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Publié le 31/03/2009 à 11:31
Par valleresentouraine

« L'urgence n'est pas à la réforme de la réglementation financière ... »

par FRED BERGSTEN - DIRECTEUR DU PETERSON INSTITUTE FOR INTERNATIONAL ECONOMICS


Directeur depuis sa création, en 1981, de l'un des « think tanks » américains les plus influents sur les questions économiques internationales, Fred Bergsten a également travaillé à des postes de haute responsabilité au Trésor et à la Maison-Blanche d'où il a coordonné un certain nombre de sommets internationaux pour les Etats-Unis. A la veille du G20, cet expert estime qu'il faut contrer les tentations protectionnistes et consacrer au moins 3 % du PIB aux plans de relance dans les différents pays.


Est-ce que ce G20 peut être le nouveau Bretton Woods ?


Certainement pas. Bretton Woods a été l'occasion d'une énorme réforme du système économique international. Cette fois-ci, à Londres, l'accent sera mis sur le rétablissement économique après cette crise globale. L'objectif, me semble-t-il, est d'arriver à une vaste coopération internationale sur quatre points : des programmes de relance macroéconomiques, l'élimination d'obstacles au libre-échange, l'extension du mandat et des ressources du FMI pour aider les pays les plus pauvres et, peut-être, quelques pas vers une nouvelle réglementation financière.


Pourquoi la réglementation financière n'est-elle pas davantage prioritaire à vos yeux ?


Certains peuvent le mettre en tête des priorités. Je ne le fais pas parce que, si c'est en effet important, c'est aussi ce qui est le moins urgent aujourd'hui. L'urgence est d'abord liée aux plans budgétaires qui vont relancer l'économie mondiale ou au moins éviter un déclin encore plus prononcé. L'urgence est aussi de brider les nouvelles tentations protectionnistes qui ne peuvent être que nocives. Je pense également que si trop d'attention est centrée sur la réglementation financière, cela rend le message équivoque. Pour l'instant, l'objectif est que les institutions financières prêtent davantage. Or, si nous mettons d'abord l'accent sur la façon dont nous allons les réglementer cela va envoyer un message contradictoire qui risque de les décourager. Les gouvernements doivent faire très attention au calendrier. Nous avons évidemment besoin de réformer la réglementation financière, mais le faire maintenant, quand on veut que les banques restaurent l'activité économique... il y a un risque de compliquer les choses.


On parle d'une autorité supranationale pour les services financiers. Est-ce réaliste ?


Les risques sont globaux mais je ne pense pas que la création d'une autorité supranationale soit faisable. Il n'y a pas de cadre légal pour cela. En revanche, on peut fixer des standards internationaux pour la réglementation financière qui soient ambitieux et cohérents. Ce sera ensuite à chaque pays d'adapter au plus près. La communauté internationale devra ensuite surveiller si c'est bien fait.

Les Etats-Unis et la plupart des pays européens divergent sur l'importance de l'effort de relance à accomplir. Comment comprenez-vous cette controverse ?

J'en ai parlé avec le Premier ministre français à Washington l'autre jour. Il ne pense pas que les divergences soient si grandes, et moi non plus. La différence principale est dans la façon de définir les plans de relance. Les Européens tiennent compte des stabilisateurs automatiques qui sont plus importants en Europe, ce qui est vrai. Les Américains soulignent que cela intervient automatiquement et que cela ne représente pas un effort nouveau. C'est une différence d'opinion sur ce qui doit compter. Je comprends cela mais je soulignerai surtout qu'il faut que le remède soit adapté au problème. Autrement dit, la crise économique paraît aujourd'hui plus sévère en Europe qu'aux Etats-Unis, ce qui appelle sans doute à plus de moyens pour la combattre. C'est vrai aussi bien pour la politique budgétaire que pour la politique monétaire. Il n'y a aucun doute que la Réserve fédérale a été plus agressive que la Banque centrale européenne avec ses différents programmes. Mais, si on regarde bien, c'est la Chine qui est sans doute la plus volontariste tant au point de vue budgétaire que monétaire.

Qu'est-ce qui sera le plus efficace dans les plans de relance ?


C'est difficile à dire. Aux Etats-Unis, il y a trois types de mesures : les réductions d'impôt, les projets d'infrastructure et les subventions sociales. L'idée était de diversifier parce que, justement, on ne connaît pas très bien la réponse à votre question. Les réductions d'impôt représentent 250 milliards de dollars et visent des gens aux revenus modestes, qui auront sans doute besoin de dépenser cet argent. Au final, chaque pays doit trouver l'équation qui lui convient mais il faut qu'il y ait un accord du point de vue international sur le niveau d'ambitions à avoir. Je suggère qu'il faut plutôt viser des plans qui représentent 3 % du PIB. On doit se mettre d'accord sur les objectifs et les cibles, chacun ensuite adapte. La Chine, par exemple, consacre 90 % de son plan aux infrastructures.

L'une des ambitions du G20 est d'accroître les moyens financiers du FMI. Mais celui-ci aura-t-il les structures et les compétences pour accomplir sa tâche ?

Le FMI est en train d'améliorer et de moderniser ses programmes d'aide. Ils ne sont pas parfaits, mais c'est le seul vrai mécanisme qui apporte un soutien réel à des pays qui ont rencontré des problèmes sérieux. Accroître son rôle de façon substantielle est donc une nécessité.


A quelle échéance les pays peuvent-ils espérer renouer avec une croissance durable ?


Dans cette crise, ce sont les pays riches qui ont été les plus touchés. Les moins affectés, le Brésil, la Chine, l'Inde, continuent d'afficher une croissance positive. Mais la crise est globale et les interconnections telles que les pays vont sans doute se rétablir à peu près en même temps. Certains seront plus rapides que d'autres, la Chine par exemple, à la fin du premier semestre. Les Etats-Unis devraient récupérer dans la deuxième moitié de l'année, les Européens sans doute l'année prochaine.

PROPOS RECUEILLIS PAR VIRGINIE ROBERT (À WASHINGTON)., Les Echos

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Publié le 28/03/2009 à 22:33
Par valleresentouraine


"Il faut réhabiliter l’impôt citoyen"

par Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne

Un monde nouveau est-il en train d'émerger ? A l'approche du G20, l'ancien président de la Commission européenne s'exprime sur la crise et sur la solidarité qu'il faut réinventer. Il publie, avec Michel Dollé, Investir dans le social aux éditions Odile Jacob (280 pages, 23 euros).


Les gouvernements ont-ils bien réagi face à la crise ?


Ils ont gardé la mémoire de la grande crise des années 1930 et de ce qui est arrivé au Japon, resté bloqué pendant dix ans. Je trouve cela réconfortant. Ils n'ont pas commis d'erreurs dans la gestion de la crise. Aujourd'hui, ils font face à trois problèmes. Le premier est le risque d'insolvabilité des banques. Là, chacun, à sa manière, a fait le nécessaire. Les autorités américaines ont tout de suite compris qu'il fallait éviter de nouvelles faillites de banques comme il y en a eu en Grande-Bretagne et comme cela s'est produit, on peut le dire, pour Dexia et pour Fortis dans une certaine mesure.

Deuxième problème : le risque de liquidités. Il n'est toujours pas surmonté, même si le marché interbancaire fonctionne un peu mieux. Le troisième risque est celui d'un recul trop important de la production. Hélas, la concertation et la coopération dans ce domaine en Europe sont insuffisantes.

Cela vous surprend-il ?


Non. Lorsque j'avais proposé, il y a dix ans, qu'il y ait, au sein de l'Union économique et monétaire, à côté du pacte de stabilité monétaire, un pacte de coordination des politiques macroéconomiques, ce n'était pas simplement par souci d'équilibre entre le monétaire et l'économie. Je savais d'expérience que la coopération détruit peu à peu les murailles de méfiance ou d'égoïsme entre les pays. Or, aujourd hui, ce climat de confiance réciproque n'existe pas.

Le volontarisme de la présidence française était-il seulement de façade ?


Pas du tout. Ne coupons pas les cheveux en quatre. La présidence française a été positive. Elle a secoué le système, mais il y a un problème de fond. L'Europe des institutions (Conseil des ministres, Parlement, Commission) s'est affaiblie au profit de l'Europe des Etats. Désormais, tout remonte au Conseil européen. Mais que peut-on faire à vingt-sept en deux demi-journées et un dîner ? L'Union économique et monétaire boite. Du côté monétaire, la Banque centrale européenne (BCE) agit plutôt bien. Mais c'est l'autre volet qui manque.

Le plan de relance français a été critiqué pour son manque d'ampleur. Qu'en pensez-vous ?


En général, la France réagit plus tardivement aux crises, mais elle souffre plus longtemps du fait d'une compétitivité insuffisante. C'est la raison pour laquelle j'aurais été partisan qu'on équilibre davantage les mesures de soutien à la consommation et d'aide à l'investissement. Il y a un autre problème que personne n'ose poser : pourra-t-on sortir de cette crise sans un petit peu d'inflation ? La Commission européenne devrait bâtir quelques scénarios avec la BCE, prévoyant ou non un taux d'inflation au-dessus de 2% qui permettrait, sans être galopant, de faciliter la reprise et le remboursement des dettes.

Vous, le père de la désinflation compétitive, vous préconisez un peu plus d'inflation ?


Je pense qu'il sera difficile d'obtenir un rebond de l'économie, compte tenu de notre endettement, sans accepter provisoirement un peu plus d'inflation rampante. Je suis également persuadé que la France devrait montrer vis-à-vis de l'Organisation mondiale du commerce autre chose que cet air ronchon. Son attitude a un fond de culture protectionniste et franchouillarde. Elle doit reprendre l'initiative, d'autant que ce n'est pas là que notre agriculture est menacée. Elle l'est davantage par les réformes envisagées de la politique agricole commune.

Face au choc social, le gouvernement devra-t-il adopter d autres mesures ?


Nous sommes arrivés au bout des mesures à court terme. Il faut maintenant envisager le problème général de la demande et surtout laisser tomber l'orgueil. Le pouvoir n'ose pas revenir sur l'exonération des heures supplémentaires ni sur le bouclier fiscal. Deux mesures à contre-temps. Si l'on veut préserver le capital humain, éviter les licenciements, c'est indispensable.

Pourra-t-il éviter d augmenter les impôts ?


Sûrement pas. L'impôt citoyen par excellence, c'est l'impôt sur le revenu. Eluder la réflexion sur ce sujet constitue une grave erreur, au moment où il faut impérativement investir dans le social.


"Investir dans le social"
que voulez-vous dire ?


L'Etat providence est en crise : de financement et d'efficacité. En partie parce qu'il n est plus du tout adapté à l'évolution de la société. C'en est fini du modèle où le chef de famille assurait, par son travail, la protection sociale de toute la famille. L'emploi est devenu pour chaque individu un élément essentiel d'intégration et de citoyenneté.

Nicolas Sarkozy avait donc raison d'en faire un thème dominant de sa campagne ?


Il n'avait pas tort. L'inégal accès à l'emploi, ce que nous appelons "l'emploi en miettes" est devenu la principale cause d'inégalités. C'est contre cette injustice qu'il faut lutter par toute une série d'investissements sociaux : dans la garde d'enfants collective pour encourager le travail féminin, dans l'éducation et la formation pour lutter contre l'échec scolaire, etc.

Peut-on réaliser cet investissement social en période de crise ?


Bien sûr, à condition de cesser de raisonner à court terme. Un exemple : pour les jeunes, Martin Hirsch a suggéré que l'on puisse faire des préembauches. Aussitôt le patronat s'est inquiété. Mais chaque année, 100 000 personnes de plus partent à la retraite et 80 000 jeunes en moins cherchent du travail. C'est une bonne opportunité.

Comprenez-vous la démarche de Martin Hirsch, homme de gauche, qui participe à un gouvernement de droite en se disant : l'important est de faire aboutir les dossiers ?

Martin Hirsch se dit : demandons 100 pour obtenir 50. Mais on ne peut effacer comme ça les clivages politiques. Ce qui se passe sur les jeunes est symptomatique : un jeune sur six quitte l'enseignement secondaire sans diplôme. Nous avions proposé une mobilisation générale des moyens de l'éducation nationale, des acteurs de la formation continue, du service public de l'emploi pour redonner confiance et capacités à ces jeunes. Sans succès.

Les syndicats français sont-ils capables de s'engager dans des réformes ?


Il faut être indulgent avec eux. Ils savent qu'ils doivent se réformer. Mais ils ne peuvent pas cavaler derrière le président de la République. L'Etat doit leur dire ce vers quoi il faut aller et les laisser ensuite négocier sur des objectifs assez précis. Le rythme actuel est incompatible avec un travail de fond.

La montée de l'individualisme n'est-elle pas un frein à la solidarité ?


C'est vrai qu'il faut se battre contre une société de l'indifférence où l'individu serait considéré comme seul juge de ce qui est bon ou mauvais. Il faut aussi lutter en France contre l'héritage néo-républicain qui veut que la République étant une, l'égalité irait de soi. Nous voulons une société plus solidaire dans les faits en recherchant sérieusement l'égalité des chances, faute de quoi nous irons vers de très graves difficultés sociales.

La crise peut-elle aider à changer les mentalités ?


Oui, mais à une condition : qu'on rende sa fierté au service de l'Etat et de l'intérêt général. Aujourd hui, on est dans l'idéologie du court-termisme. Le commissariat au Plan permettait de voir loin. Il a été supprimé. L'Insee produit des statistiques reconnues dans le monde entier. Il est malmené. La haute fonction publique élabore des rapports d'excellente qualité, mais qui s'en soucie ? Dans les cabinets ministériels, la "com" a pris le dessus sur tout le reste. Il faut être vigilant et se méfier des possibles retours en arrière : le monde de la finance est peu enclin au mea culpa et beaucoup se disent : "quand on sera renfloué, tout pourra recommencer comme avant !".


Vos réflexions sont-elles une invitation au PS à se rénover ?


Par rapport à la gauche, je me considère comme un simple adhérent. Je ne suis pas là pour faire élire mais pour faire débattre, ce que permet l'évolution actuelle du PS qui a ouvert les portes aux partenaires sociaux et aux intellectuels.

Propos recueillis par Alain Frachon, Françoise Fressoz et Claire Guélaud - journal "Le Monde"


Document recueilli par  Henri KERISIT
pour  "Vallèresentouraine"- un regard sur l'actualité!

Publié le 26/03/2009 à 21:59
Par valleresentouraine

 
UN DOSSIER "Fondation Jean Jaurès" et  "le Nouvel Observateur"

A la veille du G20 de Londres sur la réforme du capitalisme financier, l'économiste Daniel Cohen analyse la gravité de la crise mondiale et les moyens de la surmonter.


       

Pour accéder à l'entretien cliquez sur l'image




Document recueilli par 
Henri KERISIT
pour  "Vallèresentouraine"- un regard sur l'actualité!

Publié le 18/03/2009 à 18:20
Par valleresentouraine
 
Retrouvez en vidéo, en cliquant sur l'image, les réponses d’Yves de Kerdrel, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Le Journal des Finances, qui répond à des questions sur les conséquences de la crise dans l’économie. 


                                    

                                              LES MINUTES DE VERITE


      @+ pour "Vallèresentouraine" - un regard sur l'actualité !
Publié le 18/03/2009 à 13:38
Par valleresentouraine
la Banque mondiale en dénonce la montée.

La quasi-totalité des pays appartenant au G20 ont pris des mesures protectionnistes depuis leur réunion, à Washington, en novembre. Dans la capitale américaine, les membres du G20 s'étaient engagés à maintenir leurs frontières ouvertes malgré la crise.

La Banque mondiale note que 17 des 20 membres de ce forum ont pris des mesures protectionnistes, tout en relevant que ces mesures sont généralement d'une portée limitée. "L'isolationnisme économique peut conduire à un enchaînement négatif d'événements comme nous l'avons vu dans les années 1930, qui a rendu pire une situation déjà mauvaise", commente le président de la Banque mondiale Robert Zoellick.

Selon un responsable de l'institution, l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite et le Japon sont les seuls pays du G20 à ne pas avoir pris de mesures protectionnistes au cours des derniers mois. Au niveau mondial, la Banque mondiale a répertorié 66 mesures susceptibles d'affecter négativement les échanges, dont 47 ont déjà été mises en œuvre. Dans cette étude, l'institution considère l'Union européenne comme un pays. La Banque mondiale y voit un argument de plus pour relancer les négociations engagées sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce.

Elle relève notamment la prolifération des aides en faveur de l'automobile, qui atteignent désormais 48 milliards de dollars en cumulé (37 milliards d'euros), dont 42,7 milliards pour les seuls pays développés (33 milliards d'euros). Elle égratigne aussi l'arrêt des importations chinoises de porc irlandais, l'exclusion des jouets chinois en Inde ou l'augmentation des droits de douane russes sur les voitures d'occasion… Dans un discours tenu à Washington, le ministre allemand de l'économie Karl-Theodor zu Guttenberg a de son côté dénoncé les tendances protectionnistes de l'administration américaine, en critiquant les mesures favorisant les entreprises locales dans son dernier plan de relance.

Le G20 regroupe les pays industrialisés du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon), les grands pays en développement que sont l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique, la Russie et la Turquie, ainsi que l'Union européenne. (source agences de presse)

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