Faut-il interdire aux entreprises et aux banques les dividendes comme le suggérait hier Nicolas Sarkozy ?
Quand l'Etat, c'est-à-dire chacun de nous, prête plus de 20 milliards aux banques ou garantit les financements des entreprises, ce n'est pas forcément pour voir cet argent aboutir dans les poches des patrons ou des actionnaires. C'est pour aider les établissements financiers à faire leur métier, toujours le même depuis le Moyen Age : prêter de l'argent et aux entreprises de produire en employant des salariés.
C'est parce que la confiance a manqué que d'un coup que le monde a plongé dans la nuit de la crise. C'est pour la rétablir que l'Etat injecte des liquidités ou garantit des financements. Pour l'instant, en dépit des conditions qu'il a posées, on ne peut pas dire que le succès soit au rendez-vous. Les banques reconstituent leurs fonds propres mais n'ouvrent pas beaucoup le robinet à crédit et les entreprises refont leurs liquidités en ajustant leurs stocks et leurs effectifs D'où la nouvelle gesticulation publique, et un nouveau slogan : patrons et actionnaires serrez-vous la ceinture pour permettre le redressement de la France et de sauver le pouvoir d’achat !
Cela amène tout de même à se poser, au moins, deux questions :
- La première, c'est que l'Etat n'est pas décideur. C'est le conseil d'administration qui décide des orientations stratégiques, des politiques de rémunération et de dividende des entreprises. Or, les pouvoirs publics français ne font pas partie des conseils d’administrations. De plus l’état n’a pas voulu réitérer l’expérience des heures peu glorieuses du Crédit Lyonnais. Mais il y a fort à parier que si les difficultés de certains établissements s'accentuent, il devra mettre un mouchoir sur ces beaux principes et renouer avec l'aventure des nationalisations bancaires.
-La deuxième, c'est que les entreprises et les banques, si elles doivent avant tout penser à leurs clients et à l'intérêt général, ne peuvent pas oublier totalement leurs actionnaires. Ne serait-ce que parce que certaines d'entre elles pourraient bien en avoir besoin prochainement pour des augmentations de capital. Du triptyque essentiel sur lequel repose toute entreprise, les clients, les salariés et les actionnaires, comment trouver l’équilibre du balancier entre des intérêts communs mais qui semblent contraires?
Certes un rééquilibrage est en train de s'opérer au profit du client et du salarié.
Aussi ne serait-ce qu'un effet d'annonce de plus en désignanr des boucs émissaires ?
Henri KERISIT pour "Vallèresentouraine" - un regard sur l'actualité
