Miss KittinBiographie :
« Le DJing est mon activité principale, je travaille chaque week-end dans des clubs ou des festivals depuis 1994. J’ai commencé par des sons de hard techno-acid : Drop Bass Network, Analog, Interr-Ferrence, Force Inc, SP23 jusqu’à la techno de Detroit et la techno expérimentale. J’imagine que c’était une façon d’exprimer une agressivité adolescente tardive. Avec l’expérience, je me suis orientée vers une musique plus douce et plus ouverte. En fait, je joue tout ce qui me plaît : de la techno minimaliste en passant par la deep jusqu’à la kicking techno ainsi que des morceaux rigolos ou bizarres, des classiques, de l’electro, peu importe. C’est pour cela que j’ai du mal à décrire mon style. Un set monotone de 2h m’ennuie vraiment. Si je ne m’amuse pas, je ne vois pas comment je pourrais amuser les gens. D’une certaine façon, le DJing est quelque chose d’égoïste. Je le crie haut et fort : je ne le fais pas pour les gens. Je n’ai jamais prétendu éduquer le public, je partage juste quelque chose de profond en moi et je le fais sérieusement parce que j’aime ça ».
Ainsi s’exprimait la grande mixeuse Miss Kittin (alias Caroline Hervé) dont le nom suffit à lui seul à résumer un style bien particulier : ni vraiment de la tech house minimaliste (Jeff Mills, Noze, Ark) ni vraiment hard house (Carl Cox, Jack de Marseille, Felix Da Housecat), ni vraiment hardcore (Manu le Malin, Spiral Tribe), la house de Miss Kittin fluctue au gré de ses envies et de celles des dance-floor, entre Detroit et Chicago. Surtout, tout dépend avec qui elle mix et pour qui elle mix (elle peut même faire du dub et du chill out). En fait, c’est son éclectisme qui la définit le mieux. Originaire de Grenoble, Miss Kittin s’est installé à Berlin où elle a trouvé semble-t-il un état d’esprit et un lieu en adéquation avec ledit éclectisme. Déjà enfant, elle s’amusait à farfouiller dans la discothèque de ses parents, sortant les disques de leur pochette. Il y avait du Supertramp, du Pink Floyd, du jazz et de la musique classique. Peut-être est-ce le contact des vinyles qui lui a donné des envies de mix. Toujours est-il qu’elle fait ses armes avec la scène rave des années 90.
A cette époque, les free party des Spiral Tribe ont ouvert les yeux (c’est le cas de le dire) à de nombreux jeunes qui découvraient alors une espèce de revival néo-hippie sur des sons à la limite de l’inaudibles où les bpm étaient boostés à leur maximum et où il fallait passer un coup de fil à une hot line illicite pour savoir où se passait la soirée. A Detroit, Underground Resistance rentrait en…résistance. Il y avait les raves à Usinor, les soirées Phantom et Boréalis, Derrick May et Carl Cox se donnaient la réplique en clôture des transmusicales de Rennes devant un public aux yeux de poissons extasiés.
Miss Kittin sort un premier album en duo avec son ami The Hacker en 2001 (sur le label Gigolo) après avoir rejoint le collectif Mental Groove Records. Elle sort deux albums mix Miss Kittin On The Road(2001) et Radio Caroline (2003) tout en participant régulièrement au festival des musiques électroniques de Barcelone, le Sonar. Son premier album solo elle le sort en 2004 et l’intitule I.Com (peut-être un pied de nez au label Fcom de Laurent Garnier ?) chez Labels, le label de Daft Punk et de Dimitri From Paris. Elle continue sur sa lancée et sort Mixing Me en 2005 (on te passe la multitude de skeud qu'elle a fait en duo ou en collectif, ça serait trop long à énumérer).
Miss Kittin fait partie de cette génération de Dj filles (Roussia, Sex Toy, Eva Gardner) qui a éclos au milieu des années 90 et s’est imposé dans le milieu très masculin du mix et du Djing en gardant toujours à l’esprit l’adage « happy music for happy people » à la belle époque FG.
Quelques photos :



