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Publié le 30/09/2009 à 22:45
Par valleresentouraine
"Nicolas Hulot est un imbécile", estime Claude Allègre.
Dimanche 27 septembre 2009, 17h28
L'ancien ministre de l'Education Claude Allègre affirme, dans une interview publiée dimanche dans le quotidien Nice-Matin, que Nicolas Hulot est "un imbécile" et les théories sur le changement climatique "une vaste plaisanterie". "Nicolas Hulot est un imbécile, vous pouvez l'écrire. C'est une honte qu'il soit devenu le gourou de l'écologie. Il envoie les gens rouler à vélo et lui fait ses affaires en hélicoptère", dit Claude Allègre.
Interrogé sur la taxe carbone, M. Allègre, un temps annoncé au gouvernement au printemps et finalement pas nommé, la qualifie de "gadget injuste et inutile": "la France est la seule à l'instaurer. Aujourd'hui 100 euros, 1.000 euros dans quelques années. Vous savez, l'essence chère, les familles connaissent déjà".
L'ancien ministre de Lionel Jospin raille aussi, comme il l'a déjà fait, les théories sur le réchauffement climatique, qualifiées de "vaste plaisanterie" dont les promoteurs apportent "des réponses simplistes à un système complexe et prétendent prédire le climat dans cent ans, alors qu'on a du mal à obtenir une météo fiable à plus de trois jours".
"Eux-mêmes ne croient pas ce qu'ils racontent, ajoute M. Allègre, mais c'est une aubaine pour eux comme, par exemple, récolter des financements publics".
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Publié le 30/09/2009 à 22:07
Par valleresentouraine
Ce n'est pas la faillite de Lehman Brothers, mais le soutien à Bear Sterns qui a tout déclenché.
Par Vincent Bénard le jeudi 24 septembre 2009, Une des erreurs d'analyse les plus souvent entendues à propos de la crise est celle qui revient à en dater le début à il y a un an, lorsque le gouvernement américain et son ministre des finances, Henry Paulson, ancien CEO de Goldman Sachs, refusait d'amener sa garantie à Bank of America pour un éventuel rachat de Lehman Brothers, concurrent direct de GS, dirigée par l'homme le plus haï dudit Paulson, un certain Richard (Dick) Fuld. Selon 90% des analystes "mainstream", la "tragique erreur" de Paulson, le non-sauvetage de Lehman, (B.of.A choisissant désormais de racheter un troisième canard boiteux de Wall Street, Merill Lynch), a été le révélateur de la fragilité des bilans bancaires, qui a précipité une chute des actifs financiers, mettant les banques trop faiblement garnies de fonds propres au bord de la faillite, obligeant les preux chevaliers étatiques du monde à un gigantesque plan d'injection d'argent du contribuable pour "sauver le système financier".
Inutile de préciser que cette interprétation n'est pas la mienne. Le lâchage de Lehman n'a fait que révêler une situation qui de toute façon ne pouvait qu'exploser.
La crise a commencé pendant la période de "fausse croissance" de l'économie américaine
On peut situer le début de cette crise au début des années 2000, et plus particulièrement à partir de 2003, quand commencent à être massivement octroyés des prêts hypothécaires à des personnes structurellement incapables de les rembourser. Je ne reviendrai pas sur les nombreuses explications de cette explosion du crédit, largement évoquées sur ce blog, mais j'en rappellerai les conséquences funestes.
La valeur d'une créance, du point de vue du prêteur, ne tient qu'à un seul facteur: la capacité du débiteur à honorer sa dette. Que l'engagement ne soit pas tenu et la créance ne vaut plus qu'une fraction de sa valeur initiale.
Face à un risque de défaut de paiement, le créancier utilise deux outils: le premier est une augmentation du taux d'intérêt "sans risque" d'un "premium", taux supplémentaire, calculé en fonction de la probabilité de défaut du débiteur, que le banquier estime statistiquement. Mais pour le cas ou une situation exceptionnelle déjouerait la prévision fondée sur la statistique, la banquier va user d'un autre levier: il va prendre des garanties, comme par exemple une hypothèque sur la maison du débiteur. Le banquier n'est pas un agent immobilier, et le banquier traditionnel et prudent sait très bien que pour que la garantie soit efficace, il doit l'exercer le moins souvent possible: s'il se retrouve à devoir saisir trop de maisons pour cause de défaillances trop nombreuses de ses emprunteurs, la valeur des maisons saisies finira par chuter, du fait d'un marché inondé de saisies. Aussi le banquier traditionnel ne considère la garantie hypothécaire que pour ce qu'elle est: une garantie, mais pas comme la source de création de valeur qui rend solvable son débiteur. L'emrpunteur-débiteur ne pourra rembourser son prêt que s'il appartient à une chaîne de création de valeur capable de lui assurer une rémunération (salaire direct, différé, dividendes, revenus d'épargne, etc...) suffisante pour lui permettre de faire face à ses échéances. Mais hélas, trop de banquiers, à la perception du risque totalement pervertie par moult interventions mal inspirées de l'état (voir ici), ont fini par croire, au vu des courbes de croissance stratosphériques de l'indice de Case-Schiller, que la maison apportée en garantie était l'instrument de création de valeur qui permettrait de rembourser la dette le cas échéant. Or, la prise de valeur de ces maisons était purement artificielle, ce qui fait qu'environ 4 000 milliards de dollars de prêts ont été fondés non pas sur une capacité de remboursement des ménages, mais sur une prise de valeur infondée d'un bien garantissant le prêt. Les économistes autrichiens ont parfaitement théorisé cette mauvaise allocation de ressources qui se produit lorsque les banques centrales subventionnent le crédit en dessous de ce que serait sa valeur de marché. Selon eux, la crise commence non pas lors de l'éclatement d'une bulle, mais lors de sa formation, alors que les crédits qui la financent ne sont plus basés sur la capacité de l'économie à créer la richesse nécessaire à son remboursement. L'excès de dette non réellement remboursable mis sur le marché marque le début de la crise, quand bien même au début de sa formation, l'économie connaît l'euphorie du consommateur d'héroïne prendant les premiers shoots. Comme pour certaines maladies, ce n'est pas parce que la période d'incubation est longue que le sujet est sain... Le déclencheur de la crise: le sauvetage de Bear Stearns.
On me répondra que même si la crise a couvé pendant les années d'expansion bullaire du crédit, le gouvernement américain, en lâchant Lehman pour des motifs dont la noblesse semble effectivement absente, a précipité une crise de confiance financière grave, alors que sans cela, il aurait été possible de négocier un "atterrissage en douceur" de l'économie, bien moins dramatique en terme d'emplois. Là encore, qu'il me soit permis de douter. La première banque dont les difficultés liés aux prêts "subprimes" furent révélées au public fut la banque d'affaire Bear Stearns, qui annonça plusieurs milliards de dépréciations d'actifs en Aout 2007, contraignant son CEO à la démission. Bear était déjà virtuellement insolvables dès Août 2007. Pourtant, la faillite de la cinquième des grandes banques d'affaires US n'allait être officialisée qu'en mars 2008, lorsque JP morgan annonçait son rachat, moyennant un prêt à des taux exceptionnellement bas octroyé par la FED. Dès Août 2007, il apparut évident à nombre d'observateurs que le trésor et la Fed se mobilisaient pour trouver une solution évitant la fermeture brutale de Bear Stearns. La conclusion d'avril 2008 leur donnait d'ailleurs raison. Le signal était clair: la FED et le trésor aideraient les banques à ne pas sombrer. Le signal donné aux CEO non ou peu actionnaires de ces banques était clair: la fête pouvait continuer, inutile de passer en mode "gestion de crise", il fallait continuer d'engranger des gains à court terme, synonyme de fortes plus values sur stock options et autres bonus gigantesques, et attendre sagement que l'oncle Sam vienne à la rescousse avec les deniers du contribuable lorsque la loi de la gravité rattraperait les débiteurs insolvables. Fannie et Freddie, malgré leur bilan se dégradant plus vite que la cote de George Bush dans les sondages, continuèrent leur folle politique de rachats de MBS douteuses. AIG continua comme si de rien était à encaisser des primes d'assurance sur ces produits dérivés au risque très mal calculé. Angelo Mozilo, le CEO de la banque Countrywide, termina de vendre les actions de l'établissement qu'il avait fondé en affichant des résultats douteux... Surtout, peu de banques n'allaient faire l'effort de tenter de déboucler leurs positions dans des "mortgage backed securities" douteuses en essayant de les brader à des investisseurs aimant le risque (de vilains "spéculateurs", en langage médiatiquement correct) avec une décote importante, pour trouver le cash nécessaire au paiement de leurs propres dettes. Le seul deal d'envergure de ce genre qui fut enregistré avant septembre 2008 fut le rachat par un fonds spéculatif Texan, dirigé par John Paulson - sans rapport familial avec celui qui officiait à la tête du trésor (Henry) - de titres de MBS de valeur nominale de plus de 3O milliards de $, pour seulement... 22% de ce nominal en juillet 2008, soit environ 6 milliards, versés à Merill, pris à la gorge. Et encore Merrill avait elle prêté à John Paulson les trois quarts de la somme nécessaire à ce rachat ! Mais la quasi certitude que la FED interviendrait pour les sauver n'a pas incité les banques à rechercher trop activement ce genre de deal, ou d'autres moyens de colmater les voies d'au en train de s'ouvrir. Au contraire, elles espéraient que des rachats subventionnés par le gouvernement se feraient à un bien meilleurs prix pour elles, car un bureaucrate du trésor jouant avec l'argent des autres et soumis à la pression politique serait un moins bon négociateur qu'un patron de Hedge Fund texan. Il s'est donc produit un gel du marché des MBS, conduisant les banques qui en détenaient massivement à en inscrire des pertes massives dans leurs comptes... La loi des conséquences inattendues avait encore frappé. Hélas, le gouvernement américain a empêché que ne se mettent en place dès 2007 les mécanismes de purge de la crise. Ce n'est pas la lâchage de Lehman qui a causé la grande panique de septembre 2008, c'est le soutien inconditionnel à Bear Stearns.
Si le trésor et la FED avaient dit "no bailout" dès le départ...
Si, dès les premières difficultés de Bear, la FED et le trésor avaient dit: "débrouillez vous", les banques en difficultés auraient dû trouver les moyens de sauver leur existence toutes seules. Chapitre 11, restructuration des dettes et échange de dettes contre capital, fermetures brutales de banques de dépôt commandées par la FDIC et transfert des comptes courants et des actifs sains vers des banques en meilleur santé... Naturellement, nous nous apercevons aujourd'hui que les lois souvent hors du droit commun régissant la faillite bancaire ne sont sans doute pas adaptées à une crise financière de grande ampleur, mais la législation américaine de la faillite n'en constituait pas moins un bonne base de travail.
Et le fameux risque systémique, me direz vous ?
Une étude du professeur Helwege (PDF), pour le Cato Institute, montre que le risque systémique lié à une faillite des grandes banques d'affaire a été fortement surestimé. Ainsi, les créanciers de Lehman étaient très nombreux mais aucun n'avait de grosse ligne de débit chez cette banque, le plus gros créancier de Lehman, une banque japonaise, supportant un risque de 350 millions de dollars. Pas neutre, mais pas irrémédiable non plus, et l'on peut supposer qu'il en allait de même pour Bear Stearns. Helwege estime que la contagion, si elle n'avait que peu de chance d'être financière, aurait pu être "informationnelle", comme elle le fut avec la faillite de Lehman: Toutes les banques ayant peu ou prou les mêmes compositions de passif (un des effets pervers des accords de Bâle décrits ici), et le même type de produits en portefeuilles, la faillite de l'une laissait croire aux marchés que toutes les autres étaient porteuses des mêmes fragilités.
Mais si les quelques mois entre les premières révélations des difficultés de Bear et sa faillite avaient été mis à profit pour mettre au point un dispositif de conversion en cascade de dettes contre capital (restructuration du passif), alors d'une part la faillite de Bear se serait produite alors que la bulle était un poil moins importante, et surtout l'annonce de sa faillite correctment gérée aurait rassuré les marchés sur la capacité du système à se désendetter et à rebondir par lui même. En sauvant Bear, le trésor US a fait d'une part le choix d'une tentative de masquage des difficultés du système financier, en espérant que la crise ne soit que passagère. Mais après la faillite de Fannie, Freddie, AIG, sans oublier quelques banques commerciales, Paulson s'est rendu compte qu'aucun redressement de la situation conjoncturel n'était escomptable, et que si personne ne sifflait la fin de la récréation, les banques contaminées par les mauvais actifs auraient tenté de continuer la séance d'équilibrisme financier. Evidemment, le choix de la banque sacrifiée par Paulson s'est porté sur celle de son adversaire abhorré Dick Fuld, dans des conditions que d'aucun jugent totalement contraire à la loi américaine... Mais c'est une autre question. Paulson aurait-il dû, ayant commencé sur un mauvais chemin avec Bear, s'y tenir coûte que coûte et ne pas laisser mourir Lehman ? Non. Car la chute de la banque New Yorkaise a enfin donné aux banques les plus fragiles un signal de retour à la raison. Si ce signal n'avait pas été donné à un moment ou un autre, un événement ultérieur aurait de toute façon déclenché une panique identique: Tôt ou tard, le trésor aurait dû lâcher un gros poisson, car ni la FED, ni aucun trésor du monde, n'auraient pu sauver toutes les banques si celles ci n'avaient lancé quelques efforts de réorganisation de leur bilan. Malheureusement, la suite de décision totalement incohérentes (promulgation rocambolesque du plan Tarp, puis abandon de certains volets, mais reprise de ces volets par la FED) n'ont pas permis que ce travail de purge soit correctement mené à bien, d'où une situation des banques qui reste très fragile, laissant craindre une nouvelle vague de défaillances, le nombre de banques considérées comme "en situation difficile" par la FDIC augmentant semaine après semaine, et les ménages américains étant de plus en plus nombreux à faire défaut sur leurs dettes.
L'état spéculateur n'est pas très performant !
Pour la petite histoire, lorsque Paulson (Hank) a commencé à racheter des MBS douteuses aux banques dans le cadre du plan TARP, à un prix estimé entre 40 et 60 cents par dollar de nominal (en toute opacité, les opérations de rachat n'ont pas été rendues publiques...), il a affirmé que le trésor ferait à terme une grande affaire, car jamais les pertes des MBS n'atteindraient 40 cents par dollar, et le cours des MBS finirait par se redresser... Espérons qu'il soit patient, car aujourd'hui, le papier émis par les MBS en 2007 se négocient 28 cents/1$ de nominal si elles étaient notées AAA lors de leur émission, et 4 cents/1$ si leur cotation était AA... Paulson (Hank) aurait sans doute mieux fait de laisser Paulson (John) et ses amis spéculateurs racheter par paquets les MBS les plus douteuses pour environ 20-25 cents/1$, voire moins, et renégocier avec les ménages endettés dont les versements alimentent la MBS un rééchelonnement des dettes, voire un abandon partiel de créance, moyennant quelques aménagements contractuels, pour sécuriser un remboursement de 50 à 60, et ainsi stabiliser la situation de nombre de ménages endettés, le tout sans jamais faire appel au contribuable, sans endetter ses enfants pour un siècle, sans plan d'aide aux ménages endettés qui multiplient les effets pervers... Laisser Bear Stearns faire faillite et faire en sorte que le processus de restructuration ou liquidation soit rapide et efficace aurait sans le moindre doute amoindri la panique financière et considérablement contribué à assainir la situation. Bien sûr, l'on pourra me faire remarquer à juste titre que la sale habitude du sauvetage de la finance défaillante par le contribuable a commencé bien avant: sauvetage des saving and loans en 1989 (sous Bush Père), du fonds LTCM en 1998 (sous Clinton)... Les racines du mal sont profondes. Mais lorsque la l'administration a eu un premier choix crucial à faire concernant cette crise ci, c'est lors de la découverte des difficultés de Bear Stearns en 2007. Gonflement d'une bulle non fondée sur de la création de valeur dès l'an 2000, et refus de révéler l'étendue des dégâts lors du début de l'affaire Bear Stearns en 2007, sont les éléments clé du commencement des deux phases de la crise, et de la forme dramatique qu'elle a prise. Dater le début de cette dernière à la faillite de Lehman Brothers est donc réducteur et n'aide en rien à comprendre cette crise ni à poser les bons diagnostics.
(article publié sur le blog de l'Institut Turgot)
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Publié le 30/09/2009 à 21:33
Par valleresentouraine
La fumisterie de la taxe carbonePar Lucien Oulahbib le vendredi 4 septembre 2009, - Article - Lien permanent Si au moins il avait été énoncé qu'il s'agissait de lutter contre la pollution des villes, et que les transports en commun étaient réellement au niveau (comme ils le sont dans les pays ayant promulgué cette taxe) cette exigence apparaîtrait moins idéologique, plus objective, et l'on arriverait à trouver le moyen de taxer autrement (comme faire payer un péage pour les non résidents) sauf qu'il n'en est rien.
Bien au contraire, il est asséné que l'on doit changer impérativement de comportement, séance tenante, même si à Paris, à Marseille, des grèves à répétition empêchent le bon fonctionnement des transports en commun, même si une famille faisant ses courses, partant en w.e, en vacances, trouve moins stressant (et donc plus économique d'un point de vue santé...) de prendre la voiture.
Rien à faire, il faut, (sollen) c'est un ordre venu de la sainte science, obéir, sous peine de voir la Terre "frire" (dixit Rocard) d'ici 2 à 400 ans (admirez la précision) et ce sur la base de considérations "scientifiques" dignes de l'époque de Lyssenko qui niait la transmission héréditaire des gènes (et fut défendu par de nombreux savants russes et...français) ou mieux encore de tous ces savants du milieu du 19ème siècle qui soutenaient qu'à plus de 100 Km heure les poumons explosaient, sans parler du cerveau.
Que dire d'ailleurs de la taille de celui-ci mesuré sans cesse jusqu'à ce que celle du cerveau d'Einstein (plus petit que la moyenne) tourna cette science (qui donna l'eugénisme, l'un des moteurs du nazisme) en ridicule.
Sauf que nous en sommes là, dans un vaste recyclage (post marxiste et crypto-religieux) de l'ignorance la plus superbe et méprisante, écartant d'un revers de main les objections de centaines d'autres scientifiques évidemment écartés parce qu'ils osent émettre l'idée non pas que le climat change (il a toujours changé comme l'a prouvé le climatologue membre de l'académie des sciences Marcel Leroux mais que l'activité humaine en soit la principale responsable, niant la présence des océans à 80% sur Terre, le jeu de la tectonique des plaques, du soleil, etc. etc., mélangeant tout, ne serait-ce que de douter de la nécessité de gaz à effet de serre si l'on ne veut pas voir le climat terrestre avoisiner un maximum permanent de...-18°....
C'est l'excès et non l'existence qui peut poser problème, sauf que le problème encore une fois n'est pas là : la Terre a connu des périodes avec des taux de carbone trois fois supérieur selon les spécialistes indépendants, tandis que son réchauffement a permis l'avènement définitif de l'ère humaine à la fin du Quaternaire ; la question réside en effet dans l'idée qu'il faut faire attention à l'environnement, sa santé, etc, sans avoir à mobiliser des thèses contestables auxiliaires, ne serait-ce que la fin de l'ère fossile alors que l'on disait la même chose il y a 50 ans comme l'a rappelé un spécialiste (in New York Times).
Il est sans doute trop tard pour redresser la barre, la pression de l'idéologie renforcée par les lobbies politico-financiers est trop forte, nous allons dépenser des milliards inutilement au lieu d'aider les pays les plus pauvres (du moins s'ils accèdent à une bonne gouvernance) à lutter contre la désertification, la sécheresse, aux causes d'ailleurs bien plus complexes : le Sahara n'a pas attendu l'avènement de l'ère industrielle pour être ce qu'il est alors qu'il fut dit-on une terre fertile, comme le Gröenland...
Mais l'avenir va bientôt nous le dire : cela fera déjà trois ans que le climat se refroidit, (alors que des scientifiques prétendaient que la neige devait disparaître de France : encore quelques années et l'on verra bien s'il valait mieux servir l'idéologie ou faire fonction de prudence en ne mettant pas tous ses oeufs dans le même panier, en luttant contre la pollution et le gaspillage, certes, mais pas au détriment de l'inventivité et de la liberté non pas de nuire mais de vivre le mieux qui soit.
Cet article a été publié le 3 septembre 2009 sur le site MNM de Lucien Samir Oulahbib.
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Publié le 29/09/2009 à 13:35
Par valleresentouraine
L’emprunt pour financer la dette ?Laurence Boone 28 Septembre 2009
Alors que la France s’apprête à lancer un emprunt « national », sans avoir clairement défini l’objet de cet emprunt, il est une question simple : en avons-nous les moyens ? D'un point de vue d'économiste, elle peut se poser en ces termes : la croissance promise avec le nouvel emprunt aidera-t-elle à stabiliser la dette ?
En deux ans, dette et déficit publics ont explosé. Le déficit était de 52 milliards d’euros en 2007 ou 2,7% du PIB, il est aujourd’hui, en 2009, estimé à 7’0% et 7,5% du PIB ou entre 135 et 140 milliards. Il a donc presque triplé en deux ans. La dette publique elle est passée d’un peu plus de 1250 milliards à près de 1430 milliards (de 65% à environ 75% du PIB). Il est possible de distinguer la part de cette « dérive » due à des éléments conjoncturels –donc la crise, réelle et financière – de ce qui est plus structurel, soit une dérive chronique des dépenses et recettes. Sur un déficit évalué à 7,0~7,5% du PIB aujourd’hui, environ 2 points de PIB serait le résultat direct de la crise (d’après des estimations OCDE/CE), c'est-à-dire un peu moins de 40 milliards. Ces 40 milliards peuvent se diviser entre une vingtaine de milliards du plan de relance (tous les crédits d’impôts et facilité de trésorerie pour les entreprises, les crédits d’investissement n’ayant été que peu déboursés pour le moment), et une vingtaine de milliards venant de la baisse des recettes d’impôts en temps de crise (moins de consommation donc moins de TVA, moins de profits donc moins d’impôts sur les sociétés, pour schématiser en deux exemples).
Les 100 milliards restant sont « structurels », c'est-à-dire que même en période de croissance de 2%, avec une inflation modérée à 2% et des taux d’intérêt peu élevés, les administrations publiques dépensent mécaniquement 100 milliards de plus que ce qu’elles ne perçoivent de recettes, avant même d’avoir engagé la moindre dépense additionnelle ou la moindre baisse d’impôts. La conclusion de ce constat est effrayante : dans le cadre de ce scénario optimiste de croissance, en l’absence de privatisations ou autre opération financière, en partant d’une dette de 1430 milliards en 2009, on aura une dette de plus de 2000 milliards en 2015, soit 99% du PIB.
Le problème n’est pas d’avoir un niveau de dette élevé, le problème est que cette dette n’arrête pas de grossir sans pour autant financer des dépenses choisies, orientées vers le soutien de la croissance. Sur les dépenses (de l’Etat) financées par endettement, seuls 5% servent à financer des investissements, le reste étant réparti entre dépenses de fonctionnement (frais généraux, 15%), transferts sociaux (23%), salaires des fonctionnaires (plus de 40%) et charge de la dette (autrement dit le paiement des intérêts, 15%). Or plus la dette augmente – et on l’a montré, même hors grand emprunt, elle va continuer d’augmenter – plus la charge de la dette va augmenter. L’emprunt va finalement principalement servir à financer le coût de l’emprunt.
Pour arriver à stabiliser la dette, il faut soit que la croissance augmente rapidement (plus rapidement que les taux d’intérêt), soit que l’inflation augmente sans que les taux augmentent autant, soit dégager un excédent budgétaire –ce qui ne s’est pas vu depuis 1975.
Peut-on compter sur l’inflation pour alléger la note ? Avec de l’inflation à 4% sans hausse des taux, en période de croissance normale, on arrive effectivement à stabiliser presque aussi vite qu’avec un ajustement… mais au prix de la spoliation des épargnants dont la valeur de l’épargne est amenuisée par l’inflation. En outre, une telle inflation entraînerait sûrement une hausse des taux ; si l’on refait le calcul avec des taux nominaux à 6% (au lieu de 4% dans les expériences précédentes), alors la dette ne se stabilise plus, mais continue d’augmenter.
La croissance promise avec le nouvel emprunt aidera-t-elle à stabiliser la dette ? Si le taux de croissance passait à 3% sur les cinq prochaines années (ce qui ne s’est pas vu depuis le milieu des années 70), les déficits se réduiraient assez rapidement sur la période, mais néanmoins pas assez pour que la dette se stabilise à l’horizon 2015. Au total, si l’inflation et la croissance contribueront à ralentir la hausse de la dette, seul un ajustement des dépenses pourra effectivement la stabiliser. En régime d’inflation et de croissance de croisière, il faudrait un ajustement de 2% du PIB par an (par exemple, doubler l’impôt sur le revenu) pour stabiliser la dette d’ici 2013.
Qui est Laurence Boone ? Chef économiste France chez Barclays Capital Ecrivez à Laurence Boone
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Publié le 25/09/2009 à 22:40
Par valleresentouraine
Vivons-nous encore dans une société de classes ?Trois remarques sur la société française contemporaine
par : Olivier Schwartz [22-09-2009] Domaine : Société Dossiers : Réinventer la démocratie Mots-clés : inégalités | classes sociales | stratification
Désavantage social, conversion d’une partie des catégories supérieures à la culture de la performance, réticence d’une partie des catégories modestes à des politiques trop orientées en direction des plus pauvres. Tels sont les trois faits qui, selon Olivier Schwartz, peuvent constituer des sources de difficultés pour reconstruire une cité de semblables. De ce panorama, il ressort que la France est à la fois plus et moins une société de classes qu’il y a une quarantaine d’années. La question de la démocratie qui nous est posée aujourd’hui, c’est au fond celle de savoir dans quelle mesure nous sommes aujourd’hui capables, pour reprendre une expression de Robert Castel, de continuer à former, ou de recommencer à former une société qui soit une « société de semblables ». Une société de semblables, c’est-à-dire une société qui soit vraiment capable d’intégrer l’ensemble de ses membres, et qui se donne les moyens de contenir au maximum les inégalités. Pour contribuer à la discussion sur cette question, je voudrais simplement ici proposer trois observations factuelles et une remarque épistémologique. Les trois observations porteront sur des faits qui peuvent constituer aujourd’hui des sources de difficultés, des obstacles pour aller précisément dans ce sens, celui de la refondation d’une cité de semblables.
Pour que mon propos soit sans ambiguïté, il va de soi que j’adhère complètement et pleinement à cet objectif à la fois civique et politique. Ma seule préoccupation est de m’arrêter sur des faits qui peuvent faire difficulté dans cette voie, et sur lesquels il faut par conséquent réfléchir. Ces faits, ces observations, ne prétendent nullement être exhaustifs. Il y aurait certainement bien d’autres éléments à mentionner. J’ai par contre délibérément choisi trois faits qui vont me conduire à me situer à des niveaux différents de la hiérarchie sociale. Extension du domaine du désavantage social Le premier fait est – malheureusement – d’une grande banalité : il s’agit de l’ampleur qu’a atteint, dans notre société, ce que l’on peut appeler le phénomène du désavantage social, le phénomène que représente l’existence de « groupes désavantagés ». J’entends par là des groupes dont les membres sont en situation vulnérable, sont exposés au chômage, à la précarité, aux emplois durs et mal rémunérés, à la relégation dans certains cas… Lorsque l’on regarde la société française telle qu’elle est aujourd’hui (et de ce point de vue, je suis profondément d’accord avec les critiques que Louis Chauvel n’a cessé de formuler, ces dernières années, contre la thématique de la moyennisation [1]), on ne peut pas ne pas être frappé par l’étendue du phénomène et par le nombre de groupes qu’il affecte. Il y a d’une part tout un pan des salariés d’exécution du secteur privé : ces ouvriers frappés, aujourd’hui plus que jamais, par le chômage, la marginalisation, le fait de travailler dans des entreprises en déclin, et plus largement par tout ce processus de détérioration de la condition ouvrière sur lequel, depuis plusieurs années déjà, des travaux de sociologues ont attiré l’attention ; ces salariés occupant, dans les services et le tertiaire, ce qu’il est convenu d’appeler les emplois peu qualifiés… Tout un pan du salariat d’exécution du privé est aujourd’hui en situation de désavantage social.
Et par ailleurs, il y a les jeunes. Les jeunes de familles populaires, bien sûr, d’abord et avant tout, et notamment les jeunes issus de l’immigration. Mais c’est aussi toute une partie des jeunes diplômés de l’université qui rencontre, aujourd’hui, on le sait, de grandes difficultés pour accéder à l’emploi, et qui n’y parvient que dans des conditions précaires, marquées par le déclassement… De la politique de l’excellence aux inégalités intracatégoriellesLa deuxième observation que je voudrais faire, pour me déplacer dans la hiérarchie sociale, concerne les catégories supérieures. Il me semble qu’il y a aujourd’hui un trait assez largement commun à la culture d’une grande partie de ces catégories, en tout cas si l’on considère les fractions de ces catégories occupant des positions dirigeantes. Cet aspect, c’est l’importance qu’a prise, dans ces catégories, la culture de l’excellence, de la performance, de la compétence. Au coeur de cette culture, il y a une idée qui concerne la gouvernance des entreprises et des organisations. C’est l’idée qu’il faut aller vers une gouvernance qui, beaucoup plus qu’elle ne l’a fait jusqu’ici, valorisera la performance et l’excellence, individualisera les carrières offertes aux uns et aux autres, et ceci en fonction des performances, des compétences, des résultats obtenus par les uns et par les autres. Il me paraît assez clair que cette conception de la gouvernance est aujourd’hui un élément central de la culture des catégories dirigeantes. Une caractéristique de cette culture est qu’elle peut être tout à fait favorable, d’un côté, en tout cas sur le principe, à des mesures visant à lutter contre les inégalités et les discriminations liées à l’origine (par exemple à l’origine ethnique) ; mais d’un autre côté, elle est profondément favorable à l’introduction, dans les entreprises et les organisations, d’un surcroît d’inégalités en fonction du « mérite » et des performances.
Cette conception de la gouvernance est repérable, dès le début des années 1990, dans les évolutions qui affectent la gestion du personnel dans les entreprises privées, notamment dans les grandes entreprises. Ce sont les politiques d’individualisation des rémunérations, qui se développent nettement à partir des années 1990. C’est l’apparition, dans les réflexions menées au sein du MEDEF, d’une philosophie de la gouvernance substituant la logique de la compétence à la logique de la qualification, etc. Et ce qu’il faut aussi souligner, c’est que cette philosophie est aujourd’hui également repérable, de manière très claire, dans toutes sortes de politiques menées dans le secteur public. Sans revenir d’ailleurs sur les mouvements récents à l’Université, il me semble, là encore, assez clair que cette conception de la gouvernance des organisations est la philosophie sur laquelle ont reposé une grande partie des réformes qui ont été menées depuis deux ans à l’Université et dans le monde de la recherche.
Une précision tout d’abord : je ne me dissimule pas que toutes ces questions sont compliquées. Je n’ignore évidemment pas que ce type de conception du fonctionnement des entreprises et des organisations, avec l’idée qu’il faut valoriser l’excellence, individualiser les trajectoires en fonction de l’évaluation des performances des uns et des autres, ne manque pas d’arguments. Elle peut parfaitement se plaider et se défendre. Il n’empêche qu’on ne peut pas ne pas constater que si la mise en œuvre d’une telle philosophie devait se poursuivre, s’étendre et s’accentuer dans les prochaines années, dans le secteur privé comme dans le secteur public, il y aurait là un facteur assez considérable de creusement et d’accentuation d’inégalités, non pas tant entre catégories sociales différentes mais entre membres d’une même catégorie, ces fameuses inégalités « intracatégorielles » sur lesquelles de nombreux économistes et sociologues ont réfléchi depuis une quinzaine d’années. Il semble bien, en effet, qu’une des évolutions caractéristiques de notre société comme plus largement de nombreuses sociétés occidentales contemporaines est qu’aux inégalités sociales classiques, entre catégories sociales différentes, s’ajoutent de plus en plus des inégalités « intracatégorielles », entre membres d’une même catégorie socio-professionnelle. Ces inégalités ont été très largement causées par l’éclatement et la diversification des statuts d’emploi, mais il saute aux yeux que la politique de l’excellence, des compétences, de la valorisation des performances et surtout de l’individualisation des trajectoires pourrait être à l’avenir un facteur extrêmement important d’accentuation des inégalités intracatégorielles, et donc aussi de remise en cause des solidarités au sein des groupes. « C’est nous qui payons pour tout le monde » : la tripartition de la conscience sociale dans les catégories modestesJe descends maintenant, ce sera ma troisième observation, à des niveaux intermédiaires de l’espace social. Je ferai brièvement référence à une enquête que je mène depuis longtemps, pour m’arrêter sur l’un des constats auxquels elle m’a conduit. Je travaille depuis plusieurs années sur les conducteurs des bus de la RATP en région parisienne, ceux qu’on appelle les machinistes, c’est-à-dire des gens dont on peut dire qu’ils sont à la frontière des catégories populaires et des classes moyennes salariées. Dans la division sociale du travail au sein de leur entreprise, les conducteurs des bus de la RATP occupent une position subordonnée. Ils sont en bas de la hiérarchie : même s’ils disposent d’une large autonomie dans la conduite de leur travail, ce sont des exécutants, qui mettent en œuvre des consignes et des tâches qui leur sont données par leur hiérarchie. Avec comme conséquence que, comme beaucoup d’ouvriers et d’employés, beaucoup d’entre eux adhèrent spontanément à une représentation binaire de la société, fondée sur une opposition entre le haut d’une part – les dirigeants, les puissants, ceux qui possèdent l’instruction, la puissance, l’argent – et d’autre part ceux qui sont en dessous, les simples exécutants, les ouvriers, les employés, ceux dont ils estiment de manière générale faire partie. De sorte que pendant assez longtemps, j’ai pensé retrouver chez eux tous un type de représentation sociale dont Richard Hoggart [2] avait montré, dans des textes très connus, l’importance dans le monde des ouvriers et des classes populaires anglaises des années 1950 : une opposition entre « eux », ceux du haut, et « nous », ceux du bas, les exécutants.
Mais je me suis finalement rendu compte que pour une partie d’entre eux, les choses étaient plus compliquées, même si c’est pour une partie d’entre eux seulement. Leur représentation, leur conscience du monde social était non pas bipolaire, mais triangulaire : ils avaient le sentiment d’être non pas seulement soumis à une pression venant du haut, mais aussi à une pression venant du bas, venant de plus bas qu’eux. Cette pression venant du bas, (c’est moi qui dis les choses ainsi bien sûr, mais les propos qui m’ont été tenus à plusieurs reprises par des conducteurs vont clairement dans ce sens), c’est par exemple l’idée qu’il y a trop de chômeurs qui non seulement n’ont pas d’emploi mais qui n’en cherchent pas, qui vivent du RMI ou des aides sociales, qui se dispensent par conséquent de chercher du travail, et qui peuvent s’en dispenser parce que d’autres paient des impôts pour eux : d’autres qui, eux, travaillent, parmi lesquels, bien sûr, les conducteurs de bus. Ou encore, ce peut être l’idée que dans certaines familles immigrées, on vit sans travailler, grâce aux allocations, c’est-à-dire grâce à des aides sociales qui, là encore, sont financées par ceux qui travaillent et grâce à leurs impôts. À plusieurs reprises, j’ai rencontré, chez mes enquêtés, ce sentiment d’être lésés à la fois par des décisions qui viennent du haut mais aussi par des comportements qui viennent de ceux du bas, d’être lésés à la fois par les plus puissants et par les plus pauvres. L’un d’entre eux me disait par exemple un jour : « C’est nous qui payons pour tout le monde », et il est clair qu’il avait alors en tête à la fois le haut et le bas.
Cette tripartition de la conscience sociale, les auteurs d’un livre qui s’appelle La France des petits moyens [3], qui enquête sur de petits propriétaires de pavillons en région parisienne, l’ont retrouvée eux aussi. Et je crois qu’elle est importante parce qu’elle constitue elle aussi une source possible de difficultés si l’on souhaite aller vers une cité plus solidaire, dans la mesure où une politique destinée à venir en aide aux plus pauvres ou aux plus démunis peut éventuellement rencontrer une forme de réticence ou d’hostilité dans une fraction des catégories modestes qui a le sentiment qu’une partie de ses problèmes ne vient pas seulement du haut, mais précisément aussi de ces plus pauvres, et qui a parfois tendance à penser que ces plus pauvres, peut-être, on les aide un petit peu trop… Telle est la représentation que l’on peut trouver chez une partie de ceux qui ont été appelés par les auteurs du livre les « petits-moyens ».
Extension du domaine du désavantage social, conversion d’une partie des catégories supérieures à la culture de la performance et de l’excellence, réticence d’une partie des catégories modestes ou petites-moyennes à des politiques trop orientées en direction des plus pauvres : trois faits (parmi bien d’autres…) qui peuvent constituer des sources de difficultés pour refonder ou reconstruire une cité de semblables. Vivons-nous toujours dans une société de classes ?Pour terminer, je voudrais faire une remarque complémentaire sur le terme de classes sociales. Je ne l’ai pas employé pour présenter les trois éléments évoqués précédemment tout simplement parce qu’il me semble que, pour l’instant, nous ne disposons pas d’une analyse de la structure de classe de la France contemporaine, d’une lecture de la France contemporaine en termes de classe qui soit satisfaisante, qui tienne compte des évolutions et des transformations qui ont affecté cette société depuis la fin des années 1970, et qui puisse par conséquent s’appliquer à ce que cette société est aujourd’hui. Il me semble que si l’on veut employer le terme de « classes », il faudrait que, nous, sociologues, nous nous attelions vraiment à élaborer un lexique et une analyse qui répondent à ces exigences.
Cela dit, tout cela ne veut en aucun cas dire que, de mon point de vue, cette notion de classe soit désormais obsolète ou dépourvue de pertinence pour parler de la France contemporaine. Au contraire. Je pense, comme bien d’autres, que la société française d’aujourd’hui demeure une société de classes. Ou plus exactement, il me semble que l’on peut dire qu’elle l’est à la fois moins et plus qu’elle ne l’était à la fin des 1970. Elle est certainement moins structurée en classes qu’il y a une trentaine ou une quarantaine d’années, et cela pour des raisons bien connues, notamment le fait que le sentiment d’appartenance de classe a considérablement diminué dans les catégories les plus modestes de la hiérarchie sociale. Il a considérablement diminué dans le monde ouvrier et dans les catégories populaires. On ne trouve plus majoritairement aujourd’hui un sentiment d’appartenir à une classe ouvrière comme on pouvait le constater très majoritairement dans les années 1960. À cela s’ajoutent de nombreux phénomènes : l’école et les médias ont pénétré dans tous les milieux ; les frontières culturelles se sont atténuées ; nous ne sommes plus du tout dans une société qui se caractériserait par des cultures de classes tranchées. En ce sens, à bien des égards, la société dans laquelle nous vivons est beaucoup moins nettement structurée en classes qu’elle ne l’était il y a une quarantaine d’années.
Et en même temps, sur d’autres plans, on peut aussi dire que le caractère de classe de cette société s’est à certains égards accentué. Non seulement les grandes inégalités sociales se sont pour l’essentiel maintenues en se déplaçant, mais il n’est pas exagéré de dire que certaines se sont durcies. Les inégalités salariales, par exemple, qui baissaient dans les années 1960 et 1970, ne diminuent plus aujourd’hui. Plus largement, ce sont aussi certaines frontières sociales qui se sont durcies. Une partie des catégories populaires, par exemple, a été aspirée par des situations de précarité, alors que, de l’autre côté de la hiérarchie sociale, les sociologues de l’urbain (on peut notamment penser ici aux travaux d’Edmond Préteceille [4]) nous montrent qu’en termes de logement, de choix du quartier, de choix de la résidence et du lycée pour les enfants, les comportements d’une partie importante des catégories supérieures, notamment les cadres du privé et les professions libérales, sont de plus en plus autoségrégatifs et manifestent un évitement systématique de la mixité sociale. De nouvelles frontières sociales sont apparues avec l’importance prise par le diplôme. Les mobilités ouvrières dans les entreprises, par exemple, sont aujourd’hui quasiment bloquées au-delà d’un certain seuil : faute de diplômes, il est de plus en plus difficile pour les ouvriers professionnels de sortir de la condition ouvrière. C’est en ce sens qu’il me semble que l’on peut dire que la société qui est aujourd’hui la nôtre est à la fois moins et plus, plus et moins une société de classes qu’elle ne l’était il y a une quarantaine d’années. C’est la raison pour laquelle cette notion me paraît toujours pertinente, et encore une fois, ce serait une tâche urgente pour les sociologues que de construire une analyse de classe de la France contemporaine qui soit satisfaisante ; une tâche intellectuellement urgente, et politiquement nécessaire.
Notes
[1] Olivier Schwartz fait référence à l’intervention de Louis Chauvel qui a précédé la sienne lors de la table-ronde « Classes, générations, âge » du Forum Réinventer la démocratie. [2] Richard Hoggart, La Culture du pauvre, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Le sens commun », 1970. [3] Marie Cartier, Isabelle Coutant, Olivier Masclet et Yasmine Siblot, La France des petits-moyens, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l’appui / Enquêtes de terrain », 2008. [4] Voir notamment Edmond Préteceille, « La ségrégation contre la cohésion sociale : la métropole parisienne », in Hugues Lagrange (dir.), L’Épreuve des inégalités, Paris, PUF, coll. « Le Lien social », 2006, p. 195-246.
Article paru dans la revue : " lavidesidées.fr" qui est un magazine d’analyse et d’information sur le débat d’idées. Créée à l’initiative d’un groupe d’intellectuels croisant toutes les disciplines, cette publication est non partisane et entièrement gratuite@+ pour "Vallèresentouraine" - un regard sur l'actualité !
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