Vous avez remarqué: c’est l’été et y’a pas grand-chose à faire.Comme tous les étés, les majors du disque (a part Sony BMG semble t-il) bradent leurs fonds de catalogue à 6,99€ chez tous les grands disquaires. Ca fait pas mal de cd pas chers: ces 3 majors réunis représentent plus de 50% de parts de marché sur le marché mondial pour les productions musicales. Une bonne occasion pour se plonger (ou replonger) dans quelques classiques. Consommer semble une bonne alternative au vide intersidéral de l'été...Donc petit tour (très) rapide de ces soldes estivales à travers une sélection totalement subjective dans chacune des catégories variétés (plutôt foireuses) de la Fnac :
Dans la catégorie «Variété française », on pourrait écouter (et acheter !) :
Serge Gainsbourg « L’homme a tête de chou » 
Dans la catégorie « Pop,rock » on pourrait écouter:
Blur « The Great Escape »

1995, la pop anglaise est a son apogée : Oasis publie « (What’s the story)Morning Glory » et Blur publie son dernier et meilleur album de sa période britpop. Beaucoup plus estival que l’album de Gainsbourg ! Sans atteindre la perfection des derniers albums de Blur, « The Great Escape » est une très bonne synthèse de cette première période avec des tubes hédonistes (« Country House », « Charmless Man »), des ballades, une bonne dose d’humour musical (c’est fin !) et comme a chaque fois, au risque de pondre quelque chose de pas très homogène, Blur essaye : des nouvelles constructions de chansons, des nouveaux sons pas vraiment pop…Une stratégie payante : aujourd’hui, Damon Albarn semble être le meilleur songwriter de toute l’Angleterre avec son hyperactivité et ses multiples projets, tous aussi excellents les uns que les autres alors que les frères Gallagher, toujours bloqués sur le même son, n’ont pas publié d’albums crédibles depuis…heu…1995 ?
Dans la catégorie « Rock français », on pourrait écouter:
Noir Désir « Du ciment sous les plaines »

On peut reprocher beaucoup de choses à Noir Désir notamment d’avoir tellement marqué le « rock français » que la plupart des groupes du genre n’arrive pas à s’en affranchir aujourd’hui. D’où la vague de rockers avec textes pseudo-psychologiques en français qui cultivent le sillon « zéro second degré». Chian à mourir, intérêt quasi nul. A vrai dire ni Eiffel, ni Luke (pour ne citer qu’eux), n’arrivent à la hauteur des albums de la bande à Cantat. Ce 3ième album est probablement l’album le moins connu du groupe, contenant aucun tube et se cachant derrière une pochette rouge rose particulièrement moche, ressemblant à rien de connu auparavant. En s’y plongeant, on y découvre un album de rock cohérent du début jusqu’à la fin avec des excellentes chansons (« en route pour la joie », « si rien ne bouge »), l’album précédent et suivant du groupe ayant pour principal défaut leur trop grande hétérogénéité. Bien avant le calibrage médiatique des derniers albums, probablement ce que le combo bordelais a publié de plus intéressant, en tout cas de plus pur.
Dans la catégorie « Soul, Funk, Rap », on pourrait écouter:
Prince & The Revolution « Parade »

Contrairement a aujourd’hui, Prince est une énorme star au milieu des années 80 et publie en ces temps là ses meilleurs albums à tendance jazz-funk plutôt psychédélique. « Parade», qui devait être un double album à l’origine, est une sorte de concept album ou plus précisément, la bande originale du deuxième film de Prince « Under the cherry moon ». Les 12 titres de l’album s’enchainent les uns aux autres par des ponts assez foutoirs mais délicieux. La plupart des titres sont courts et ne sont pas vraiment construits comme des chansons pop habituelles, il est difficile d’extraire des morceaux de ce magnifique ensemble. On y distingue tout de même « Under the cherry moon » avec son arrangement baroque, tube non exploité, le très puissant et funky « Kiss » qui sera un des plus gros tubes de Prince et le magnifique « Sometimes it snows in april » qui clôt l’album ou l’artiste nous montre tout son talent de mélodiste. Le reste n’est que pur bonheur pour celui qui est prêt à écouter ce genre de musique pas très présente sur nos radios.
Dans la catégorie « Rock indépendant», on pourrait écouter:
Phoenix « United »

La french touch vient tout juste de se terminer lorsqu’un nouveau groupe, toujours en provenance de l’ouest voire du sud-ouest de Paris, sort son premier album. Des chansons pop rock surproduites à la sauce électro du moment : ca donne de la pop un peu funky qui est toujours d’actualité en 2007. Gage de qualité, les anglais adopte de suite les versaillais, les clips tournent en boucle sur MTV alors que l’impact de Phoenix sur leur territoire sera quasi nul. Mais la grande force de Phoenix est de savoir nous plonger dans leur univers avec intro et outro instrumentaux, des chansons taillés pour le dancefloor, un titre rock’n’roll, un titre de 9 minutes qui traverse de multiples genres et puis une poignée de titres pop parfaits. Un album de grande classe.
Dans la catégorie « Electro », on pourrait écouter:
Massive Attack « Blue Lines »

Nous sommes à la fin des années 80, à Bristol, a l’ouest de l’Angleterre. Un groupe issu de la scène locale (du collectif Wild Bunch) décide de faire un album à contre courant, à l’opposé des musiques légères et festives du moment. Leur musique lascive, plutôt hermétique à première écoute, est entièrement composée sur machines avec des passages chantés ou rappés. L’album rencontrera un succès énorme à travers le monde et posera les bases de la musique trip-hop. Même si les albums suivants du groupe ne seront pas aussi exceptionnels, Massive Attack donne le ton à toute la musique des années 90 avec « Blue Lines », en particulier au niveau des sonorités.
Enfin, dans l’inquiétante catégorie «Hard rock», on pourrait écouter:
Queens Of The Stone Age « Songs for the deaf »

En 2002, après le très bon “Rated R” deux ans plus tôt, Josh homme parvient au sommet de son art stoner en invitant l’ex batteur de Nirvana, Dave Grohl, derrière les fûts. Son énorme, puissance indéniable de tous les instruments, de la batterie de Dave à la guitare ultra saturée et omniprésnete de Mark Lanegan ou celle tranchante de Josh Homme, l’album des Queens Of The Stone Age est clairement jouissif. Même si la musique du combo californien est sombre, les mélodies bien trouvées ou tout simplement idiotes (comme dans les deux titres bonus) donnent un côté vraiment réjouissant a ce brûlot. Les deux albums suivant du groupe, plus avares en mélodies seront d’ailleurs des réussites mitigées…
