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Publié le 06/04/2009 à 20:26
Par valleresentouraine

Sous l’effet de la crise, les conflits se radicalisent.



Alors que les séquestrations de dirigeants d’entreprise se multiplient, les responsables syndicaux et politiques, attentifs à l’évolution de la situation, se gardent bien de condamner ce type d’actions


Les dirigeants de Caterpillar ont été relâchés mercredi 1er avril par leurs salariés après 24 heures de séquestration Ils sont repartis en voiture à la mi-journée sous les huées de quelque 400 salariés. La séquestration des quatre dirigeants de Caterpillar, sur le site de Grenoble (Isère), aura duré 24 heures, pour exiger la reprise des négociations. Le 17 février, la direction de Caterpillar-France avait annoncé la suppression de 733 postes, sur les 2 800 basés à Échirolles et à Grenoble. L’intervention de Nicolas Sarkozy, mercredi matin sur Europe 1, déclarant qu’il allait « sauver le site » a sans doute contribué à mettre un terme à la séquestration.

Si le chef de l’État est intervenu aussi vite, c’est pour éviter que la situation ne s’enlise. D’autant que les mouvements de radicalisation se sont multipliés ces dernières semaines en France. Séquestration du président de Sony-France par les salariés du site de Pontonx-sur-l’Adour (Landes), mi-mars, suivie par celle du directeur industriel du groupe pharmaceutique 3M, à Pithiviers, dans le Loiret, dix jours plus tard.

Autres exemples : mardi soir, François-Henri Pinault, président du groupe de distribution et de luxe PPR, a été bloqué dans un taxi durant une heure par une cinquantaine de salariés. Deux enseignes du groupe, la Fnac et Conforama, avaient annoncé le 18 février des plans d’économies qui pourraient se traduire par la suppression de 1 200 postes. Tandis que Le Monde daté du 1er avril affirmait qu’à Auxerre (Yonne) des ouvriers de l’usine Fulmen – fabrication de batteries pour véhicules – ont forcé leur directeur à manifester avec eux le 29 janvier dernier, revêtu d’un tee-shirt indiquant le nombre d’emplois supprimés dans le groupe…


"Ils font le choix de la contestation"


À la CFDT, Annie Thomas dresse le constat d’un échec du dialogue social. « On voit bien que de tels conflits ne se produisent pas dans les entreprises qui font des efforts pour gérer au mieux les difficultés actuelles, souligne cette responsable syndicale. Prenez le cas de Renault : cette entreprise ne met personne dehors, utilise au maximum le chômage partiel, et on n’observe pas de mouvements de colère. » De son côté, sans approuver de telles actions, Gabrielle Simon, responsable nationale de la CFTC, dit les « comprendre » : « Quand les gens sont excédés, proches du désespoir, il ne leur reste plus que ces procédés, assure-t-elle. Si les dirigeants d’une entreprise n’écoutent pas les revendications des salariés et refusent de négocier, comme c’était le cas à Pithiviers et à Caterpillar, alors ils font le choix de la contestation. »

Moyen de pression ultime face à des négociations bloquées, expression d’un ras-le-bol, refus de se résigner face à la fatalité : les explications à la radicalisation sont nombreuses. Quel est le rôle des syndicats, dans tout cela ? Comment gèrent-ils des initiatives qui souvent les dépassent ? « Cela fait quarante ans que j’entends dire que les organisations syndicales sont débordées par les actions directes, relativise Jean-Christophe Le Duigou à la CGT. De fait, appeler à la séquestration, cela ne fait pas partie de nos manières d’agir mais si les salariés prennent une telle initiative, le délégué syndical doit être présent pour les accompagner ! » à Pithiviers, la séquestration du directeur de l’usine 3M s’est faite spontanément, témoigne Patrice Pailloux, délégué syndical de la CFE-CGC. « Avec mes collègues de FO et de la CFDT, nous avons seulement encadré le mouvement pour éviter d’éventuels débordements. »

Pour Annie Thomas, les phénomènes actuels renvoient à une histoire syndicale que l’on a eu tendance à oublier ces dernières années. « Le mouvement syndical a toujours utilisé tous les modes d’action, souligne-t-elle. Rappelez-vous les occupations de préfectures au moment des restructurations dans la sidérurgie ou les occupations d’usines dans les années 1960 et 1970… »


"La violence du contexte social"


Tous les syndicalistes refusent de condamner ces formes de protestation mais s’inquiètent de leur possible multiplication, alors que les annonces de plans sociaux ne font que commencer. Du coup, les dirigeants syndicaux en appellent aux responsabilités des dirigeants politiques et économiques. « Il faut, observe Gabrielle Simon à la CFTC, que le gouvernement et le patronat montrent qu’ils sont à l’écoute des syndicats. » Pour Jean Kaspar, ancien numéro un de la CFDT et aujourd’hui consultant en relations sociales, « la violence de certaines actions répond à la violence du contexte social. Un des signes d’apaisement pourrait être d’associer davantage les représentants du personnel à la marche des entreprises. »

L’exécutif et la majorité suivent en tout cas avec la plus grande attention l’évolution de la situation sur le terrain. Et se gardent bien eux aussi de condamner des actions « sporadiques et spontanées ». « Le durcissement des conflits n’est pas acceptable mais s’explique par des raisons objectives », estime le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre. « Il faut avoir une marge de tolérance à l’égard de ces comportements extrêmes car la colère des salariés n’est pas illégitime », confie, de son côté, un haut responsable de la majorité.

Le contexte de crise économique, conjugué aux différentes révélations sur les avantages des patrons de grandes entreprises, justifient « la montée de l’angoisse et du sentiment d’injustice chez les salariés, analyse Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l’UMP. Or, rien n’est pire que le sentiment d’injustice. C’est lui qui peut faire déraper les choses. » D’autant que les responsables de la majorité redoutent une instrumentalisation de ces actions par l’extrême gauche. « Quand on est face à un mouvement social organisé, on connaît, mais quand on est face à de la prise d’otages, des menaces physiques et de la casse, c’est autre chose. On est face à la colère et au désespoir et nous n’avons pas les outils pour gérer cela », s’inquiète Marie-Anne Montchamp, députée UMP du Val-de-Marne.


"Une question de morale"


C’est ce qui explique que le gouvernement, après une longue passe d’armes avec le patronat, ait promptement publié en début de semaine un décret encadrant les rémunérations des dirigeants d’entreprises aidées par l’État. Le président de la République a par ailleurs indiqué mercredi matin qu’un projet de loi sur le partage des bénéfices au sein des entreprises verrait le jour avant l’été si les partenaires sociaux ne parvenaient pas à se mettre d’accord auparavant. « Il me semble que c’est une question de morale, d’efficacité », a affirmé le chef de l’État. Nicolas Sarkozy, convaincu en cela par son conseiller spécial Henri Guaino, est cependant persuadé qu’en l’absence de règles pour réguler le capitalisme le pays s’expose « à une révolte des classes populaires et moyennes ». D’où l’enjeu que représentent au niveau national les résultats du G20.

Le chef de l’État, qui tente par ailleurs d’intervenir personnellement dans chaque dossier pour conjurer le sentiment de l’impuissance publique, a, en outre, confirmé la mise en place dès lundi prochain du Fonds d’investissement social réclamé par la CFDT pour faciliter la reconversion des salariés. « La meilleure réponse est que chaque salarié confronté à un plan social puisse avoir droit à un nouvel emploi, une formation ou un revenu », martèle Frédéric Lefebvre.

« L’effort qui a été fait par l’État est exceptionnel », reconnaît Pierre Méhaignerie, président de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, qui souhaite cependant « que l’on fasse davantage dans le prochain budget pour que les plus hautes rémunérations participent davantage à l’effort de solidarité », notamment pour financer le plan en faveur des jeunes que prépare le haut-commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch. « Nous avons fait ce qu’il fallait pour amortir la crise, confirme Marie-Anne Montchamp. Mais il faudra que nous soyons maintenant drôlement innovants si l’on veut répondre aux fragilités de notre tissu social, qui préexistaient avant la crise, tissu social qui est menacé aujourd’hui de rupture. »
  (source le journal "La Croix")


@+ pour "Vallèresentouraine" - un regard sur l'actualité !
Publié le 06/04/2009 à 12:44
Par valleresentouraine


LE LIVRE DU JOUR... à lire.

Education, un bilan sans concession...
  

Le thème. Rares sont les ouvrages qui traitent à la fois d'éducation et de formation professionnelle. Le parallèle, pourtant, a sa pertinence. Les deux secteurs partagent le même objectif - élever le niveau de qualification de la population - malgré des fonctionnements complètement différents.


L'intérêt.
Les néophytes trouveront, dans la première partie, matière à satisfaire leur soif de connaissance : l'auteur dresse un récapitulatif - sévère - de l'état du système éducatif, prélude à un plaidoyer énergique en faveur de la réforme, qui n'épargne ni le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, ni son homologue à la Recherche, Valérie Pécresse. Plus nuancée, la deuxième partie formule des pistes de réforme : impliquer les parents d'élèves et les collectivités locales, réformer les organismes collecteurs de la taxe d'apprentissage, associer les universités à la formation continue, ou plus iconoclaste, rattacher l'enseignement professionnel au ministère de la Formation.


L'auteur.
Contrôleur général, Alain Bournazel a déjà à son actif plusieurs ouvrages sur la formation professionnelle. Son engagement politique l'a également poussé à rédiger des ouvrages politiques.


« Education-formation, l'échec des réformes », éditions Arnaud Franel, 12 euros, 233 pages.

Commentaire recueilli par  Henri KERISIT
pour  "Vallèresentouraine"- un regard sur l'actualité!
Publié le 01/04/2009 à 15:21
Par valleresentouraine
Royal: avec moi, Gandrange, Caterpillar et Heuliez seraient "sauvées"

Ségolène Royal a affirmé mercredi qu'avec elle, Arcelor-Mittal à Gandrange, Caterpillar et Heuliez seraient "sauvées", estimant qu'il faut "réussir la mutation économique de l'industrie dans la croissance verte".


Alors que
Nicolas Sarkozy a assuré qu'il allait "sauver le site" de Caterpillar, l'ex-candidate à la présidentielle a déclaré à l'AFP: "il avait dit la même chose sur Gandrange: le four de Gandrange a fermé hier. Il avait dit +je vais sauver Heuliez: il y a eu des réunions hier (mardi) où la bureaucratie d'Etat n'a toujours pas débloqué suffisamment d'argent pour développer le véhicule électrique".


"Avec moi, ces entreprises seraient sauvées", assure Mme Royal. "Gandrange existerait encore parce que des projets de mutation industrielle du futur existaient dans l'entreprise et n'ont pas été écoutés".


Heuliez (Deux-Sèvres) pourrait, selon la présidente de Poitou-Charentes, "être leader mondial du véhicule électrique". Son "carnet de commande est plein" et les villes de la région "ont commandé 600 voitures".


Mme Royal demande que "toutes les administrations publiques commandent des voitures électriques françaises. On a montré l'exemple dans la région, il devrait y avoir un sursaut national des citoyens et des entreprises".


Caterpillar "intervient dans le bâtiment et les travaux publics. Quand Nicolas Sarkozy dit que les commandes ont baissé de 80%, ce n'est pas une fatalité", poursuit Mme Royal. "Au moment où on relance les grands travaux dans le cadre de la lutte contre la crise économique, il y a des grands travaux considérables à lancer sur les transports publics, les bâtiments publics sur les énergies renouvelables".


"Ce qui est en jeu aujourd'hui est de réussir la mutation économique de l'industrie dans la croissance verte", explique-t-elle.
(source agence)

 @+ pour "Vallèresentouraine" - un regard sur l'actualité !

Publié le 01/04/2009 à 15:10
Par valleresentouraine


"On ne peut pas indéfiniment augmenter les dépenses et déficits", prévient Trichet


Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a mis en garde contre une trop forte augmentation des dépenses et des déficits susceptible de miner la confiance des ménages et des entreprises, dans un entretien au Monde daté de jeudi.

"On reconnaît des deux côtés de l'Atlantique que l'on ne peut pas indéfiniment augmenter les dépenses et les déficits : au lieu d'augmenter le niveau de confiance des ménages et des entreprises, on perdrait leur confiance et l'économie irait plus mal au lieu d'aller mieux", a expliqué M. Trichet dans un entretien au Monde, à la veille de l'ouverture du
G20.

Le président de la BCE a formulé une mise en garde similaire s'agissant du soutien aux banques et institutions financières.

"Ce qui a été décidé est déjà tout à fait considérable", a-t-il souligné.
"Les possibles recapitalisations, les garanties et autres soutiens représentent dans la zone euro 23% du PIB et environ 29% aux Etats Unis", a-t-il souligné.

"Il faut mettre en oeuvre le plus rapidement possible et le plus efficacement ce qui a été décidé", a exhorté le président de la BCE.

M. Trichet a par ailleurs rappelé que pour lutter contre la crise, "ce dont nous avons le plus besoin, c'est de retrouver la confiance", qui s'est évaporée depuis septembre 2008.

"Cela passe par la manifestation de l'unité entre les deux côtés de l'Atlantique, le Nord et le Sud, les pays industrialisées et les émergents", a-t-il déclaré. (source agence)

Document recueilli par  Henri KERISIT
pour  "Vallèresentouraine"- un regard sur l'actualité!

"...mais comme les ménages... les états devront aussi rembourser leurs dettes! "
Publié le 01/04/2009 à 14:13
Par valleresentouraine

« Le G20 ne réformera pas le capitalisme financier »
par JACQUES ATTALI

Le président Sarkozy avait appelé, en octobre dernier à Toulon, à une « refondation » du capitalisme. Est-ce l'objet du sommet du G20 ?

Non, bien sûr que non. Tout d'abord, il faut noter que le G20 est une instance informelle ; si l'on avait voulu prendre des décisions, il aurait fallu réunir le comité intérimaire du Fonds monétaire international (FMI). Sur le fond, la question n'est pas de moraliser le capitalisme mais de l'équilibrer par des règles de droit. Le capitalisme est ce qu'il est. Sa fonction est de faire des profits. Il ne s'agit donc pas de le refonder mais de l'encadrer par des règles. Or tout le problème est que dans une économie globalisée, la règle de droit n'est pas mondiale. Ou bien l'on accepte de passer à un état de droit mondial ou le désordre continuera à régner, y compris dans les paradis fiscaux. C'est ce qui se passera si les dirigeants du G20 refusent d'admettre que la crise actuelle n'est pas une crise comme une autre.


Le G20 a pourtant déclaré la guerre aux paradis fiscaux...


Chacun sait que les principaux paradis fiscaux se situent en Angleterre et aux Etats-Unis, là où prospèrent les trusts, un système juridique qui assure une parfaite étanchéité entre le propriétaire de l'argent et le détenteur du compte. Or de cela, personne ne parle. De même que les lois extrêmement favorables, sur le plan fiscal, du Nevada ou du Delaware. Le G20 vise à attendre la fin de la crise sans rien changer d'important. On pourrait presque comparer ce sommet à Londres à une réunion des alcooliques anonymes dans un bar à vins...


Quels sont les autres sujets qui ne feront pas l'objet de réformes ?


Ce qui ne va pas être fait, c'est d'agir sur les causes profondes de la crise : rien ne va être dit sur la titrisation à 100 % - à l'origine de la crise des « subprimes » -, sur les « credit default swaps » (CDS), ces instruments qui permettent de gérer le risque de crédit, sur la séparation des banques d'affaires et des banques d'investissement, ni sur la limitation des effets de levier, c'est-à-dire sur la capacité à s'endetter. Le monde anglo-saxon vit de cela. Il n'y aura pas non plus la mise en place d'une organisation mondiale de la finance.


Les financiers de Wall Street et de la City n'ont cependant pas intérêt à subir des crises d'une telle violence ?


Ils vont accepter un minimum de réglementation. Pas davantage. On le voit bien avec le plan Geithner, qui répète les mécanismes qui ont conduit à la crise en permettant à des fonds de spéculer avec un fort effet de levier. Et puis, est-il normal que les contribuables prêtent à des investisseurs pour que ces derniers fassent des profits ?


Il n'y aura pas non plus de plan de relance global coordonné au niveau mondial ?


Non, parce qu'il y a une différence de conception entre les Américains et les autres. Les premiers sont prêts à accepter l'inflation, même s'ils ne le disent pas, tandis que les Allemands la refusent pour des raisons historiques ; les Chinois n'en veulent pas non plus car ils détiennent des actifs en dollar et ne veulent pas les voir dévaluer. C'est pourquoi ils ont proposé une nouvelle monnaie de réserve. Mais on n'en parlera pas non plus à Londres. Il n'y aura pas de nouveau Bretton Woods. A terme, il y aura une monnaie unique mondiale, une nouvelle gouvernance avec un meilleur équilibre des pouvoirs au sein des institutions financières internationales. Mais pour l'heure, le FMI reste une annexe du Trésor américain. (propos recueillis par CATHERINE CHATIGNOUX, Les Echos)

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