Premier (et peut-être dernier) gros festival pour ma pomme cet année avec la première édition de la Garden Nef Party à Angoulême. Une grande scène, une petite pour des concerts plus confidentiels et un magnifique théâtre de verdure avec vue sur la ville, voilà pour le site.
Jour 1.
Le groupe bordelais Gâtechien ouvre les hostilités à 18h30 le vendredi sur la petite scène. Duo basse batterie avec une grosse patate, ca a dû faire mal dans les caves bordelaises. Mumm-Ra attaque la grande scène du festival. Le rock de ce groupe anglais reste assez classique, s’écoute d’une oreille pendant qu’on retrouve ses copains et qu’on visite le site. Une très grande partie du public étant venu voir le rock pompier de Muse ce soir, il y a déjà foule qui squatte les premiers rangs lorsque !!! (chk chk chk) déboule. Même si le dernier album des américains « Myth Takes » est un peu plat, le groupe bénéficie d’une excellente partie rythmique et leurs chansons disco funk peuvent rapidement devenir des bombes en live. Le chanteur possède une énergie incroyable, parcourt la scène dans tous les sens. Malheureusement, il est un peu tôt, il fait encore jour, le public angoumoisin se réveille légèrement… Apres deux tranches de pain de mie et des rillettes (aliment officiel des charentais et encore plus des festivaliers charentais), Albert Hammond Jr, guitariste des Strokes et auteur d’un album pop gentillet sorti cette année, investit les lieux. Il remplace Lily Allen, défection du dernier moment pour motif inconnu. On peut dire sans trop se risquer qu’on a rien perdu au change. Parfait techniquement, son énorme (c’est par ailleurs le seul groupe qui a fait une « vrai » balance pour le concert de ce soir), Albert et ses musiciens au poil explosent littéralement les chansons de son album solo et nous jouent des nouvelles compos plus pêchues. Alors plutôt que de poser la question « à quand le nouvel album des Strokes ? », on va plutôt lui demander « à quand le nouvel album solo ? ». 22h40, dernier accord en furie deMr Hammond Jr. Si ce n’est pas le meilleur concert du festival, c’est au moins la meilleure surprise de ces deux soirs. La pression monte d’un cran pour l’attente de Muse. Le groupe arrive à l’heure dans un grand fracas de musique pompeuse et de distorsions avec light show énormissime à l’appui. Trois sur une scène géante avec un quatrième musicien sur quelques titres, entourés de matériels électroniques, les Muse ne semblent jamais communiquer entre eux et jouer comme des machines. Mais le groupe remplit son rôle en jouant du rock pour stades en furie avec mauvais goût irréprochable. On se croirai presque à un concert de Daft Punk avec toutes ces lumières. Orgie sonore. Le répertoire est constitué essentiellement des deux derniers albums, s’écartant sur « Origin Of Symmetry » que très rarement, notamment avec « New Born » et "Feeling Good". Un show de Muse, c’est quelque chose à voir mais ca peut rapidement devenir un enfer pour des oreilles non averties. Croisé plus tard dans la soirée (ou plus tôt dans la matinée), Mathew Bellamy, le responsable de tout ce vacarme, semble être un homme d’une sobriété désarmante, à l’ opposé du concert qu’il a créé…
Ce deuxième jour promet plus de surprises avec plus de groupes, plus tôt et plus tard. C’est pour Arcade Fire que la plus part des gens se sont ce soir déplacés, premier concert des excellents canadiens dans nos contrées du sud ouest de la France. Ouverture bruitiste semblable à la veille avec les Jettators sur la petite scène. C’est bordelais, c’est pas mauvais. Art Brut entame sur la grande scène ce samedi. Même si il semblait très difficile de donner suite à l’album potache sorti en 2004 « Bang Bang Rock’n’roll », les chansons du nouvel album sont très énergiques et passent bien sur scène. Eddie Argos, le leader pathétique du groupe, a la patate et nous fait la totale : saut à la corde avec le micro, escalade des piliers de scène. Le concert est hilarant, chaque chanson du premier album est un pur plaisir auditif. Après une petite visite de Fatty et Shorty, qui reprennent des chansons des Ramones en plein milieu du site, c’est déjà l’heure des rillettes charentaises. Puis les fans multicolores des Klaxons se pressent vers la grande scène. Les quatre jeunes débarquent dans un attentat sonore proche de Muse et jouent leur premier titre que le public met deux minutes à reconnaître. De l’intérêt de faire une balance, bande de branleurs. La sirène puis la voix criant « DJ » annonce un « Atlantis To Interzone » qui est un massacre en règle. Même si le son s’améliorera durant le concert, il est indéniable que les Klaxons savent jouer aussi bien que les Naast. Pourtant excellent sur album, les Klaxons ont la matière pour faire quelque chose de génial sur scène. Allez hop, au boulot les gars. La plus grosse déception du festival qui arrive au mauvais moment quand on sait que les très mauvais scéniquement Claps Your Hands Say Yeah et les très irritantes Cocorosie jouent juste après sur la grande scène. Les premiers, CYHSY sont moins catastrophiques que prévus. Le concert repose en grosse partie sur le premier album et le groupe commence à pas mal maitriser la chose. Reste toujours les gros défauts : la voie nasillarde, certains arrangements qui disparaissent en live alors que sur album, ils sont délicieux. Puis Cocorosie. Catastrophe annoncée. Harpe, piano, beat box des années 90. Musique qui ressemble a rien, images des bisounours, je cherche encore l’intérêt. Comme la veille, la pression monte lorsque que le décor des Arcade Fire s’installe. Fidèle à leur réputation scénique, les canadiens nous livrent un concert d’1h30 magnifique. Le décor est constitué de petits écrans sur lesquels on peut voir chaque membre du groupe. Envolées lyriques, rotation de personnel pour tous les instruments sont au programme. La première partie du concert s’articule autour du dernier album « Neon Bible » interprété avec fougue. Puis Arcade Fire s’attaque aux titres de « Funeral », le public réservant un succès à chacune des chansons de ce premier album. Les canadiens maitrisent parfaitement ces vieilles chansons et livrent ce soir des interprétations incroyables de ces pépites pop. Il est déjà 1h30 lorsque Lcd Soundsystem arrive pour conclure ce festival avec grâce. Avec 1h de show, les américains donnent ici un best of de leurs deux albums avec des versions allongés de leurs titres. Jamais l’électro rock de James Murphy n’a aussi bien sonné que dans ces champs immenses et même si beaucoup de monde a quitté les lieux après Arcade Fire, Lcd au sommet de sa forme livre ici un des meilleurs concerts du festival. Conclusion annoncée sur le magnifique « New York I love but you’re bring me down »… Le temps de repasser par le stand rillettes avant de repartir jusqu’à l’année prochaine probablement vu la qualité d’organisation et de programmation de cette première Garden Nef Party.




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