout lorsque les financements sociaux sont soumis à des contraintes croissantes.
Ce réformisme des apparences ne concerne pas que l’économie. Nicolas Sarkozy, a été un des premiers à souligner les limites d’un modèle républicain qui au prétexte de ne pas faire de différence entre ses concitoyens a dans les faits laissé place à un système de discrimination très forte des populations d’origine immigrée. Mais là encore les résultats sont très éloignés du discours.Le désintérêt pour les banlieues s’est révélé tout à fait patent. Les décrets d’application d’une loi de 2006 devant permettre aux entreprises de recruter sur la base de ce que l’on appelle le CV anonyme n’ont jamais été publiés alors que cette démarche fait l’unanimité. La promotion de la diversité s’est d’abord et avant tout exprimée par une politique de sélection d’icônes médiatiques dont la compétence politique reste à démontrer. En France, il est toujours presque impossible de faire élire un maire, un député d’origine arabe ou africaine. Enfin si l’on regarde du côté de la politique étrangère, on constatera que la rupture est beaucoup plus apparente que réelle. Certes, la France a pleinement réintégré l’OTAN. Mais cette mesure est purement symbolique. De surcroît et malgré ce qu’en dit le président de la République il n’y a aucune indication que ce choix débouchera sur le renforcement d’une politique européenne de défense, que la France appelle de ses voeux mais qu’en réalité la plupart de ses partenaires ne veulent pas surtout si elle implique un effort financier supplémentaire…
Quant aux droits de l’homme dont il avait voulu faire le cheval de bataille de sa diplomatie, ils ont purement et simplement été laissés de côté au nom d’une realpolitik des plus classiques.
En réalité, la seule grande force de Nicolas Sarkozy indépendamment de sa volonté et de son activisme réside dans l’incroyable faiblesse de l’opposition de gauche qui est non seulement profondément divisée mais dont à l’évidence personne ne pense qu’elle aurait fait mieux si elle avait été au pouvoir.
C’est à la fois peu et beaucoup.
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Publié le 13/04/2009 à 16:33
Par valleresentouraine
SMIC : une arme anti-crise ?Notes - Philippe Askenazy - 09 avril 2009
Face à la dégradation de la part du travail dans la valeur ajoutée en faveur du capital, de nombreux pays ont revu à la hausse leur salaire minimum. La France, quant à elle, se signale par son immobilisme. Philippe Askenazy, directeur de recherche au CNRS, invite ici à une nouvelle réflexion sur le rôle du SMIC, un outil de moins en moins efficace contre la crise mais un instrument nécessaire dans une économie sans repères. Faut-il augmenter le salaire minimum en France ? Face à la crise, cette question revêt une urgence politique et économique particulière. Or, alors que d’autres pays se sont engagés dans une réflexion profonde sur le salaire minimum, la France se signale par son immobilisme. La crise doit faire évoluer les mentalités.
Depuis une décennie, l’augmentation du SMIC ne remplit plus aussi efficacement son rôle d’outil anti-crise. Les employeurs peuvent agir sur les compléments de rémunération ou sur les heures supplémentaires pour limiter l’effet d’une hausse du SMIC. Cette hausse devrait donc être très significative pour avoir un réel impact sur les salaires. Il est également à craindre qu’une hausse du salaire minimum devienne la justification de licenciements massifs. Enfin, les populations les plus touchées par la crise sont les exclus du marché du travail, d’où le besoin d’agir sur d’autres leviers que le SMIC en temps de crise.
Dans d’autres pays, une réflexion profonde s’était déjà engagée avant la crise sur le bien fondé de la hausse du salaire minimum, alors que, sur un marché du travail déséquilibré, la formation des salaires devenait incapable de garantir une rémunération digne à tous les travailleurs. Progressivement, le déclin de la part du travail dans la valeur ajoutée en faveur du capital s’est traduit par un endettement massif, qui est à la source de la crise financière. Face à cette situation, les pays anglo-saxons se sont dotés de salaires minimum, permettant ainsi la réduction des inégalités salariales et le renversement de la dégradation de la part du travail dans la répartition de la richesse.
Il est temps de lancer cette réflexion de long terme en France, de repenser le salaire minimum dans une économie sans repères.
Détail de la note à consulter et à télécharger sur le site de :
( possiblité de Télécharger cette note en format PDF)
Mise en page par Henri KERISIT pour "Vallèresentouraine"- un regard sur l'actualité!
Publié le 12/04/2009 à 19:29
Par valleresentouraine
L'excès d'épargne de certains pays émergents a été une des causes de la crise. Il a en effet nourri les excès de l'endettement américain et gonflé les bulles spéculatives.
La crise que nous connaissons actuellement est la plus grave qu'ait connu l'économie mondiale depuis les années 1930. Ses conséquences se développent un peu plus chaque jour, suscitant en réponse des interventions publiques sans précédent.
Pour comprendre les évènements et appréhender l'après-crise, l'équipe d'Alternatives Economiques propose un numéro "La crise, hors-série poche n°38 - avril 2009 " (à decouvrir ici) " expliquant que depuis le début des années 2000, les déséquilibres des balances courantes des différentes régions du monde ont pris une importance considérable. Face au déficit abyssal des Etats-Unis, et de quelques autres pays riches, comme l'Espagne et le Royaume-Uni, les pays émergents et, dans une moindre mesure, l'Allemagne et le Japon ont accumulé des excédents. L'excédent d'épargne des régions émergentes a trouvé sa contrepartie dans le besoin de financement accru des pays développés.

En kiosque actuellement (9,50 euros) et vente en ligne
Mise en page par Henri KERISIT pour "Vallèresentouraine"- un regard sur l'actualité!
Publié le 08/04/2009 à 18:29
Par valleresentouraine
Les incivilités et l'agressivité se développent avec la crise comme si celle-ci était de la faute des employés au pôle-emploi ou des employés de banque...
Le tissus social est mis à dur épreuve et le respect de l'autre à tendance à disparaitre...pour laisser la place à la violence gratuite.
...Hausse de 20% des incivilités dans les banques françaises en 2008...
Les incivilités ont augmenté d'"environ 20%" dans les banques en 2008 par rapport à l'année précédente du fait du climat de tension lié à la crise financière, a indiqué mercredi à l'AFP une porte-parole de l'Association française des banques (AFB).
Les incivilités, au nombre de 2.253, concernent essentiellement les contacts physiques en agences, mais aussi les contacts téléphoniques et les courriers.
Les manifestations d'incivilité prennent majoritairement la forme d'injures et d'insultes (50% des cas), mais aussi de menaces (30%) et d'"agressions comportementales" (harcèlement, chantage, tapage, dégradation).
Les agressions physiques graves ne représentent que 0,4% des incivilités recensées, selon un communiqué publié mercredi. Cette hausse et le climat de tension général ont conduit l'AFB à proposer aux syndicats de renégocier, par anticipation, l'accord sur les incivilités, en place depuis 2006 et qui devait arriver à échéance en novembre.
Cette anticipation était "nécessaire", a précisé la porte-parole, "compte tenu de ce qui était constaté aux guichets et de la perception que l'on avait de la hausse des incivilités".
L'accord actuellement en vigueur porte sur des mesures de formation des personnels, d'information de la clientèle, ainsi que des mesures de suivi pour les victimes d'incivilités.
Il avait été signé par les syndicats FO, CFDT, CGT, CFTC et SNB (CFE-CGC).(source agence)
@+ pour "Vallèresentouraine" - un regard sur l'actualité !
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