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Publié le 16 oct 2006
Par ingi

Titre et sous-titre
Netta(n)/t. Questions de méthode”



Dossier d'origine
“Pronom personnel autonome : reconstruction”



image-musique
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Nettat-netta.jpg


Texte


Avertissement aux lecteurs


Ne pas utiliser cet essai
avant corrections
et attendre la version finale

Pour cette semaine c'est promis !



Essai pour un première synthèse
essai typographique
Quelques données
Segmentations
Chronologie (à ± 250 BC)
sg = singulier
pl = pluriel
mas = masculin
fem = féminin


Quelques données comparatives (données brutes)


• Sémitique
Akkadien : formes obliques (génitif-accusatif)
sg. s(h)uw
á:ti s(h)iyá:ti
pl. s(h)unú:ti s(h)iná:ti

Egyptien
Ancien égyptien
sg. s-w-t s-t-t (dép : -sw -sy/t)
pl. n-t-s-n
n-t-s-n (dép : -sn)

Moyen égyptien
sg. n-t-f n-t-s
pl. n-t-s-n
n-t-s-n

Copte
sg. (e)ntow (e)ntos
pl. (e)nto(o)w


Berbère
Données dialectales nécessaires et suffisantes
sg.
netta(n) nettat (BN en général)
nitto ; nitta(-n)
nitta-t (GHD)
enta
(TWA)
nishi (Aytawari)
nît
nîyet (NEF) ; nîtat (ZWR)
n(t)ta(n)
n(t)tat (CHL)

Sporadiquement (dialectes)
- Simplification de la "géminée" : netta > ntta > nta (CHL) ; (e)nta (TWA)
- Chute de la voyelle finale
-a : nît-a > nît (NFS)

pl.
nitni
nitenti
entänäti(d')
entänäti(d') (TWA et GHD)
(localement : -i > -äy ; -id' > -éd')
n(e)tni netneti (CHL) =var.

Touts les autres formations dialectales
"divergentes" ou "évoluées" procèdent de

*ní:¦t-a
*nít¦t-a(:)
*nít¦t-a(:)-{n} *nít¦t-a(:)-t

¦ est mis ici pour la coupe syllabique

le pluriel commun ancien est en en -*an : *nit-än-i(:)
le féminin est en -ät :
*nit-än-(ä)t-i(:)
Il y a lieu de considérer en BN une oppposition de genre -n -t en face de -t
Elle n'apparait qu'au singulier de la troisième : *nitta(:)-n
*nitta(:)-t et au pluriel de la deuxième : *kawan-i(:) *kamat-i(:)
On remarquera partout un étoffement minimal *-i(:) absent au singulier de la troisième.





Afroasiatique septentrional final (6250 ± 250 BC)
sg : *suwá:ti/siyá:ti
pl : *sunú:ti/siná:ti (*sunú:ti > suná:ti par régularisation)

Remarques
On peut observer le conservatisme akkadien...


Egyptoberbère de stade final (4500 ± 250 BC)
sg : *suwá:ti/siyá:ti (protoégyptien : *suwá:ti/sitá:ti > é.a. : *su(:)wat/si(:)tat
pl : *nitá:sun/nitá:sin (protoégyptien : *nitá:sun/nitá:sin !)


Remarques
structure : *ni-á:-Base en face de *Base-á:-ti
Conservatisme égyptien
Conservation du segment -á:- en égyptoberbère



Protoberbère ancien (3500 ± 250 BC)
sg : {*nitá:su/nitá:si}
pl : *nitá:sun/nitá:sin

Remarques
Le singulier n'est pas reconstructible


Protoberbère tardif commun (1000-500 ± 250 BC)
sg : *ni:t-a(:)(-n)/ni:t-a(:)(-t) : resyllabation -(:)(n)/t sont théoriques
pl : *nit-a:ni/*nit-a:-ti

Remarques
Renouvellement des bases pronominales (-su/in)
Formation par coupe du nouveau singulier : *nit-
Opposition d'une forme longue à une forme réduite en /CvC-/
Stade protoberbère commun


Berbère de stade dialectal (500/0 ± 100 BC >)
sg : *ni:t-a(-n)/ni:t-a(-t)
> ni:t-a et >nitta(:)
nitt-a(:)-n/nitt-a(:)-t
ni:t-(a) ; voir : nît/nîyet < *nît-et (Nefoussa)

Remarques
Réduction dialectale de la voyelle pleine devant tendue : *CiCC-v(:) > CeCC-a
Conservation à Ghadamès de -i- plein : nitto ; nittan/nittat


> netta:-(n)/netta:-(t)
> n(e)tt-a > (e)nt-a (touareg) ; nish-i ! (Ayt Awari), etc.

pl : *ni:t-an-i(:)/*ni:t-an-at-i(:)
> nit-än-i/nit-(ä)n-ät-i

Remarques
+ Quelques données dialectales pour la comparaison.

Aytawari : nish-i (supposse un -i dialectal à la place de -a < *nît-i !
Il faut vérifier si /i/ n'est pas ouvert : *nêsh-é
Voir Ghadames : (e)nté et touareg nêt qui ne parait pas se résoudre en n+ît(ät)
Nefoussa : nît/nîyet < *nîtet (probablement refait sur les pluriel ?)

• Discussion autour de -ni/-ti (origine déictique) comme nouvelles bases pronominales
Discussion autour des segments -t- (-w- ; -y- ; -n- ; -m-) de rupture d'hiatus etc dans ni-t-á:-P
Discussion autour de l'élément intercalaire -á:- (origine casuelle)
Discission autour de -*a(:)n en face de -*a(:)t en berbère nord (y compris Ghadamès) : nittan ; ailleurs nettan. Conservatisme en BN ou analogie avec la terminaison des anciens pluriels (voir participes -an/at)

Comparaisopn avec les deuxième
1 - ku-w-á:-ti/ku-m-á:-ti (sg)
Confirmé par l'égyptien au singulier ! = kwt/kmt
*ku-w-á:-ti /ku-m-á:-ti > *ku(:)wat /ku(:)mat
Chute des voyelles finales -i et resyllabation
La chute des voyelles finales intervient avant palatalisation de k devant -i/u
(ce qui explique (y)anak en face de *cuwät ou (e)ntôcen < *nitá:ku/in
/c/ note ici /ky/ ou k palatalisé

La palatalisation de k (
> ky) montre donc un vocalisme de type -i- ou -u-.
Et contrairement aux autres reconstructeurs je pose *ku-(m-á:-ti) et non ki-
(car il faut expliquer -m- qui ne peut être "entrainée" que par une voyelle "labiale" qui est nécessairement -u-).

La structure repose sur une dissimilation à fonction morphologique-distinctive :
w m . On retrouvera cet élement "synthétisé" dans le système pronominal autonome (à la deuxième du féminin, pluriel et
singulier) dans les affixes personnels, soit au pluriel soir au féminin : *-(v)m. On verra que c'est le système autonome qui a fourni quelques bases nouvelles aux affixes et non l'inverse comme on le pense généralement.

2 - ku-w-á:-ni/ku-m-á:-ti (sg)
3 - kawán-/kamát- (sg > pl) > sg : kaw-/kam

Elargissement/étoffement en *-i (forme courte)

4 - transfert au pl = kawán-i(:) / kamát-i(:)

Formation du singulier par coupe et élargissement : kaw-/kam-
(comme pour la troisième nit-) : devant -i- (thématique) l'élargissement est en -a obligatoirement ; il est de timbre fermé -i/u devant a. nitt-a(:) : kamm-i(:) etc.

Tension (expressive ?) en CC2
kk-i(:) ; nítt-a(:) ; káyy-i(:) ; kámm-i(:).
-yy- (> -kk- ; -gg- (localement) montre une ancienne voyelle -i :
*kaw-i(:) >
*kay-i(:)> *kayy-i(:).
Le pluriel montre bien un segment kaw-
Le touareg s'avère conservateur aux deuxièmes : käwäni/kämäti

Tension au départ probablement limitée à la premirère personne :
*ná:¦ku > *nák¦ku(:), puis transfert de cette tension à la troisième :
*ní:¦t-a > nít¦t-a(:)

Cette tension n'est pas anciennement attestée aux pluriels (sauf à la première qui a été formée à partir de la base du singulier :
*nákk-an-i(:)- ; -an- pour le pluriel
La base du protoberbère ancien (3500 BC) devait être *(y)aná:nu.
On supposera donc que pour les premières comme pour les deuxièmes les bases nouvelles sont celles du singulier. (Discussion)

Pour V1 du thème CvC(C)-
Le berbère nord conserve bien la voyelle pleine au pluriel dans certains dialectes : *Cí:C-(a) : *ni:t-an-(at)-i > nitni/nitenti. Ailleurs les pluriels ont étés refaits sur la forme à voyelle réduite : nett-a > n(e)t(t)a
Ainsi le touareg a refait les troisièmes pluriels sur son nouveau singulier :
sg. ent-a > pl. ent-än-ät-i-(äy/d')

Voir Ghadamès aussi et localement en tachelhiyt
Analyse détaillée des parlers périphériques (Zénaga ; Aytawari etc.)
Passase de nitni à nutni par analogie avec la première (kabyle)
nuk(k)ni < nekkwni <
nekk(e)ni < *näkk-än-i > *nakk-an-i(:)
Par anticipation le -w-

Processus et resyllabation.
nit¦ (coupe à partir du pluriel non attesté : *ni-t-á:-ni / *ni-t-á:-ti
• ní:¦t-a (attesté) : au pluriel ; à Neffoussa (mas. nît / fem. niyet < nitet) ?
• nit¦t-a(:) (attesté) : à Ghadamès ; nitto ; nittan/nittat
• net¦t-a (attesté) en berbère nord en général
• ¦ntt-a (attesté) : chleuh et localement simplification de la tendue > nta
• ¦(e)nt-a (attesté) : touareg

-a final de la troisième singulier répond à -i/u final ailleurs. Il a le même statut d'élargissement/étoffement. Il ne procède donc pas de -a(:)- ancien (nit-á:-ni/ti)

Le (e)- schwa initial est prothétique non étymologique

Une longue discussion suit où l'on examine deux hypothèses différentes :
1 - *nit-a:-ni / *nit-a:-ti au singulier initialement ( > coupe au pluriel)
2 - *nit-a:-ni / *nit-a:-ti au pluriel initialement ( > coupe au singulier)
Faits solidaires de la construction des deuxièmes : *ku-w-á:-ni / *ku-m-á:-ti

Les données (proto)égyptiens s'avèrent ici décisives :
Il s'agit bien, au départ, d'une formation de singulier : *ku-w-á:-ti / *ku-m-á:-ti
Où l'on observe la synthèse d'une nouvelle opposition "consonantique" par dissimilation labiale :
*ku-w-á:-ti / *ku-m-á:-ti (< **ki-y-á:-ti ).
Il n'est pas du tout certain que la voyelle qui précède la labiale -m- soit un -i- comme on le prétend sur la base d'une seule comparaison avec un seul "dialecte" tchadique, où l'on observe effectivement *kim (Mubi).
Les égyptologues reconstruisent dans ce cas
*kima(:)t(i) (ancien égyptien)
Voir Kammerzell : *kuw(v)t / *kim(v)-t (-v- est une voyelle brêve indéterminée)

Au pluriel des deuxièmes on avait : *ni-t-á:-kun / *ni-t-á:-kin
Où la distinction de genre reposait encore sur une opposition vocalique héritée

Les formation initiales sont constituées en schiasme :
*Ca(:)C(C)-i(:)/u(:)- vs *Cu/i(:)C(C)-a(:)
voyelle ouverte ≠ voyelle fermé vs
voyelle fermée voyelle ouverte
Voir notre reconstruction du système verbal


- *?an-á:-ku (Afroasiatique septentrional final)
- *yan-á:-ku (Egyptoberbère final ou préprotoberbère)

Confirmé par
Protoégyptien : sg.*yaná:ku ≠ pl. *yaná:nu
> Ancien égyptien : sg. yanák ≠ pl. yanán
Il s'agit ici d'une reconstruction personnelle

Pour le berbère
- *?/yan-á:-ku (pré-protoberbère)
- *n-á:-ku (Protoberbère ancien)
- *nákku (Protoberbère final) ; structure syllabique : CáC¦C-i/u(:) < Cá:¦C-i/u
- *nákk-i(:)- (pré-dialectal)
- *näkk-i-
(dialectal)

Touareg : näkk-u / näkk-än-i
;
Formes longues de l'élargissement : -unan

Berbère Nord : nekk-i < *näkk-i-
Formes longues de l'élargissement : -i-ni ; -inti etc.

Remarque importante

Les "étoffements" finaux (brefs ou longs) ne semblent pas continuer ou reprendre en les interprétant les voyelles finales -i et -u (brêves) égyptoberbères
Ainsi pour näkk-u- ou kamati- parapport à égyptoberbère *yaná:ku et kumá:ti

Ici discussion de ce problème important (une vintaine de lignes)

Il n'y a plus au pronom de distinctions (de genre et de nombre) à base d'alternances vocaliques (comme en afroasiatique septentrional ou en vieil égyptien)

Et conclusion
le pronom berbère actuel de la troisième personne ne dispose plus de base ancienne héritée de l'afroasiatique ou même de l'afroasiatique septentrional (groupe génétique à l'origine des des trois surgeons tardifs berbère, égyptien et sémitique). Cela explique largement la difficulté qu'ont eu à affronter nos prédécesseurs dans l'établissement des étymons-bases et l'impossibilité d'une comparaison avec les autres branches de la famille afroasiatique.
Il fallait montrer sur des bases précises que le système pronomominal berbère (et ici les troisièmes) ont étés largement renouvelées dans leur constituants. La seule comparaison possible reste avec le système égyptien le plus ancien.

Voir article : lien

Il restaient trois conditions
1 - reconstruire le système égyptien (protoégyptien ; ancien
égyptien )
2 -
reconstruire le système protoberbère aux différents stades
3 - comparer les deux systèmes reconstruits avec le sémitique.

Voir notre article concernant les origines


Corrections et suite lundi



Notes
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Bibliographie
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